20. févr., 2019

MAyT en Provence entre Crau et Camargue, Par Dominique Valmary

Photo : Jacky Nègre

 

         Bon début de temporada pour Mexico Aztecas y Toros qui organisait sa première sortie de l'année en Provence, une sortie où relations publiques, culture, campo et taureaux ont guidé les pas des parisiens, charentais, occitans et provençaux qui constituaient le groupe.

         Pour ces aficionados tout a commencé par un Paseillo remarqué en mairie de Fontvieille où le maire Gérard Garnier accueille une forte affluence relevée de la présence d'éleveurs de toros bravos, d'organisateurs de corridas, de personnalités et des membres du jury du prix littéraire « Jeunes Plumes 2018 » ; l'occasion pour le président Jean François Nevière de rappeler l'originalité de MAyT qui n'est ni un club taurin ni une peña, égrenant les souvenirs glanés au fil des ans aux Amériques, rappelant que l'association est parrainée par Joselito Adame.

Les coprésidents du concours, Alain Montcouquiol et Philippe Caubère, en présence du témoin Thomas Joubert, ont alors décerné le prix « jeunes plumes » au premier lauréat : Axel DUMOND, nîmoisâgé de 13 ans, bénéficie ainsi d'une alternative de prestige pour son texte intitulé « le torero amnésique » publié dans le numéro IX  de la revue Mexico Aztecas y Toros.

 

         Le samedi en matinée s'engage le premier tiers où la légèreté de la cape de Laurent Nagel accompagne la découverte ou la redécouverte des joyaux du centre historique arlésien avant la saine virilité des deux piques culturelles qu'ont été la visite du musée Arles Antique et celle des salles d'apparat de la mairie avec pour guide Patrick Chauvin, son premier maire adjoint.

 

Sonnent ensuite les clarines pour un rendez-vous au Sambuc où Jacques Giraud reçoit le groupe au domaine de la Tour du Cazeau. L'activité de l'exploitation familiale s'est  diversifiée avec riziculture et agriculture, agrotourisme et élevage de chevaux croisés hispano-anglo-arabe sous le nom d’El Cruzado, de bétail domestique en partie transformé sur place et de bétail brave.

La ganaderia Giraud est créée en juillet 1991 avec 14 vaches (Santa Coloma d'origine Tabernero, quelques Nunez et un étalon, fils d’un étalon de Manolo Gonzalez appartenant à la famille Gallon). Depuis, l'objectif poursuivi est de créer la souche Giraud en allant vers le type Domecq apporté par le second étalon par absorption progressive du sang originel. Aujourd'hui, le cheptel comprend 80 vaches de ventre et 3 étalons dont un Juan Pedro Domecq pour anoblir le sang Giraud.

Après un quite opportun pour admirer le soleil se coucher sur le Vaccarès, la soirée réunit les novilleros et le picador invités à la tienta du lendemain. Ils exposeront avec discernement leur engagement, la préparation physique, les exigences et difficultés rencontrées pour vivre leur passion.

 

         Le dimanche, la pression monte pour le troisième tiers et le rendez-vous attendu  chez Jean Luc et Geneviève Couturier à la finca de Coste-Haute. Après une longue carrière dans la boulangerie industrielle où il développe le concept du pain cru surgelé, Jean Luc Couturier décide de mettre son savoir-faire d’entrepreneur au service d’une nouvelle aventure : l’élevage taurin. Par pure passion, il acquiert deux élevages historiques espagnols alors menacés, les Curés de Valverde (origine Conde de la Corte) et les Concha y Sierra (origine Vasqueña). Les installations de Coste-Haute s'ouvrant vers les Alpilles sont un magnifique écrin pour valoriser le bétail  qui nous est présenté par le ganadero et Jean Pierre Odet son mayoral. La visite des enclos permet de voir les vaches suitées, les erales et les taureaux dont la très belle corrida de Valverde qui sera présentée à Istres le samedi 15 juin prochain. L'entraînement des taureaux sur le torodrome est suivi par l'habillage du cheval de pique, Tornado, commenté par Gabin Rehabi avant que Baptiste Cissé et Jean Baptiste, novilleros landais d'Adour Aficion, ne « tientent » deux vaches Valverde  exigeantes.

 

         Á l'heure de l'attribution des trophées, le groupe unanime a décidé de distinguer les organisateurs de cette première sortie et d'« indulter » Évelyne et Jacques