24. mars, 2019

RESENA DE MONSIEUR TORERO 30 du blog TORORECUERDOS

Je n'ai rien à ajouter, tant je suis émue de lire une telle reseña. Si tout de même, je dirai à MONSIEUR CASAS pensez aux madrilènes qui aspirent aux émotions décrites ci-dessus ! Pensez à THOMAS JOUBERT !
 
merci à Bruno Lasnier et à Michel Volle pour leurs photos

  Evelyne Lanfranchi Monleau

23. mars, 2019

MAUDIT JAUNE

 

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MAUDIT JAUNE





Aucune crainte, je ne vais pas ni attaquer un fleuron, voire l’un des vaisseaux amiraux du groupe Pernod Ricard, ni le gilet jaune vêtement destiné à améliorer la visibilité des piétons en bordure de route ou sur les chantiers. Ses immenses qualités de sécurité, furent vantées par le grand couturier Karl Lagerfeld.

Mais essayer de répondre à une jeune aficionada qui me prenant pour un Pic de la Mirandole taurin (1) me posa la question suivante : « pourquoi la couleur jaune est ‘elle maudite en tauromachie ? »

Dans l’inconscient collectif, cette couleur est associée à la Mort, teinte des trépassés, couleur des cierges (cireux).

C’est également la coloration des maladies graves, hépatiques, pancréatiques : ictère (jaunisse).

C’est également la couleur de la trahison, du mari trompé.

Dans le cadre de la religion catholique, cette trahison, (même signification pour l’Islam) est représentée par la robe jaune de Judas lorsqu’il « vendit » Jésus.

En 1215, le concile de Latran imposa une rouelle (2) sur les vêtements des juifs pour les reconnaître, sinistre prémice de l’étoile de David de la shoah.

Benoît III, dernier pape d’Avignon appelait ses argentiers (banquiers) d’origine juive : les jaunes du Pape.

Un siècle auparavant, une autre sommité papale détermina cinq couleurs sacrées : blanc, noir, rouge, vert, violet. Le jaune étant exclu de cet arc en ciel religieux.

Il faut faire un distinguo avec la couleur or, la chair des dieux dans l’Égypte antique (métal très présent sur et dans les sarcophages).

C’est la couleur du soleil, de Dieu : on ne peut pas le regarder en face.st la richesse, la noblesse, la foi, la thérapeutique (aiguilles d’acupuncture et sels d’or)

C’est la couleur des armes de la Papauté, de la tiare du Pape, du costume du maestro, les vertus du Divin.

Le jaune, c’est la couleur du soufre, de l’incroyance, de la félonie, de la traîtrise, des vices, du Malin.

A ce stade, on comprend mieux la symbolique des couleurs dans le monde de la corrida étroitement mêlé à la religion catholique.

Mais le milieu taurin a plus d’un tour dans son sac pour qualifier le jaune « professionnel » : revers des capes, de certaines muletas, voire des costumes.

Vieil or (oro viejo), champagne (champaña), canari ( canario), gualda (la plante reseda).

Pour les pelages de toros, cela se décline en melocoton (pêche), albahino (blanc jauni), jabonero (couleur savon jaunâtre).

Pour les élevages, certains « annoncent la couleur » au niveau de leur devise :

  • Victoriano del Rio : negro amarillo

  • Parladé : amarillo

D’autres contournent la difficulté

  • Fraile : azul y caña (paille)

  • Torrestrella : azul y oro

Bien sur les toreros n’échappent à la jaunophobie, mais certains pour l’exorciser ont porté des costumes jaunes : Luis Miguel Dominguin, Curro Romero, Palomo Linares.

Les toreros gitans en général et J M Manzanares (père) l’arborent.

Le malicieux Luis Francisco Espla lors d’un mano en mano avec le maestro précité fit le paseo vêtu de jaune et noir !

Jesulin de Ubrique se vêtit d’un costume jaune lors de la fameuse corrida des femmes à Aranjuez en 1994 où le public était 100% féminin…

Il le fit également pour le 150 ième anniversaire des arènes de Zafra lors d’un duo avec Espartaco (photo)

Voilà Élodie, quelques éléments de réflexion pour répondre à ta question « pourquoi le jaune est maudit en tauromachie ? » et comme tu es arlésienne tu n’ignores pas que la devise de la ville est « bleu céleste et or ».

 

 

Je brinde ce texte à mes compagnons d'infortune de Rodilhan (27/10/2013). Nous fêtons le troisième anniversaire du verdict, plus que deux ans et les sursis tombent... l'empreinte de notre ADN reste elle en données dans le fichier européen pour encore 96 ans.

Patience !

Vu le déferlement de violence, que connaît notre pays depuis dix huit semaines, l’algarade de Rodilhan, que j'avais qualifiée de bousculade rabelaisienne est devenue une bourrade de cours de maternelle.

Les voies de la Justice sont -elles aussi impénétrables ?

 

Jacques Lanfranchi « El Kallista »

(8 mois avec sursis)

Samedi 23 mars 2019



(1)Pic de la Mirandole : philosophe et théologien du 15ieme, polyglotte ( grec, latin, hébreu, arabe, araméen) et synonyme de connaissance universelle

(2) rouelle : insigne de tissu rond de couleur jaune



Bibliographie :

Histoire et symbolisme des couleurs : JP Blanques mars 1997

In Toros 1927.1929

23. mars, 2019

JEAN MARIE MAGNAN et THOMAS JOUBERT : Un regard

 

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JEAN MARIE MAGNAN et THOMAS JOUBERT : un regard ...

 

Aujourd'hui dans la quotidien "La Provence" page Aficion parait un texte qui dés les premières notes a fait monter en moi une vague d'émotion similaire à celle que j'éprouve quand je vois et je revois THOMAS JOUBERT en piste.

Je ne sais pas si Monsieur Magnan a mis ce texte sur internet, dans un blog, un site ? Ce que je sais c'est que j'ai envie de vous faire partager ces mots et la magie qu'ils transmettent. Je vais donc taper l'intégralité sans pouvoir faire de copier coller, comme avant, quand Thomas Joubert était un petit enfant.

On y va :

" A ceux qu'il fait rêver"

" Droit, calme, reins creusés, mollets durcis, Thomas Joubert mène sa carrière à part, de façon marginale, colonne d'or autour de quoi le fauve s'enroule, on jurerait sur les revers du boléro.

Son art d'ornementiste dessine de légères arabesques, ciselures délicates et très fins paraphes, d'une domination jolie. Parce qu'avec lui l'imagination est au pouvoir, on se félicite de ce chic et de cette mesure qui le caractérisent durant ces trop rares prestations.

Avec des bêtes de bonne noblesse, la faena peut être de réconciliation, dégagée des poncifs et de la mécanisation du style par une personnalité sans entrave et, lorsque tout va à sa convenance, d'une intelligence des contacts aussi déliée que le jeu de poignet et la flexibilité de ceinture, poitrine exposée. Constatez comme ses trincheras, firmas, kirikiri, jaillissent dans le prolongement des passes fondamentales, rénovées par une sensibilité exacte du geste et réveillant les forces de la surprise.

Sans affectation de lenteur ni langueur excessive, quand le progressif glissement des leurres conserve le tempo, toute une poésie, qu'on ne saurait prendre en défaut dans l'entente, repose sur la juste appréciation de la place à occuper (sitio), sur la précision de l'appel de l'étoffe (toque) et la pulsation du rythme (temple).

Bien que Thomas Joubert soit loin de pulvériser les records, il y a du génie plastique, du duende bâtisseur du dédale de Crête et de ses surprenantes architectures dans son affaire. Doit'on lui demander davantage que de remplir un à un ses contrats bien gagnés et si espacés dans notre seule région? Alors que son moral ne fléchit pas, on appréhende que fasse défaut dans sa main de velours, le gant de fer des jours sans, qui l'attendent s'il fait carrière.

D'une qualité exceptionnelle, certains fauves ne pèsent ni ne posent et n'exigent que du sentiment pour parfaire l'accord. D'autres réclament un caractère plus dominateur, une technique plus avertie, une prise de conscience immédiate des défauts à corriger, des difficultés à résoudre, l'acquisition d'un métier sans faille.

Ne pas oublier que pour sa présentation de novillero à Madrid, Thomas JOubert coupa une oreille à son premier opposant (1), il y a pas mal de temps ! Puisse t'il rafraichir nos mémoires! Et, le cas échéant, la capitale le recouronnerait."

 

Jean Marie Magnan

samedi 17 juin 2017 La Provence

(1) note de Toros y Cactus l'oreille fut coupée à son deuxième novillo, après avoir été bléssé dés l'entame au capote quand il attendait le novillo au centre de la piste, dos au toril (revoir les photos et le reportage ce site )

http://www.torosycactus.com/albums/tomasito_madrid_26_juillet_2009/index.html

 

Rendez vous sur les gradins d'Istres Vendredi 23 juin !

Evelyne Lanfranchi Monleau

22. mars, 2019

La revue Toros, dans son numéro 2091 paru récemment parle de nous !

"Lancée au début de l’été 1925, sous le titre Biòu y toros, dirigée par la Nîmoise Marcelle Cantier “Miqueleta”, puis reprise par son fils Francis “Paquito” à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la publication, avec respectivement Pierre Dupuy à la barre pendant un demi-siècle, Joël Bartolotti et enfin Francis Fabre depuis la fin 2013, est un exemple et une référence. En matière de sérieux, d’exigence, de compétences.
Pour plusieurs générations d’aficionados, Toros constitue une “Bible”, avec des signatures prestigieuses et des textes dont la variété, l’érudition, l’éthique, la recherche et la précision font la richesse de tous les sommaires, avec les articles réguliers relatifs à l’actualité." Roland Masabuau.
Et bien, cette prestigieuse revue, qui compte donc parmi les plus anciennes vient de faire paraître un article sur la prestation de notre association à Fonvieille et notamment sur notre revue ainsi que la création du concours des « Jeunes Plumes ». Ce faisant Francis Fabre décrit en quelques lignes notre histoire, ponctuée de nos voyages utiles à découvrir la tauromachie des « Amériques ».

19. mars, 2019

CASTE ET PYROTECHNIE Brindis à René Chavanieu

 

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Caste et Pyrotechnie

en hommage à René Chavanieu



Tout aficionado qui se respecte, sait que la caste voire la race d’un toro, se juge sur deux qualités précises : la bravoure et la noblesse.

Bien sur, on peut ajouter d’autres paramètres, qui pourront se révéler, innombrables, voire subjectifs surtout dans les grilles de cotation de certaines corridas concours qui tendent à devenir de véritables pensums.

L’agressivité du toro de combat a un aspect génétique indiscutable, la bravoure ou instinct offensif en découle, mais elle est également le fruit de la sélection opérée par l’éleveur.

D’une manière un peu empirique, la bravoure est classée en plusieurs stades (par ordre croissant de qualité) : Bravucon, Bravito, Brave, de Bandera.

L’antithèse de la bravoure est la mansédumbre dont le classement vers le pire est : Mansuron, Mansote, Manso Perdido (voire Morucho de demi-caste).

Pour les travaux pratiques, lors de la tienta ou lors des spectacles publics, c’est l’épreuve de la pique qui va permettre de juger cette fameuse qualité du taureau.

En spectacle formel, le toro manso perdido refusant le premier tiers était puni par l’utilisation des chiens (perros de presa) qui le mordaient et l’excitaient pour lui redonner l’instinct du combat (Gravure de Goya, la Lidia ).

Ce châtiment fut remplacé en 1849 par les banderilles de feu.

Ce matériel de punition fut inventé en 1797 par Jose Ruiz Caleso « El Calesero » qui les posa le premier à cheval à Aranjuez, elles étaient munies à l’époque d’un double harpon pour ne pas tomber.

 

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Ce procédé pyrotechnique (photo 2 et 3) était d’un emploi compliqué pour le banderillero. Il fallait allumer un tampon d’amadou qui mettait à feu plusieurs pétards après la pose des banderilles (ceci explique peut être la grande mode du cigare dans le callejon ?).

D’un effet déplorable sur le public : bruit, fumée, odeur de cuir brulé) (photo 1 ), d’un effet nul sur le taureau, d’un effet total sur la devise qui pouvait se consumer.

Les reseñas de corrida de l’époque étaient très laconique, du style : 6 mansos dont 3 fogueados (brûlés).

En mai 1950, ces engins pétaradants et détonants furent remplacés par les banderilles noires avec un liston blanc, dites viudas (veuves), avivadores (stimulantes).

Ces banderilles sont posées après l’apparition du mouchoir rouge, à la présidence, elles ont un harpon plus long (6,1 cm) à défaut de traiter la mansédumbre, elles célèbrent le deuil de la bravoure.

Il est une appellation depuis quelques années (non AOC) concernant le toro dit « manso con casta ». Une forme d’élucubration pour un toro sans bravoure, mais avec de la noblesse, c'est-à-dire ?

C’est un peu comme certains palmarès de fin d’année, par exemple comme celui des critiques taurins du Sud Est 2012. On ne décerne pas le prix, mais il n’est pas desierto, avec l’accord d’un accessit à quelqu’un qui peut le mériter (prix de la meilleure novillada).

Messieurs du jury, il semble que vous ne connaissiez pas le mode d’emploi : en effet, c’est quand un prix est décerné, que l’on récompense ceux qui auraient pu l’obtenir, par un premier accessit, voire deux ou trois.

Le français est toujours complexe dans ses jugements taurins, surtout quand il concerne ses compatriotes – un problème de caste ?

 

Je brinde ce texte de Novembre 2012 à Monsieur René Chavanieu dit "Chacha", grand aficionado a los toros, aujourd'hui devant l'éternel.

René, Merci pour ton Aficion militante

Abrazo du voisin de tendido à Ceret.

 

Jacques Lanfranchi "El Kallista"