Activité espagnole 2

14. juil., 2018

Une grande tarde de toros : vendredi 13 à Pampelune .

 

Ceci n’est pas une reseña. Tout juste un carnet de notes, des touches impressionnistes qui, espérons le , en diront autant qu’un résumé factuel comme on en trouve tant .

Les trois toreros qui ont affronté les toros de Jandilla (Borja-Domecq) Juan José Padilla, Cayetano, Andres Roca Rey.

Le pirate bien aimé des tendidos, de plus en plus conforme à son image de légende, grâce ou à cause de sa blessure au cuir chevelu, porte un foulard noir en guise de montera.

Cayetano le gitan distingué, de bleu Nattier vêtu  apporte dans cette arène vociférante  une touche de langueur andalouse.

Le Pérou, car c’est bien le Pérou ! c’est Andrès Roca Rey, l’enfant prodige, caractère plus que trempé, triomphateur de la veille ( 3 oreilles ) on voit tout de suite à son regard qu’il n’est pas revenu pour rien. D’une élégance sobre et subtile, gris argent et blanc , il est clair que son deuxième passage  doit confirmer son succès.

Cette corrida se déroule dans le climat particulier d’un adieu chargé d’émotion, mais aussi dans celui d’une ambition affichée par un jeune maestro en train de prouver sa maestria.

Padilla coupera 2 oreilles  généreuses à son premier, et une à son second, dont on se demande d’où elle est sortie.. Mais après tout, un adieu ça se fête, on rit, on pleure, on force le trait ! Et cela  le vieux Padilla le fait mieux que quiconque.

Cayetano, ample et velouté sur ses deux toros, démontre toute sa classe. Aristocratie du style, temple et rythme, il écoute une belle ovation à son premier et coupe une oreille à son second adversaire. On a presque l’impression qu’il a retenu son talent pour laisser la vedette au pirate JJ Padilla.

Enfin vint Roca Rey : il y avait déjà, avec pareilles initiales la Rolls mexicaine, Erre Erre El Pana, il y aura désormais la Rolls péruvienne, Erre Erre, Andrès Roca Rey, phénomène d’audace folle, d’abnégation, pieds plantés dans le sable, s’offrant à la charge, face au toro lancé de loin, pour des gaoneras d’anthologie, hier on en a compté 5 d’affilée, absolument immobile.. frissons.

A la muleta il se fait prendre  par la corne gauche sur le ventre, par chance elle n’entre pas, il roule au sol se relève boitant bas, tête droite, regard de défi, reprend les armes et se remet à l’ouvrage exactement là où il a laissé son adversaire.

Le toro passe  où le matador ordonne ! Et pas un petit toro, un  Jandilla aux cornes astifinas  et à l’ouverture très large.. cambiadas dans le dos alternant avec des naturelles basses, rythmées, s’achevant sur un pecho libérateur… Splendide .

Mando, poder, volonté, courage, ce jeune homme a tout pour lui.

Il tue en se jetant dans le berceau des cornes. Une fois encore il coupe 3 oreilles qui auraient pu être quatre si la pétition de la deuxième à son premier toro avait été écoutée par le président.

Les Jandilla constituaient un lot très sérieux, avec quelque bravoure et une noblesse que les hommes ont su exploiter. D’un poids régulier ( moyenne 515kgs) ils ont promené leur belle allure et mis en danger à plusieurs reprises les toreros.

Grande tarde de toros.

Effusions, abrazos, caresses, drapeaux, public ravi à l’ombre comme au soleil inexistant hier soir… mais la pluie n’a finalement rien gâché: personne n’a quitté sa place à cause des éléments.  On serait même resté plus longtemps.

 

Jean François Nevière

13. juil., 2018

Pamplona, 12 juillet 2018: Pepin Liria tel qu’en lui-même.

Photo : Reuters pour ABC 

Pour qui a des souvenirs de Pepin Liria, la corrida de Victoriano del Rio d’hier  a permis de revivre, à l’identique ou presque , ce que le merveilleux Pepin Liria nous avait fait vivre des années durant, dans son arène fétiche.

A son deuxième toro, un tio très armé, Pepin Liria a démontré qu’il était encore jeune à 48ans, fougueux comme à 25, téméraire et sale gosse en face de son adversaire qui l’attendait au coin de ses cornes acérées.

On vit un face à face digne de toutes les émotions de toutes les exclamations  et ponctuées par les fameux « Pépin ! Pépin ! » lorsque, après un desplante de défi impensable à cet âge, il prit une raclée majuscule où il manqua prendre la corne en pleine poitrine, vola en se retrouvant par terre sur la tête, cabriole presque tragique, le front ensanglanté par le sang du toro, costume virginal souillé, NOTRE Pépin reprit les armes, se remit devant, poitrine offerte, guerrier prêt au sacrifice suprême, obligea l’animal à passer dans sa muleta, desplante de nouveau mais cette fois le toro respecta le torero. C’était formidable, au sens premier: beau à faire peur.

Merci Pépin Liria d’avoir ensuite montré à ses confrères plus jeunes que l’audace devait aller jusque-là, jusqu’à se donner  sans réserve, dût-même en souffrir leur corps trop protégé par des ruses que Pépin n’utilise jamais.

La preuve arriva  à l’épée : face au toro, bien décidé à "vaincre ou mourir", il se jeta l’épée en avant, le toro le reprit. C’est le toro qui mourut sans tarder, déclenchant une folie d’applaudissements et la pétition des deux oreilles.

Le Président crut bon de n’en accorder qu’une.

Dommage !

D’autant plus dommage que ce triomphe eût été mérité face à la fadeur de Gines Marin, et surtout à l’indigne épée du Juli qui comme d’habitude tua alors qu’il était déjà au milieu du dos du toro, d’une épée verticale, le public de Pamplona l’a bien vu, bien jugé, légère pétition, Président très clair dans sa négation ! Prudence de pleutre.

Pepin aurait dû sortir à hombros, la fête en eût été plus belle.

Le paysan de Cehegin, 48 ans depuis deux mois, qui remet l’habit de lumières pour SA Pamplona méritait d’être honoré aussi par la Présidence.

En tout cas ce fut un immense bonheur, y compris pour le matador qui ne se départit jamais de son sourire de vainqueur.

Pépin ! Pépin !Pépin !

 

 

Jean François Nevière.

1. juil., 2018

L'écurie du cheval français de Bonijol sera présente en Espagne

Comme depuis 2009, l'excellente écurie française d' Alain Bonijol sera toujours présente sur les places de la maison Chopera, telles que Donostia / San Sebastián, Bilbao, Palencia, Salamanque et Logroño. Pour la première année, la place de Teruel sera ajoutée, dont la compagnie, Toroter, parie sur le premier tiers tel que Bonijol a annoncé sur les affiches de la Foire aux anges les 7 et 8 juillet.

C'est une excellente nouvelle, surtout pour les amateurs du tercio de piques, puisque c'est justement l'intégrité du combat que veut dynamiser cette saison l'arène aragonaise.

Selon le nouvel homme d'affaires, David Gracia, " nous allons donner une plus grande splendeur au tiers de piques. Bien sûr, nous allons prendre soin du taureau, car nous croyons que la chose la plus importante pour les toreros et le public est de sortir heureux de l'arène. En bref, nous allons essayer de prendre soin de chaque détail et de chaque personne en fonction de nos valeurs ".

30. juin, 2018

Parce que rien n’est jamais fini, ni aussi noir que les Cassandre veulent bien le dire, il y a des raisons de se réjouir dans le monde compliqué de la tauromachie.

Ainsi ce jour, à Soria, sortent en piste des toros gris, supérieurement armés de Victorino Martin, toros jamais venus dans cette arène et qui font honneur à la nouvelle empresa.

Cette jolie arène, aimable par ses toros habituels, commodes, et l’esprit de fête qui y règne, dans laquelle on a vu défiler les figuras peu inquiètes d’affronter des toros « aimables »( mais un toro, même sans trapio extrême est-il jamais aussi confortable qu’on le dit ? ) cette jolie arène va voir 6 toros de Victorino Martin.

C’est un véritable évènement et il faudra examiner le résultat de cette corrida .

Contrairement à ce qui est sans cesse colporté, les Juan Pedro n’ont pas détruit la course de toros, ni les Miura donné la meilleure image terrifique de cette dernière. Les choses  du sang originel, comme les combines affairistes, ne sont pas  la cause unique de la perte d’intérêt  d’un vaste public pour les toros.

Les banderilleros, qui savent et voient tout, ou presque, auront tôt fait de remettre vos préjugés en place, c’est-à-dire de corriger vos fautes de jugement lorsque, vous croyant aficionados,  vous demandez à José Tomas ou Manzanares de « se croiser »….ouaf ouaf !

Parce que l’art de Chicuelo et de Dominguin ( il faut bien changer un peu de Cucharès ) est véritablement un art universel, touchant aux raisons de vivre, de se donner, de combattre et d’être courageux jusqu’à la mort possible, il n’y a, pas plus aujourd’hui qu’hier, de raisons de douter de la pérennité de notre passion.

Connaissez-vous beaucoup de gens qui habitant Paris, Bordeaux, ou Marseille, confortablement installés dans leur vie, prendraient le risque d’aller, sans hésiter, à Algéciras, ou à Mexico, ou à Lima, pour voir, avec tous les aléas que cela suppose, José Tomas, ou même tel ou tel torero en qui ils croient.

Ainsi, José Tomas et M. A. Perera ont combattu hier en mano a mano des toros sérieux et les arènes pleines  de fidèles ont succombé.

Même si le danger vient de l’intérieur, certes certes, n’oublions pas que nos vrais ennemis sont les anticorrida soutenus par d’énormes sociétés à capitaux anglo saxons ou suisses ( le Peta, parmi d’autres ). Les Vegan nous provoquent, les animalistes nous traitent de psychopathes et d’assassins et nous n’avons qu’à peine le droit de nous défendre, au risque de nous retrouver embastillés !

 

Si Zaragoza et Pamplona n’ont plus de corridas, ce ne sera quand même pas la faute du milieu taurin mais bien celui des politiques qui, pour gagner des voix sur leur droite ou leur gauche, vont s’allier avec Vegan, animalistes, peta et autres groupes qui veulent notre mort.

Soyons optimistes et fiers de notre passion pour les toros.

Tout reste possible, ne nous résignons pas.

Les Victorino sont à Soria ! De jeunes hommes se jouent la vie tous les jours pour les toros !

Viva la fiesta Brava.

 

J F Nevière