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Caste et Pyrotechnie

en hommage à René Chavanieu



Tout aficionado qui se respecte, sait que la caste voire la race d’un toro, se juge sur deux qualités précises : la bravoure et la noblesse.

Bien sur, on peut ajouter d’autres paramètres, qui pourront se révéler, innombrables, voire subjectifs surtout dans les grilles de cotation de certaines corridas concours qui tendent à devenir de véritables pensums.

L’agressivité du toro de combat a un aspect génétique indiscutable, la bravoure ou instinct offensif en découle, mais elle est également le fruit de la sélection opérée par l’éleveur.

D’une manière un peu empirique, la bravoure est classée en plusieurs stades (par ordre croissant de qualité) : Bravucon, Bravito, Brave, de Bandera.

L’antithèse de la bravoure est la mansédumbre dont le classement vers le pire est : Mansuron, Mansote, Manso Perdido (voire Morucho de demi-caste).

Pour les travaux pratiques, lors de la tienta ou lors des spectacles publics, c’est l’épreuve de la pique qui va permettre de juger cette fameuse qualité du taureau.

En spectacle formel, le toro manso perdido refusant le premier tiers était puni par l’utilisation des chiens (perros de presa) qui le mordaient et l’excitaient pour lui redonner l’instinct du combat (Gravure de Goya, la Lidia ).

Ce châtiment fut remplacé en 1849 par les banderilles de feu.

Ce matériel de punition fut inventé en 1797 par Jose Ruiz Caleso « El Calesero » qui les posa le premier à cheval à Aranjuez, elles étaient munies à l’époque d’un double harpon pour ne pas tomber.

 

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Ce procédé pyrotechnique (photo 2 et 3) était d’un emploi compliqué pour le banderillero. Il fallait allumer un tampon d’amadou qui mettait à feu plusieurs pétards après la pose des banderilles (ceci explique peut être la grande mode du cigare dans le callejon ?).

D’un effet déplorable sur le public : bruit, fumée, odeur de cuir brulé) (photo 1 ), d’un effet nul sur le taureau, d’un effet total sur la devise qui pouvait se consumer.

Les reseñas de corrida de l’époque étaient très laconique, du style : 6 mansos dont 3 fogueados (brûlés).

En mai 1950, ces engins pétaradants et détonants furent remplacés par les banderilles noires avec un liston blanc, dites viudas (veuves), avivadores (stimulantes).

Ces banderilles sont posées après l’apparition du mouchoir rouge, à la présidence, elles ont un harpon plus long (6,1 cm) à défaut de traiter la mansédumbre, elles célèbrent le deuil de la bravoure.

Il est une appellation depuis quelques années (non AOC) concernant le toro dit « manso con casta ». Une forme d’élucubration pour un toro sans bravoure, mais avec de la noblesse, c'est-à-dire ?

C’est un peu comme certains palmarès de fin d’année, par exemple comme celui des critiques taurins du Sud Est 2012. On ne décerne pas le prix, mais il n’est pas desierto, avec l’accord d’un accessit à quelqu’un qui peut le mériter (prix de la meilleure novillada).

Messieurs du jury, il semble que vous ne connaissiez pas le mode d’emploi : en effet, c’est quand un prix est décerné, que l’on récompense ceux qui auraient pu l’obtenir, par un premier accessit, voire deux ou trois.

Le français est toujours complexe dans ses jugements taurins, surtout quand il concerne ses compatriotes – un problème de caste ?

 

Je brinde ce texte de Novembre 2012 à Monsieur René Chavanieu dit "Chacha", grand aficionado a los toros, aujourd'hui devant l'éternel.

René, Merci pour ton Aficion militante

Abrazo du voisin de tendido à Ceret.

 

Jacques Lanfranchi "El Kallista"