11. juil., 2019
9. juil., 2019

Michel Benito, notre ami, membre éminent de Mexico Aztecas y Toros a été emporté, vendredi 5 juillet, par la maladie qui le rongeait depuis trop longtemps.

S’il était possible de résumer en quelques termes la vie de Michel, les vocables suivants viendraient immédiatement à l’esprit : amitié, sincérité, engagement, intégrité, authenticité, générosité …..

Il effectue sa carrière dans l’éducation nationale en tant que « Professeur des écoles », appellation nouvelle et pompeuse qu’il ne devait pas apprécier lui préférant celle ancienne « d’instituteur ». Le connaissant, de multiples élèves ont dû garder de lui l’image  désuète du bon instituteur à l’ancienne.

Les passions de Michel l’ont conduit tant sur les rives des cours d’eau et lacs divers de France et d’Espagne à la recherche du poisson de record, que dans les arènes de France, d’Espagne et des Amériques en quête  du souffle de Dieu qui permet la faena que tout aficionado devrait connaître une fois dans sa  vie.

Président du Barbillon caudrotais, après cinquante ans au bureau, succédant à son père, Maurice, il fut également Administrateur de la Fédération de pêche de la Gironde.

Son autre grande passion, était la tauromachie.

Michel a été l'instituteur du torero "El Yiyo", Jose Cubero Sanchez, au sein du groupe scolaire Cazemajor à Bordeaux. Cet établissement a été celui ou la grosse majorité de l’immigration espagnole bordelaise de la « Retirada », a étudié.

Sa compagne, Catherine est la petite fille de Rolland Portalier, ganadero de vaches de course landaise, qui, avec Mr Dubec, furent les fondateurs de la ganaderia « Côte d’Argent ». Maire de Parentis en Born de 1919 à 1944, grand aficionado à los toros, les arènes de la ville portent son nom.

Ces dispositions ont conditionné la grande aficion de notre ami, le faisant voyager vers la plupart des campos français, espagnols, lusitaniens et enfin américains ainsi que dans la plupart des arènes de ces mêmes lieux.

Il s’est occupé da la carrière comme représentant en France du torero Jose Carlos Venegas de Beas de Segura ( Jaen ).

Michel, mon ami, tu nous quittes bien trop tôt et tu laisseras un grand vide. Tu rayonnais de et par ta présence sur les êtres que tu côtoyais. Ta vie peut être citée en exemple. Je pense notamment à la force morale qu’il t’a fallu pour te battre contre les insidieuses récidives de cette terrible maladie qui t’a finalement emporté. Cette qualité te permettait notamment d'apporter aux autres. Certains, atteints également, purent puiser de la vigueur dans leur relation avec toi. Cette résilience forçait la reconnaissance. Mais Michel avait bien entendu de nombreuses autres qualités qui suscitaient l'admiration de ses pairs et bien entendu de ses proches. Je pense notamment, entre autres, à l’amitié.

Dans ce train qui t’emporte vers le terminus, il y a plein de wagons contenant des pensées, des fleurs, de nobles actions, ainsi que des rires, des joies, de ta bonne humeur et de ta gentillesse que nous garderons toujours au fond de notre cœur.

Bernard Arsicaud

2. juil., 2019

 

 

Lors des corridas espagnoles dites formelles, le nombre de toros combattus est généralement de six.

Il est très rare en Espagne ou en France que les taureaux de remplacement soient utilisés sauf en cas de défaillance notoire de tel ou tel autre animal.

En revanche, au Mexique, quand la corrida, c’est-à-dire les six toros n’ont pas parmi à tel ou tel des matadors engagés de briller un tant soit peu avec leurs adversaires initiaux, il arrive que le torero se sentant désavantagé par le tirage au sort, demande à la présidence l’entrée d’un des toros de réserve, dit  « sobrero », et l’offre ainsi au public, en en payant le coût sur ses propres deniers.

C’est donc une pratique relativement fréquente au Mexique et il m’est ainsi arrivé, à Mexico dans la plus grande arène du monde de voir sortir, après une corrida décevante de 6 toros les trois toros de remplacement offerts par les trois toreros déçus de leurs adversaires, la soirée se transformant plus ou moins en triomphe, une heure et demi après l’heure prévue pour l’issue de la corrida.

Ce ne fut pas le cas l’autre dimanche à Istres pour la première corrida mexicaine, dite « charra », avec trois matadors de premier plan : El Juli, Sebastien Castella (je persiste à lui donner son nom français) et Luis David Adame.

Un espagnol, un français et un mexicain. L’espagnol et le français étant , faut- il le rappeler des figuras de premier plan au Mexique.

 

Le lot de toros était de Victoriano del Rio, bien fait, raisonnablement armé, avec plus de carrosserie que de moteur mais on sut très vite que les matadors étaient venus pour mettre en valeur hommes et bêtes.

Le plus vieux dans l’alternative, Julian Lopez el Juli dont le public français se lasse de sa manière de tuer désormais avec ce saut de côté au moment de l’estocade (le « julipié ») entama avec sérieux et un métier incontestable le premier toro. Juli la science tira le maximum de ce cornu et l’estoqua  moins malhonnêtement qu’on n’aurait pu le craindre, à la vitesse grand V et avec une rage de jeune homme.

Deux oreilles.

A son second taureau Julian retrouva son mauvais penchant et tua vilainement… ce qui ne l’empêcha pas d’obtenir l’oreille d’un public bien disposé…

Une oreille.

Passant en second, Sébastien Castella obtint une belle ovation pour son premier dont il n’y avait pas grand-chose à tirer, et encore moins à son second où le silence fut le seul commentaire possible pour un toro qui ne montra ni caste ni bravoure.

Vint donc le tour de Luis David Adame.

Avec hargne et un courage indéniable le torero d’Aguascalientes montra au public français les facettes de sa mexicanité à la cape, força ses deux toros à entrer dans sa muleta, fit la démonstration réconfortante de sa grande forme et d’une volonté de triompher qui gagna le cœur du public.

Deux oreilles et une oreille.

 

Ainsi donc les choses allaient- elles en rester là ?

Dans une corrida « espagnole » sans doute.

Dans une corrida « mexicaine, charra » le matador déçu par ses toros peut demander au président, avant la fin de la faena précédente, d’accepter qu’il offre un toro de réserve.

Ce qui fut fait.

Revoyez le scénario : jusque là les deux matadors Juli et Luis David ont coupé l’un et l’autre trois oreilles et vont donc sortir à hombros, en triomphe, tandis que Sébastien Castella est assuré de sortir à pied, penaud et déçu.

Sa demande une fois acceptée par le président, son but ne peut donc qu’être de rejoindre ses compagnons dans une sortie en triomphe qui ne peut se présenter qu’ainsi : Il doit couper au moins deux oreille à ce seul adversaire, ou pour les dépasser , il peut encore couper les oreilles et la queue, ou obtenir  l’indulto pour ce septième  toro.

 

J’étais au callejon à deux mètres à peine de Sébastien Castella quand le septième toro est entré.

Le matador depuis un moment était totalement concentré, mutique, il n’a dit que deux mots à Rafael Viotti son banderillero.

Je ne vous ferai pas le récit de cette faena d’un torero totalement introverti et prêt à tout pour un triomphe majeur.

Le toro fut remarquable, le torero en fit un grand toro, peu piqué certes mais un si grand toro qu’à la fin de la faena des cris d’« indulto » partirent du couloir.

Impassible et comme toujours voulant asséner la preuve de sa volonté de courir tous les risques, Sébastien Castella ne chercha pas le moins du monde  à échapper à son devoir de « matador », il prit l’épée, se plaça calmement et d’une estocade impeccable envoya le toro ad patres.

L’arène se couvrit de blanc et de clameurs, quel président aurait donc pu résister à autant de joie et de reconnaissance pour cette faena ?

La question est la suivante : comment se fait-il que, assez souvent, les toros sobreros lorsqu’ils sortent, alors qu’ils ont été écartés au moment du tirage au sort du matin, démontrent leurs qualités.

Les trop gros, les trop armés, les mal foutus, les antipathiques sont souvent de bons toros, avec un fond de caste, une noblesse insoupçonnable.

J’ai des souvenirs, à Leon au Mexique, à Aguascalientes, à Mexico, de sobreros refusés par les équipes des toreros qui se sont révélés fantastiques lorsque, de sobreros ils sont devenus tout à coup, et par quelle grâce particulière, quel coup du sort ? « Le » toro de la soirée.

Souvenir précisément d’un sobrero offert à Mexico par Sébastien Castella  et qui se montrait si bon si plein de classe et de noblesse que toute l’arène , quasi pleine ce soir- là (quarante-cinq mille spectateurs), se mit à hurler, « torero torero ! Indulto ! Indulto » !

A ces instants d’intensité émotionnelle formidable n’importe quelle figura aurait joué le jeu et poussé le toro dans ses derniers retranchements, en faisant de lui un jouet allant et venant dans les pieds ou autour du matador, pour le raccompagner tranquille vers le toril.

Sébastien Castella, ce jour-là encore voulut aller au bout de son contrat, être matador et non profiter de l’indulgence d’un public qui lui aurait ainsi évité le risque d’une estocade ratée.

Il tua net.

Sortirent du palco les deux oreilles et la queue.

Ajoutons que ce jour-là le maestro avait été sérieusement blessé deux toros avant, scrotum et sexe déchirés par un coup de corne.

Voilà aussi pourquoi je me pose deux questions: les sobreros cachent-ils si bien leur jeu que les équipes des toreros ne savent pas voir les trésors qu’il recèlent ?

Enfin pourquoi y a-t-il encore des gens pour donner des sobriquets à ce matador …

L’homme qui, vêtu de lumière la veille de Noël à Cali a eu le poumon transpercé, a tué cependant son toro et a gagné debout le bord de la piste avant de s’effondrer mérite-t-il qu’on l’appelle le Chérubin de Béziers ?

Ou alors s’agit-il plutôt de la part de notre ami aficionado qui utilise ce surnom d’un véritable hommage rendu à celui qui   est le torero archange par excellence : dominateur, lointain, comme descendu du ciel. Archange, oui ! pas chérubin.

Photo : Toril TV 

Jean François Nevière.

 

 

 

26. juin, 2019

FIGURES DE L'AME à Alejandro Talavante

 

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Figures de l'âme

à Alejandro Talavante

 

Âme taurine

volutes rose et rouge

Je plonge dans vos plis malins

Sang, Sang, Sang noir et rouge

 

Le feu du fer

dans le cou me brise

Je grandis plus fier

Sang, Sang, Sang chaud et cerise

 

Les harpons en papier acier

s'accrochent

Je vais t'attraper

Sang, Sang, Sang froid et chiche

 

Voile écarlate

pour me tromper

Je veux bien jouer

Surprise, Surprise, Surprise apostate

 

Épée luisante

pour me tuer, je sais

Je meurs pour ton succès

Surprise, Surprise, Surprise séduisante

 

Là où je vais

Ils sont nombreux déjà là bas

Ils disent la force du combat

Surprise, Surprise, Surprise du Noir de Jais

 

Sur le chemin

J'ai parcouru des prairies

Fouler aussi des couloirs d'airain

Songe, Songe, Songe aux angaries

 

Je suis le Toro Roi

celui de ta Force et de tes Peurs

Je te regarde venir vers moi

Songe, Songe, Songe aux douleurs

 

La vie me quitte

Mes cornes au ciel

Je renaîtrais pour toi à chaque desquite

Songe, Songe, Songe à ce bel arc en ciel

 

La VIE....

 

Evelyne Lanfranchi Monleau

 

mardi 25 juin 2019, poème de Toromagie, recueil inédit

 

Apostate :Personne qui abandonne une doctrine, une opinion, un parti.

Angarie : obligation imposée par un Etat aux batiments etrangers de naviguer dans l'intéret de cet Etat. Elle est exercée, en temps de guerre, par l'un des belligérants sur un navire neutre, et donne droit à une indemnité. Contrainte contre nature.

Desquite : mot espagnol revanche, vengeance

 
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25. juin, 2019
25 juin 2019

 

priaulet (2)

 

Istres, 

de gauche à droite : Maurice Priaulet, Alexandre Perrin, Jean Pierre Eyraud et Stéphane Nastro

 

LES ACTEURS DE L'OMBRE

 

 

Lorsque l'aficionado a los toros « lambda » s'assoit sur son tendido en attendant le paseo, il ne soupçonne pas toutes les tâches nécessaires à réaliser avant le défilé des cuadrillas.

Sans parler des professionnels du ruedo : éleveurs, mayoralestorerosempresa, seulement le travail de ces petites mains, ces invisibles, ces acteurs de l'ombre : torilero, garçons de piste, personnel des arènes, le vétérinaire de plaza,

Le Docteur Maurice Priaulet a exercé de longues années à Saint Martin de Crau, en tant que praticien libéral.

Au-delà des patients quotidiens, il s'était spécialisé dans l’équin, le bovin et bien sûr le ganado bravo (prophylaxie, alimentation).

Il avait fait ses classes chez François André, au Mas de l’Île, non loin de son village natal : Maussane où il était impliqué dans les traditions telles que la « carreto ramado ».

Il avait été un des pionniers en France de l'insémination artificielle sur la race brave.

Avec André Chantefort, biologiste, Philippe De Lapeyre « El San Gilen », pacificateur de bétail, les résultats avaient été supérieurs aux confrères espagnols !!

L'expérience s'était réalisée chez les frères Granier Alain et Gérard à Farinon, sur du bétail Martin Peñato. J'avais eu la chance de faire partie des peones actifs à l'époque (début des années 1990).

Vétérinaire sanitaire des arènes de Saint Martin de Crau, il exercera ce titre avec les arènes d' Istres pendant deux décades.

Dimanche dernier pour la novillada des frères Jalabert, j'ai visité les corrales de la Plaza : brumisateur, extracteur d'air, circulation des bêtes dans les corrales …

Tout était au top, même si quelques détails ( Maurice était perfectionniste) devaient être affinés cet hiver avec son compadre de toujours : Jean Pierre Eyraud.

On n'entendra plus Maurice Priaulet annonçait « Trompette, porte ouverte », pour donner le timing dans la pose des devises, et l'ouverture du chiquero à JP.

 

Cette voix s'est éteinte le 24 juin 2019 dans son Mas Merigot qu'il aimait tant !

 

Vaya con Dios Maurice.

 

 

mardi 25 juin 2019

Jacques Lanfranchi « El Kallista »