4. juin, 2019

BLEU COMME L'ENFER

 

bleu photo 1

 

 

 

Bleu comme l'enfer

 

 

 

Célèbre film d'Yves Boisset, sorti sur les écrans en 1986, tiré du roman éponyme de Philippe Djian, exprime toute la dualité de cette couleur.

Celle du ciel, donc du Paradis, elle conjure le mauvais sort (œil peint sur la proue) des bateaux), c'est un porte bonheur.

C'est le Yang : la créativité, le sommet, mais aussi la vacuité « n'y voir que du bleu », teinte de la peur, du froid.

C'est aussi celle de l'inexpérience, voire la naïveté « c'est un bleu ».

Ce fut pendant la révolution française, la couleur des chouans (bleu royal ) s'opposant au rouge des républicains.

C'est également celle de l'autorité : costume des gendarmes.

Le gyrophare (bleu électrique) des automobiles et motos de la Police, les tuniques bleues de la cavalerie américaine dans le célébrissime feuilleton « Rintintin ».

Elle , peut être la couleur du plaisir (1)

Dans un autre contexte, c'était la teinte des chemises phalangistes en 1936, en Espagne. Elle devint la « Terror Azul ».

Azul dont l'étymologie vient de la langue arabe donnera les azulejos, pas sur le plan linguistique, mais architectural comme ce frontispice du marché de Santarem (Portugal)

 

bleu photo 2 b

 

Picasso aura une période bleue (1901-1904), il peindra à Paris des œuvres sombres sur l'Espagne, les pauvres au bord de la mer, la Vie...

Et la Tauromachie dans tout çà ?

La couleur est la métaphore de la curiosité ( R Depardon) (2)

 

C'est un ton très présent sur les costumes de lumières, Antonio Ordoñez, El Cordobés, Curro Caro.

Sebastian Cortes, le gitan d'Albacete , arbora un traje Bleu de Prusse noir, pour sa confirmation d'alternative le 24 mai 1976 à Madrid, toro «  Pajarito » de Balthazar Iban.

 

Toujours la bivalence, il peut porter malheur : Pepe Hillo tué en bleu ciel-argent, Paquirri blessé à Pozoblanco (bleu cobalt et or), Christian Montcouquiol Nimeño II blessé à Arles (bleu et or), idem pour Julio Robles à Béziers (Bleu céleste et Or).

 

Si le bleu turquoise chez les aztèques est signe de sécheresse, pour le Torero Luis Francisco Espla, levantin de naissance, c'est la couleur de la mer qui permet de se fondre dans le rituel tauromachique, de « métaboliser le Toro », en fonction de la plaza.

D'où la préférence pour l'Alicantin de ce camaïeu : bleu océan, bleu atlantique, bleu lagon, bleu marine, bleu outremer, bleu des mers du sud ; le grand bleu.

Bambi mettra également cette teinte au revers de ses capes «  Qu'est que j'y peux, si je suis né au bord de la Méditerranée » chante le catalan Joan Manuel Serrat.

 

Le tour de piste qui récompense la loyauté dans le combat du toro n'est'il pas commandé par el pañuelo azul...On retrouve le coloris, dans beaucoup de devises MLP de Varga (Guardiola), Victorino Martin, Dos Hermanas (P Laugier et ses filles), San Martin (frères Granier Alain et Gérard) : fermeté et fidélité , trois valeurs liées à la couleur.

 

Associé au divin, comme le voile de la Vierge Marie. Il devient azur céleste.

Frida Khalo, célèbre peintre mexicain, dans sa maison musée (Casa Azul), s'exprime dans un tableau sur le Pendant de Dieu.

« El Diablo es rubio, en sus azules ojos, dos estrellitas encendo el Amor ».

 

Brindis aux enfants du Belge Payo qui sont nés en 1958 : les Schtrompfs.

 

Jacques Lanfranchi « El Kallista »

4 juin 2019

 

photo 1 Proue de bateau les Goudes 1/1/2015 photo E Lanfranchi

photo 2 carte postale Marché de Santarem

 

Bibliographie :

  • Toro Louis Francisco Espla – Jacques Durand ( Marval 1994)

  • In Toros n°1927-1928 (mai 2012)

 

(1) la molécule sildénafil commercialisée en 1996, dans une livrée bleue royale ,oui le Viagra

 

 

(2) Raymond Depardon «  Un moment si doux » (exposition Photos Mucem Marseille)

21. mai, 2019

AUTRE ESCALE POUR MEXICO AZTECAS Y TOROS

 

photo 1

 

 

 

AUTRE ESCALE

 

 

Après plus de 11 périples transatlantiques (équipage au complet), la caravelle MEXICO AZTECAS Y TOROS suivant ses grandes sœurs (1), c'est un petit cabotage qui a permis un mouillage forain dans l'anse Foyer Maurice Albaric à Nîmes, dernier escale, avant la croisière vicoise en juin,

Ce périple est à l'instigation de Joé Gabourdés, grand amiral de la Coordination des clubs taurins de Nîmes et du Gard (2). A ce jour leur nombre est de 28.

 

photo 2

 

Le capitaine Jean François Nevière avait délégué les cartes et la barre pour ce saut de puce en pays gardois. Donc équipage succinct, un des sous officiers du bureau Evelyne, un quartier maître Jacques, notre moussaillon Porte Bonheur Axel Dumond, en compagnie des matelots Claudie et Luc.

 

photo 3

 

Après avoir lu l'historique, et l'éthique de l'association envoyés en morse par le seul maître à bord depuis 2007, Captain Jeff.

La discussion s'est poursuivie à bâtons rompus. La dernière revue sera offerte par les parents d'Axel au professeur de Français de leur fils : pour susciter des vocations et peut être une nouvelle Plume Jeune ( la dotation du prix est loin d'être négligeable). Un peu d'aficion militante.

 

Bien sur, les voyages de l'autre coté du Charco ont été évoqués, bien que MEXICO AZTECAS Y TOROS ne soit pas une agence de voyage, mais une association de culture taurine !

 

Deux textes ont été lus , celui du Mousse (par lui-même) et celui du Maestro Curro Caro par le quartier maître déjà cité.

Il est à noter que le thème de la transmission de l'Aficion entre générations, fut largement débattu, ainsi qu'un appel à textes pour les adultes.

Après plus de deux heures de discussion devant une cinquantaine de personnes ( (coefficient de marée élevée), l'heure du ratafia, pastis et autres breuvages a sonné devant le comptoir de la cambuse.

Les échanges ont continué pendant les agapes chez « Le Blond » (non pas Michel , l'auteur des « Grands Corsaires ») mais l'ancien mozo de espada du Maestro Richard Milian, super repas à la taverne « La Terna ».

Un vent d'est , porteur, nous a fait lever l'ancre pour retourner vers les eaux territoriales fontvieilloises.

Un grand merci pour l'accueil chaleureux (lors de cette halte maritime) et peut être un grand pas dans la normalisation des relations diplomatiques entre Nîmois et Arlésiens (clin d’œil au président Gabourdés).

 

Synopsis pour les puristes

L'association MEXICO AZTECAS Y TOROS a été reçue par le président Gabourdés et la coordination des clubs taurins du Gard le samedi 18 mai à Nîmes (plus ou moins 10h15 AM)

ordre du jour : historique, éthique, projets de l'association (revue, voyages, concours Jeunes plumes taurines)

  • Préambule du Président lu devant le conclave (no hay billetes)

  • Fin des débats 11h 48 AM

  • Apéritif 12 h GMT

  • repas 14h 15 h PM

  • levée de séance définitive 16h

     

Brindis à André Albouy dit Dudule, aficionado a los toros et figure emblématique de la casa Heyral

Mardi 21 mai 2019

Jacques Lanfranchi « El Kallista »

 

  1. en 1492 , Christophe Colomb pour sa première transatlantique entre l'Europe et les Amériques (le Nouveau Monde) commandait trois navires : la Santa Maria, la Niña, La Punta

  2. Expérience tentée à Arles sous l'appellation Clubs Taurins du Pays d'Arles de 2004 à 2015. Dissout grâce à l'obscurantisme, l'hégémonie et l'incurie de pas mal de clubs arlésiens : VANITAS- VANITATUM OMNI VANITAS ( vanité des vanités, tout est vanité)

 

10. mai, 2019

REVERIE AFICIONADA EN EQUATEUR

 

photo 1

 

 

REVERIE AFICIONADA EN EQUATEUR

 

 

 

Adossée à la Colombie, et au Pérou, l’Équateur évoque la « Mitad del Mundo », les deux hémisphères Nord et Sud, ce dernier pays des All Blacks pour les aficionados à la Gonfle (1).

Dans un kaléidoscope un peu fou, des lamas, des volcans, des tortues géantes, la jungle, voire un chapeau, n'est ce pas déjà le Pérou ?

Arrivée à Guayaquil, début du périple , altitude zéro.

C'est les prémices du caisson de compression vers les 4200 mètres, qui seront le sommet de notre profondeur (Lagune de Quilotoa).

La première station taurine est Riobamba « la sultane des Andes ».

Les sensations fortes sont déjà étrennées avec le train « Nariz del Diablo » alias le train de la terreur.

Sur le plan musical, ce périple ferroviaire me rappelle la « Colegiala » de W.Leon Aguilar et ses illusionadas , groupe péruvien qui créa en 1975, ce qui demeure la publicité Nescafé, pour toujours.

 

photo 2

 

Pour les puristes, Gustave Eiffel inventeur de la Tour éponyme (clin d’œil à la fraction canal historique du Club Taurin de Paris) participera à la conception des ponts et ouvrages d'Art empruntés par la locomotive et ses wagons.

A l'arrivée, théorie dualiste oblige, nous sommes accueillis entre autres par un petit ange .

 

photo 3

 

Jeudi 18 : c'est Campo Bravo, propriété de Luis Fernando Garcia Diaz, altitude 3550 m- encaste Baltazar Iban- création en 1984 .

 

En 2009 MEXIXO AZTECAS Y TOROS lors de son premier voyage en Equateur, avait fait escale à la finca Chimborazo. C'est un retour particulier.

Du haut du volcan éponyme, point le plus proche du soleil jusqu'au flanc de la finca, flotte à jamais la présence et l'âme du Maestro Ivan Fandiño, gendre du ganadero.

Tienta avec les matadors Victor Puerto et Jose Alfredo Cobo. Les vaches « son mas pesadas que un matrimonio, con el caballo » me déclare le piquero !

Sortie timide de votre serviteur, à l'ultime becerra (deux ans et demi, du souffle et de la race) qui sera conservée par l'éleveur.

Ma « prestation » est qualifiée d'honorable par le maestro Victor Puerto (il est vrai que sa mère est française, la solidarité nationale doit jouer)

 

photo 4

 

Le 20 et 21, le groupe « los franceses » investit la monumental Raoul Davalos (2) sous la houlette de Monsieur Enrique Cobo.

Guide, ambassadeur de luxe, il nous accueille, pilote ces deux journées du cycle férial « Señor del suceso », visite des corrales, débarquement des toros, mise en chiquero, sorteo, callejon pour les privilégiés...

L'aficionado a los toros est comblé, milieu du monde oblige, c'est Noël en Avril.

Le tour de chauffe commence en matinée par un festival d'aficionados practicos, le public admirera la faena du Señor Roldan en cinquième position, et l’inénarrable « telonero »(3) mexicain le dénommé : Pedro Pinson.

La corrida formelle verra le bétail de Campo Bravo et El Pinar opposé à l'ineffable et amuseur né « Rafaelillo », Javier Cortes plus à l'aise en deuxième position, sera triomphateur de la Feria Riobambina et le jeune local Julio Ricaute (dernière alternative dans la plaza en novembre 2017) affichera un courage à toutes épreuves .

Le festival international du 21 verra le péruvien Paco Perlazza (4) gracier le toro « Torbelino » (El Pinar) après une faena rêvée, le local Javier Segovia clôturait la feria de belle manière. Rafaelillo égal à lui-même, en bouffon facétieux.

L'ensemble des événements taurins sera commenté par le maestro Enrique Cobo, et moi-même, lors d'une tertulia nocturne dans les salons de l’Hôtel El Molino.

L'ancien de la presse quotidienne régionale l'ami Jean Michel Dussol, dans le rôle de traducteur s'efforcera également de rendre clair mon sabir franco-espagnol.

Certaine et certains font un petit passage devant les caméras de TVS canal 13, la télévision locale.

Le 24 avril, en pleine Cordillère orientale, c'est la fiesta campera au cortijo Peñas Blancas.

Idyllique à nos yeux, c'est un Éden pour les fers Santa Coloma (origine Buendia) et Peñas Blancas (Domingo Hernandez Garcigrande).

Les toros pâturent sur les grandes prairies pentues.

La dehesa appartient à Cristobal Roldan, c'est Sebastian Roldan qui nous gratifie d'une tienta magistrale sur terrain gras.

La deuxième becerra après un magnifique saut, quittera le ruedo !

Le français practico «  ouvrira le compas » pour la troisième bête, pas pour l'art, mais pour l'équilibre dans la placita boueuse !

Magnifique matinée à deviser de « cosas de toros » avec le piquero « Herman Tapia » lui à cheval, moi à l'abri du burladero.

Il a été honoré la veille pour un demi siècle de carrière.

 

photo 5

 

Dans la plaza « La Belmonte » à Quito, Manuel Mejias « le pape noir » (Dynastie Bienvenida), Rafael Gomez « El Gallo »( frère de Joselito), Rodolfo Rodriguez « El Pana », Cristina Sanchez et tant d'autres ont foulés ce sable .

Les Olés d'antan les accompagnent.

Ce jour là, seule résonna la voix du journaliste et écrivain Gonzalo Ruiz Alvarez, dans les soubassements de la plaza pour sa conférence « Quito , la feria des Amériques ».

Domingo Dominguin, frère de Luis Miguel et de Pepe, se donnera la mort d'une balle en plein cœur à Guayaquil.

C'est la même blessure mortelle qui a été infligée à la fiesta brava à Quito, dont le décès a été entériné depuis 2011, par les différents gouvernants.

De retour vers l’hôtel, visage appuyé contre la vitre du bus, Panama de Homero Ortega vissé sur la tête, je fredonne « un toro enamorado de la luna », en espérant que ce ne sera point l'épitaphe des toros en Ecuador.

Puisse le Patcha Papa Aficion du volcan COTOPAXI se réveille un jour !

 

photo 6

 

Brindis à notre cuadrilla : Adriana, El Stalino, Cobo I (padre) et Cobo II (hijo).

 

 

Desde de Fontvieille , EL Kalllista »

Jacques Lanfranchi

Samedi 11 mai 2019

 

 

  1. appellation commune du ballon de Rugby

  2. Raoul Davalos de la Calle premier torero de Riobamba à prendre l'alternative, parrain Paco Corpas, Témoin, Alonso Doula, toros de Santa Marta.

  3. Telonero : littéralement celui qui ouvre le rideau (théâtre) par analogie le chef de lidia.

  4. Parrain d'alternative du 40ième torero français, témoin El Cid, toro Lugaraño (Occitania) Beaucaire (France) le 29/07/2001

Bibliographie

  • Pasos, Fernando Diaz Martinez

  • Quito la feria de America , Gonzalo Ruiz Alvarez

  • El toro de lidia en El Ecuador , Patricia Espinosa, Jose Patricio Espinosa

Photos

droits réservés

19. avr., 2019

Le groupe à "Campo Bravo", ganaderia de Luis Fernando Garcia Diaz, beau père d'Ivan Fandiño, à 3500 m d'altitude.

1. avr., 2019

AU MOMENT OU COMMENCE LE MOIS D'AVRIL

 

arles1

 

 

AU MOMENT OU COMMENCE AVRIL …

 

 


Un imbroglio taurino-sportivo-culturel qui pourrait aboutir à un événement sismique absolu, la fermeture de l’amphithéâtre arlésien aux spectacles taurins.


Après Barcelone et son vote tauricide, Fréjus et son Maire taurophobe, l’Equateur et son référendum présidentiel pour l’abolition de la corrida, c’est l’Unesco qui pourrait être le prochain bourreau voire fossoyeur de la cause taurine sur les bords du Rhône.


Résumons la situation  sur tous les projets en cours :  les arènes d’Arles font partie comme beaucoup de monuments historiques et préhistoriques dans le monde du patrimoine universel de l’Humanité.

Depuis plus de 20 ans,  des travaux de rénovation  maintiennent à flot notre antique monument qui accueille du public pour les spectacles taurins espagnols , camarguais et quelques événements culturels, musicaux et chorégraphiques.

Qui dit public dit normes sécuritaires drastiques tendant vers un risque accidentogéne zéro
Ce qui, en l’état, est impossible.

 

En 2013, Marseille fut capitale culturelle de l’Europe et à ce titre elle a proposé le projet dans la droite ligne du déplacement du temple d’Abou Simbel (pour échapper à l’inondation du barrage d’Assouan dans les années soixante ), tout simplement le déménagement des arènes romaines.

 

arles1


Ces dernières seraient démontées et installées en face du Musée de l’Arles Antique sur l’emplacement du Cirque romain, rive gauche du Rhône.


Ce transfert permettrait de récupérer intra muros un vaste emplacement à aménager : jardin, lieux de rencontres etc … et de créer d’autre part un centre archéologique référant avec le Musée de l’Arles Antique.


De nouvelles arènes, plutôt salle polyvalente type Vistalegre actuellement, seraient construites sur l’emplacement du stade de football.

 

arles2

 

Plus de problème de parking, sécurité, corrales, normes afnor et iso incluses.
L’entité footballistique Arles Avignon ,pourrait se déplacer complètement vers la Cité des Papes (section amateur incluse) : stade, club house, structures médicales, centre de formation.

Quelques éléments du mobilier taurin (burladeros, barrières) seraient placés judicieusement dans la ville pour rappeler l’utilisation particulière de l’amphithéâtre pendant une certaine époque.

 

arles3

 

arles4


La réalisation technique est possible, mais le projet pharaonique quant aux sommes engagées, le volet taurin serait certainement le premier sacrifié en cas de réduction budgétaire drastique.
Les arènes de St Génies de Malgoires ont terminé en 2000 en terrain de boules ombragé.

Au moment où commence Avril, l 'esprit doit se montrer subtil.

Proverbe français

 

Jacques Lanfranchi «  El Kallista »

lundi 1 avril 2019

 

 

 

photo 1 David Pinzòn DR

photo 2 projet de l'architecte arlésien Paul Quintrand 1959

photos 3 et 4 collection privée