REVERIE AFICIONADA EN EQUATEUR

 

 

 

Adossée à la Colombie, et au Pérou, l’Équateur évoque la « Mitad del Mundo », les deux hémisphères Nord et Sud, ce dernier pays des All Blacks pour les aficionados à la Gonfle (1).

Dans un kaléidoscope un peu fou, des lamas, des volcans, des tortues géantes, la jungle, voire un chapeau, n'est ce pas déjà le Pérou ?

Arrivée à Guayaquil, début du périple , altitude zéro.

C'est les prémices du caisson de compression vers les 4200 mètres, qui seront le sommet de notre profondeur (Lagune de Quilotoa).

La première station taurine est Riobamba « la sultane des Andes ».

Les sensations fortes sont déjà étrennées avec le train « Nariz del Diablo » alias le train de la terreur.

Sur le plan musical, ce périple ferroviaire me rappelle la « Colegiala » de W.Leon Aguilar et ses illusionadas , groupe péruvien qui créa en 1975, ce qui demeure la publicité Nescafé, pour toujours.

 

 

Pour les puristes, Gustave Eiffel inventeur de la Tour éponyme (clin d’œil à la fraction canal historique du Club Taurin de Paris) participera à la conception des ponts et ouvrages d'Art empruntés par la locomotive et ses wagons.

A l'arrivée, théorie dualiste oblige, nous sommes accueillis entre autres par un petit ange .

 

 

Jeudi 18 : c'est Campo Bravo, propriété de Luis Fernando Garcia Diaz, altitude 3550 m- encaste Baltazar Iban- création en 1984 .

 

En 2009 MEXIXO AZTECAS Y TOROS lors de son premier voyage en Equateur, avait fait escale à la finca Chimborazo. C'est un retour particulier.

Du haut du volcan éponyme, point le plus proche du soleil jusqu'au flanc de la finca, flotte à jamais la présence et l'âme du Maestro Ivan Fandiño, gendre du ganadero.

Tienta avec les matadors Victor Puerto et Jose Alfredo Cobo. Les vaches « son mas pesadas que un matrimonio, con el caballo » me déclare le piquero !

Sortie timide de votre serviteur, à l'ultime becerra (deux ans et demi, du souffle et de la race) qui sera conservée par l'éleveur.

Ma « prestation » est qualifiée d'honorable par le maestro Victor Puerto (il est vrai que sa mère est française, la solidarité nationale doit jouer)

 

 

Le 20 et 21, le groupe « los franceses » investit la monumental Raoul Davalos (2) sous la houlette de Monsieur Enrique Cobo.

Guide, ambassadeur de luxe, il nous accueille, pilote ces deux journées du cycle férial « Señor del suceso », visite des corrales, débarquement des toros, mise en chiquero, sorteo, callejon pour les privilégiés...

L'aficionado a los toros est comblé, milieu du monde oblige, c'est Noël en Avril.

Le tour de chauffe commence en matinée par un festival d'aficionados practicos, le public admirera la faena du Señor Roldan en cinquième position, et l’inénarrable « telonero »(3) mexicain le dénommé : Pedro Pinson.

La corrida formelle verra le bétail de Campo Bravo et El Pinar opposé à l'ineffable et amuseur né « Rafaelillo », Javier Cortes plus à l'aise en deuxième position, sera triomphateur de la Feria Riobambina et le jeune local Julio Ricaute (dernière alternative dans la plaza en novembre 2017) affichera un courage à toutes épreuves .

Le festival international du 21 verra le péruvien Paco Perlazza (4) gracier le toro « Torbelino » (El Pinar) après une faena rêvée, le local Javier Segovia clôturait la feria de belle manière. Rafaelillo égal à lui-même, en bouffon facétieux.

L'ensemble des événements taurins sera commenté par le maestro Enrique Cobo, et moi-même, lors d'une tertulia nocturne dans les salons de l’Hôtel El Molino.

L'ancien de la presse quotidienne régionale l'ami Jean Michel Dussol, dans le rôle de traducteur s'efforcera également de rendre clair mon sabir franco-espagnol.

Certaine et certains font un petit passage devant les caméras de TVS canal 13, la télévision locale.

Le 24 avril, en pleine Cordillère orientale, c'est la fiesta campera au cortijo Peñas Blancas.

Idyllique à nos yeux, c'est un Éden pour les fers Santa Coloma (origine Buendia) et Peñas Blancas (Domingo Hernandez Garcigrande).

Les toros pâturent sur les grandes prairies pentues.

La dehesa appartient à Cristobal Roldan, c'est Sebastian Roldan qui nous gratifie d'une tienta magistrale sur terrain gras.

La deuxième becerra après un magnifique saut, quittera le ruedo !

Le français practico «  ouvrira le compas » pour la troisième bête, pas pour l'art, mais pour l'équilibre dans la placita boueuse !

Magnifique matinée à deviser de « cosas de toros » avec le piquero « Herman Tapia » lui à cheval, moi à l'abri du burladero.

Il a été honoré la veille pour un demi siècle de carrière.

 

 

Dans la plaza « La Belmonte » à Quito, Manuel Mejias « le pape noir » (Dynastie Bienvenida), Rafael Gomez « El Gallo »( frère de Joselito), Rodolfo Rodriguez « El Pana », Cristina Sanchez et tant d'autres ont foulés ce sable .

Les Olés d'antan les accompagnent.

Ce jour là, seule résonna la voix du journaliste et écrivain Gonzalo Ruiz Alvarez, dans les soubassements de la plaza pour sa conférence « Quito , la feria des Amériques ».

Domingo Dominguin, frère de Luis Miguel et de Pepe, se donnera la mort d'une balle en plein cœur à Guayaquil.

C'est la même blessure mortelle qui a été infligée à la fiesta brava à Quito, dont le décès a été entériné depuis 2011, par les différents gouvernants.

De retour vers l’hôtel, visage appuyé contre la vitre du bus, Panama de Homero Ortega vissé sur la tête, je fredonne « un toro enamorado de la luna », en espérant que ce ne sera point l'épitaphe des toros en Ecuador.

Puisse le Patcha Papa Aficion du volcan COTOPAXI se réveille un jour !

 

 

Brindis à notre cuadrilla : Adriana, El Stalino, Cobo I (padre) et Cobo II (hijo).

 

 

Desde de Fontvieille , EL Kalllista »

Jacques Lanfranchi

Samedi 11 mai 2019

 

 

  1. appellation commune du ballon de Rugby

  2. Raoul Davalos de la Calle premier torero de Riobamba à prendre l'alternative, parrain Paco Corpas, Témoin, Alonso Doula, toros de Santa Marta.

  3. Telonero : littéralement celui qui ouvre le rideau (théâtre) par analogie le chef de lidia.

  4. Parrain d'alternative du 40ième torero français, témoin El Cid, toro Lugaraño (Occitania) Beaucaire (France) le 29/07/2001

Bibliographie

  • Pasos, Fernando Diaz Martinez

  • Quito la feria de America , Gonzalo Ruiz Alvarez

  • El toro de lidia en El Ecuador , Patricia Espinosa, Jose Patricio Espinosa

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