13. août, 2019

UN APRES MIDI AUX SAINTES MARIES DE LA MER : PARADOXE

 

 

 

PARADOXE

 

Terme qui désigne une idée surprenante voire choquante.

Dés sa présentation à Arles par le Maestro Sébastien Castella et la direction des arènes des Saintes Maries de la Mer, le concept de Corrida Provençale fut appréhendé paradoxal.

Alternative aux corridas picassiennes ( en hommage à Picasso) de Malaga, ou Goyesque d'Arles, Bayonne, Dax, Ronda...

Un hommage particulier sera rendu à la culture provençale et camarguaise.

De prime abord, le port du costume de gardian par les toreros souleva la ire de quelques « reboussié » (1) arlésiens et nîmois. Dans cette expression se mêlaient colère, crime de lèse majesté, manque de respect etc..

Le 1 er mai 1968 (révolutionnaire de fait), la 6iéme Reine d'Arles Mme Françoise Calais (épouse de Robert Margé) fut élue le matin et torea à cheval dans l’amphithéâtre rhodanien l'après midi, en tenue gardiane (2). Elle était présente ce samedi 10 août dans les arènes saintoises.

Le traje corto utilisé lors des festivals taurins, est 'il une injure aux mayorals qui le portent aussi ?

De même la tenue des Forcados est celle des campinhos portugais, est-elle un outrage pour ces derniers ?

Je ne pratique plus la relation des courses (reseñas),je laisse cet exercice aux journalistes entendus (revisteros).

 

Quelques notes d'ambiance :

 

Qu'importe les quelques minutes de retard au paseo, qu'on attribua bien sûr au Maestro Castella dans certains sites !

Il est vrai que le toro d'Aimé Gallon n'a reçu qu'une pique ( la monopique n'est pas l'apanage de la seule plaza saintoise ! ).

Quel beau symbole craven que les deux oreilles symboliques de « Destocado » remplacées par des éventails d'arlésienne, lors de la vuelta avec les Gallon Brothers.

Trois toreros de l'Hexagone - six élevages français- un quasi plein des arènes - Belle vitrine que n’aurait jamais imaginé les fondateurs du syndicat des ganaderos français en 1962.

 

 

 

 

Un callejon où se décline la toreria française d'hier (Alain Montcouquiol), d’aujourd’hui et de demain ,Tibo Garcia (futur torero d'alternative).

Dynasties Leal et Romero (première et deuxième générations),

La première (génération) avait connu dans ce même ruedo une célèbre espontaneada (3), la seconde fit une belle prestation dans la brega.

Sébastien Castella serein et « a gusto », Thomas Joubert, Fulgurences et scories, Juan Leal, le guerrier patent !

La prestation et la présentation du bétail français furent d'excellentes qualités .

Quelques aficionados toristas ont parlé d'arènes de plage. Géographiquement, on pourrait faire au pied du Mont Blanc des spectacles et les qualifier d'arènes de montagne, voire de Maestros d'opérettes !

Le lendemain Sébastien Castella affrontait en mano a mano à Huesca une course d'Adolfo Martin. Il sortit sur les épaules avec Emilio de Justo !

On aurait pu conclure « le chien aboie, la caravane passe ».

Restons dans la note provençale, laissons les « roumegaires rouméger »(4)

 

Apostille : magnifique scénographie avant le paseo à la charge de l'artiste « Goro » originaire de Lunel.

 

Belle après midi militante pour la cause taurine

 

 

 

Jacques Lanfranchi « El Kallista »

Mardi 13 aout 2019

  1. reboussiè : littéralement à rebours , toujours contre

  2. le Marquis de Baroncelli Javon, que l'on nomme «  l'inventeur de la Camargue » codifia le costume de gardian, descendant d'une famille florentine (Florence Italie)

  3. Pour la réunion annuelle des clubs taurins Paul Ricard aux Saintes Maries de la mer le 3 juin 1984, le cartel proposé aux trois espoirs novilleril de l’école taurine de Madrid : Joselito, El Fundi et El Bote, toros de Cobaleda, inspira la colère fondée de la toreria française.

     

  4. rouméguer est un terme utilisé essentiellement en Occitanie etsignifiant "ronchonner".

Photos

1 concept affiche Claude Viallat

2 photo Patrick Colleoni

3 Aquarelle de Yves Brayer (1907-1990)

11. juil., 2019

BRAHMANES en CAMARGUE : Saga inattendue

 

 

 

 

BRAHMANES en CAMARGUE : Saga inattendue

 

 

 

Le Brahma est une race bovine issue des vaches sacrées d'Inde (type zébu), originaire de la région de Brahmapoutre.

Après avoir quitté le continent indien, elle a conquis les États Unis, le Mexique, le Brésil et l'Australie.

Sa rusticité et sa résistance ont permis par un croisement avec les bêtes européennes l'obtention d'hybrides faciles à manier avec un rendement important pour la viande et une résistance accrue aux insectes et parasites.

En 1963, l'arlésien Marc Du Lac, exploitant agricole (1), tente l'expérience avec pour pacage une centaine d'hectares plus riches en salicornes qu'en foin, près de Gageron.

Un reproducteur est trouvé en Floride, le pedigree est parfait, mais le transport et les frais sanitaires représentent un écueil financier.

Le voyage transcontinental sera moins glamour, il se fera sous forme de paillettes (semence congelée à moins 193 degrés centigrades). Les gènes de la région des Everglades rencontrent 17 vaches charolaises, dont quatre produits présentent les caractéristiques du Brahma, les neuf autres sont dits Charbray (caractéristiques dominantes du Charolais).

 

 

 

Les veaux présentent la couleur blanche caractéristique des chevaux de Camargue (2) les oreilles longues et pendantes, les cornes courtes et un garrot surmonté de la bosse caractéristique des zébus.

Si le rendement en viande est important (600 kg) à 2 ans !

Il est contrecarré par la puissance et l'irascibilité des bestiaux.

Un des reproducteurs sera la vedette d'un rodéo à Berlin !

 

En 1882, William Frédéric Cody « Buffalo Bill » va ériger le rodéo (taureaux et chevaux) en spectacle public.

Lors de sa tournée européenne ( deuxième et dernière), « the Wild West Show » se produira dans 113 villes françaises dont Arles, Nîmes, Avignon.

De la création en 1936 du Cow Boy Turtle Association jusqu'aux Pro Bull Rider (1992) la pratique du Bull Riding (monte d'un taureau) perdure.

Les champions sont des USA, mais aussi Australiens, Brésiliens, Mexicains .

L'acteur James Dean s'essaya, parait-il, à cet exercice (3).

Joe Hamman «  Le Parisien » créateur du Western Français et éminent cavalier (il fit plusieurs séjours aux États Unis) tournera en Camargue plus de cent films avec des scènes de Rodéo.

Plus près de nous, dans les années cinquante Eduardo Poggio « l’Uruguayen » montera des taureaux Camargue en spectacle public. Il est le seul torero d'alternative de l'Uruguay.

En 1969, dans le bouvaou de Cacharel chez Denys Colomb de Daunant (il fut un éleveur éphémère de brahmas), André Laurent Bernard organise et codifie les jeux taurino équestres présentés au public.

En 1971, il achète deux taureaux Brahma (USA bon teint) : Tuyère et Venturi au Parc La Vallée des Peaux Rouges (4), un troisième, Banane, les rejoindra plus tard.

La fraction « canal historique gardianne » des Saintes Maries de la Mer , Daniel Clavel, Henri Caussan, Pierre Vadon, François et Henry Brouzet dit « le Shériff », Jeannot Cendars «  L'Indien », Alain Stucchi, Charlie Bessier dit « Charly » ( Ce dernier fera une carrière professionnelle de Rider aux USA pendant 12 ans, et en Europe), adhère au projet : c'est la naissance du DAR RODEO.

 

Ces bestiaux de plus de 500 kg étaient des examinateurs de courage pour quelques amateurs, dont je fis parti .

Pour les professionnels, un championnat fut créé avec des étapes notamment à Urugne, Hendaye, Hossegor.

Les compétiteurs eurent les honneurs du journal sportif « L’Équipe ». L'aventure dura trois saisons.

De nos jours près de L'Aigle dans l'Orne, Sandrine et Stephan Baldon dans leur ranch « le 4S » élèvent des toros pour le Bull Riding, si la base est le Brahma, la vedette s'appelle « Corsica » (je vous laisse deviner l'origine...). Il a été trois fois champion d'Europe, et il a désarçonné 64 compétiteurs dans sa carrière.

 

Inattendue saga des toros brahmanes, des plaines alluvionnaires du Gange, au delta du Rhône via la région Normande.

Du Mexique au Brésil, des USA à l'Australie.

 

 

 

 

Jacques Lanfranchi « El Kallista »

samedi 27 juillet 2019

 

Remerciements à Paul Arsac pour les renseignements sur le chapitre élevage. Idem à Charlie « Charly » Bessier, Alain Stucchi et Robert Kéchichian pour le chapitre DAR.

 

Notes :

  1. diplôme de l'institut national agronomique de Paris, membre fondateur et président du Parc National de Camargue (1972-1979)

  2. le cheval camargue Marc du Lac Actes Sud 1999

  3. in «  Une dernière nuit avec Jimmy » JP Alaux Calman Levy 2010

  4. créé en 1966 par Robert Mottura et Philippe Car Tanner, c’était un parc à thème « Western » à Fleurine (Oise)

Bibliographie

  • le Monde 27/07/1970

  • Almanach Camargue et Nature Jean Bazal 1971

  • l'Equipe mai 1972

Photos 1,2,3,4 DR

9. juil., 2019

Michel Benito, notre ami, membre éminent de Mexico Aztecas y Toros a été emporté, vendredi 5 juillet, par la maladie qui le rongeait depuis trop longtemps.

S’il était possible de résumer en quelques termes la vie de Michel, les vocables suivants viendraient immédiatement à l’esprit : amitié, sincérité, engagement, intégrité, authenticité, générosité …..

Il effectue sa carrière dans l’éducation nationale en tant que « Professeur des écoles », appellation nouvelle et pompeuse qu’il ne devait pas apprécier lui préférant celle ancienne « d’instituteur ». Le connaissant, de multiples élèves ont dû garder de lui l’image  désuète du bon instituteur à l’ancienne.

Les passions de Michel l’ont conduit tant sur les rives des cours d’eau et lacs divers de France et d’Espagne à la recherche du poisson de record, que dans les arènes de France, d’Espagne et des Amériques en quête  du souffle de Dieu qui permet la faena que tout aficionado devrait connaître une fois dans sa  vie.

Président du Barbillon caudrotais, après cinquante ans au bureau, succédant à son père, Maurice, il fut également Administrateur de la Fédération de pêche de la Gironde.

Son autre grande passion, était la tauromachie.

Michel a été l'instituteur du torero "El Yiyo", Jose Cubero Sanchez, au sein du groupe scolaire Cazemajor à Bordeaux. Cet établissement a été celui ou la grosse majorité de l’immigration espagnole bordelaise de la « Retirada », a étudié.

Sa compagne, Catherine est la petite fille de Rolland Portalier, ganadero de vaches de course landaise, qui, avec Mr Dubec, furent les fondateurs de la ganaderia « Côte d’Argent ». Maire de Parentis en Born de 1919 à 1944, grand aficionado à los toros, les arènes de la ville portent son nom.

Ces dispositions ont conditionné la grande aficion de notre ami, le faisant voyager vers la plupart des campos français, espagnols, lusitaniens et enfin américains ainsi que dans la plupart des arènes de ces mêmes lieux.

Il s’est occupé da la carrière comme représentant en France du torero Jose Carlos Venegas de Beas de Segura ( Jaen ).

Michel, mon ami, tu nous quittes bien trop tôt et tu laisseras un grand vide. Tu rayonnais de et par ta présence sur les êtres que tu côtoyais. Ta vie peut être citée en exemple. Je pense notamment à la force morale qu’il t’a fallu pour te battre contre les insidieuses récidives de cette terrible maladie qui t’a finalement emporté. Cette qualité te permettait notamment d'apporter aux autres. Certains, atteints également, purent puiser de la vigueur dans leur relation avec toi. Cette résilience forçait la reconnaissance. Mais Michel avait bien entendu de nombreuses autres qualités qui suscitaient l'admiration de ses pairs et bien entendu de ses proches. Je pense notamment, entre autres, à l’amitié.

Dans ce train qui t’emporte vers le terminus, il y a plein de wagons contenant des pensées, des fleurs, de nobles actions, ainsi que des rires, des joies, de ta bonne humeur et de ta gentillesse que nous garderons toujours au fond de notre cœur.

Bernard Arsicaud

2. juil., 2019

 

 

Lors des corridas espagnoles dites formelles, le nombre de toros combattus est généralement de six.

Il est très rare en Espagne ou en France que les taureaux de remplacement soient utilisés sauf en cas de défaillance notoire de tel ou tel autre animal.

En revanche, au Mexique, quand la corrida, c’est-à-dire les six toros n’ont pas parmi à tel ou tel des matadors engagés de briller un tant soit peu avec leurs adversaires initiaux, il arrive que le torero se sentant désavantagé par le tirage au sort, demande à la présidence l’entrée d’un des toros de réserve, dit  « sobrero », et l’offre ainsi au public, en en payant le coût sur ses propres deniers.

C’est donc une pratique relativement fréquente au Mexique et il m’est ainsi arrivé, à Mexico dans la plus grande arène du monde de voir sortir, après une corrida décevante de 6 toros les trois toros de remplacement offerts par les trois toreros déçus de leurs adversaires, la soirée se transformant plus ou moins en triomphe, une heure et demi après l’heure prévue pour l’issue de la corrida.

Ce ne fut pas le cas l’autre dimanche à Istres pour la première corrida mexicaine, dite « charra », avec trois matadors de premier plan : El Juli, Sebastien Castella (je persiste à lui donner son nom français) et Luis David Adame.

Un espagnol, un français et un mexicain. L’espagnol et le français étant , faut- il le rappeler des figuras de premier plan au Mexique.

 

Le lot de toros était de Victoriano del Rio, bien fait, raisonnablement armé, avec plus de carrosserie que de moteur mais on sut très vite que les matadors étaient venus pour mettre en valeur hommes et bêtes.

Le plus vieux dans l’alternative, Julian Lopez el Juli dont le public français se lasse de sa manière de tuer désormais avec ce saut de côté au moment de l’estocade (le « julipié ») entama avec sérieux et un métier incontestable le premier toro. Juli la science tira le maximum de ce cornu et l’estoqua  moins malhonnêtement qu’on n’aurait pu le craindre, à la vitesse grand V et avec une rage de jeune homme.

Deux oreilles.

A son second taureau Julian retrouva son mauvais penchant et tua vilainement… ce qui ne l’empêcha pas d’obtenir l’oreille d’un public bien disposé…

Une oreille.

Passant en second, Sébastien Castella obtint une belle ovation pour son premier dont il n’y avait pas grand-chose à tirer, et encore moins à son second où le silence fut le seul commentaire possible pour un toro qui ne montra ni caste ni bravoure.

Vint donc le tour de Luis David Adame.

Avec hargne et un courage indéniable le torero d’Aguascalientes montra au public français les facettes de sa mexicanité à la cape, força ses deux toros à entrer dans sa muleta, fit la démonstration réconfortante de sa grande forme et d’une volonté de triompher qui gagna le cœur du public.

Deux oreilles et une oreille.

 

Ainsi donc les choses allaient- elles en rester là ?

Dans une corrida « espagnole » sans doute.

Dans une corrida « mexicaine, charra » le matador déçu par ses toros peut demander au président, avant la fin de la faena précédente, d’accepter qu’il offre un toro de réserve.

Ce qui fut fait.

Revoyez le scénario : jusque là les deux matadors Juli et Luis David ont coupé l’un et l’autre trois oreilles et vont donc sortir à hombros, en triomphe, tandis que Sébastien Castella est assuré de sortir à pied, penaud et déçu.

Sa demande une fois acceptée par le président, son but ne peut donc qu’être de rejoindre ses compagnons dans une sortie en triomphe qui ne peut se présenter qu’ainsi : Il doit couper au moins deux oreille à ce seul adversaire, ou pour les dépasser , il peut encore couper les oreilles et la queue, ou obtenir  l’indulto pour ce septième  toro.

 

J’étais au callejon à deux mètres à peine de Sébastien Castella quand le septième toro est entré.

Le matador depuis un moment était totalement concentré, mutique, il n’a dit que deux mots à Rafael Viotti son banderillero.

Je ne vous ferai pas le récit de cette faena d’un torero totalement introverti et prêt à tout pour un triomphe majeur.

Le toro fut remarquable, le torero en fit un grand toro, peu piqué certes mais un si grand toro qu’à la fin de la faena des cris d’« indulto » partirent du couloir.

Impassible et comme toujours voulant asséner la preuve de sa volonté de courir tous les risques, Sébastien Castella ne chercha pas le moins du monde  à échapper à son devoir de « matador », il prit l’épée, se plaça calmement et d’une estocade impeccable envoya le toro ad patres.

L’arène se couvrit de blanc et de clameurs, quel président aurait donc pu résister à autant de joie et de reconnaissance pour cette faena ?

La question est la suivante : comment se fait-il que, assez souvent, les toros sobreros lorsqu’ils sortent, alors qu’ils ont été écartés au moment du tirage au sort du matin, démontrent leurs qualités.

Les trop gros, les trop armés, les mal foutus, les antipathiques sont souvent de bons toros, avec un fond de caste, une noblesse insoupçonnable.

J’ai des souvenirs, à Leon au Mexique, à Aguascalientes, à Mexico, de sobreros refusés par les équipes des toreros qui se sont révélés fantastiques lorsque, de sobreros ils sont devenus tout à coup, et par quelle grâce particulière, quel coup du sort ? « Le » toro de la soirée.

Souvenir précisément d’un sobrero offert à Mexico par Sébastien Castella  et qui se montrait si bon si plein de classe et de noblesse que toute l’arène , quasi pleine ce soir- là (quarante-cinq mille spectateurs), se mit à hurler, « torero torero ! Indulto ! Indulto » !

A ces instants d’intensité émotionnelle formidable n’importe quelle figura aurait joué le jeu et poussé le toro dans ses derniers retranchements, en faisant de lui un jouet allant et venant dans les pieds ou autour du matador, pour le raccompagner tranquille vers le toril.

Sébastien Castella, ce jour-là encore voulut aller au bout de son contrat, être matador et non profiter de l’indulgence d’un public qui lui aurait ainsi évité le risque d’une estocade ratée.

Il tua net.

Sortirent du palco les deux oreilles et la queue.

Ajoutons que ce jour-là le maestro avait été sérieusement blessé deux toros avant, scrotum et sexe déchirés par un coup de corne.

Voilà aussi pourquoi je me pose deux questions: les sobreros cachent-ils si bien leur jeu que les équipes des toreros ne savent pas voir les trésors qu’il recèlent ?

Enfin pourquoi y a-t-il encore des gens pour donner des sobriquets à ce matador …

L’homme qui, vêtu de lumière la veille de Noël à Cali a eu le poumon transpercé, a tué cependant son toro et a gagné debout le bord de la piste avant de s’effondrer mérite-t-il qu’on l’appelle le Chérubin de Béziers ?

Ou alors s’agit-il plutôt de la part de notre ami aficionado qui utilise ce surnom d’un véritable hommage rendu à celui qui   est le torero archange par excellence : dominateur, lointain, comme descendu du ciel. Archange, oui ! pas chérubin.

Photo : Toril TV 

Jean François Nevière.

 

 

 

26. juin, 2019

FIGURES DE L'AME à Alejandro Talavante

 

 

 

 

Figures de l'âme

à Alejandro Talavante

 

Âme taurine

volutes rose et rouge

Je plonge dans vos plis malins

Sang, Sang, Sang noir et rouge

 

Le feu du fer

dans le cou me brise

Je grandis plus fier

Sang, Sang, Sang chaud et cerise

 

Les harpons en papier acier

s'accrochent

Je vais t'attraper

Sang, Sang, Sang froid et chiche

 

Voile écarlate

pour me tromper

Je veux bien jouer

Surprise, Surprise, Surprise apostate

 

Épée luisante

pour me tuer, je sais

Je meurs pour ton succès

Surprise, Surprise, Surprise séduisante

 

Là où je vais

Ils sont nombreux déjà là bas

Ils disent la force du combat

Surprise, Surprise, Surprise du Noir de Jais

 

Sur le chemin

J'ai parcouru des prairies

Fouler aussi des couloirs d'airain

Songe, Songe, Songe aux angaries

 

Je suis le Toro Roi

celui de ta Force et de tes Peurs

Je te regarde venir vers moi

Songe, Songe, Songe aux douleurs

 

La vie me quitte

Mes cornes au ciel

Je renaîtrais pour toi à chaque desquite

Songe, Songe, Songe à ce bel arc en ciel

 

La VIE....

 

Evelyne Lanfranchi Monleau

 

mardi 25 juin 2019, poème de Toromagie, recueil inédit

 

Apostate :Personne qui abandonne une doctrine, une opinion, un parti.

Angarie : obligation imposée par un Etat aux batiments etrangers de naviguer dans l'intéret de cet Etat. Elle est exercée, en temps de guerre, par l'un des belligérants sur un navire neutre, et donne droit à une indemnité. Contrainte contre nature.

Desquite : mot espagnol revanche, vengeance

 
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