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8. févr., 2019

Espagne 192, PODEMOS 46.

Le match s’est déroulé hier(06/02/2019 ) au Sénat espagnol. 
L’Espagne par la voix des sénateurs des deux tendances majeures du pays, Parti Populaire et Socialistes a confirmé qu’elle reste fidèle à sa culture et à ses traditions tandis que les trotskystes de Podemos s’y sont opposés. 
Malgré tout ce que les bien pensants de tous bords peuvent clamer, l’Espagne sait où elle en est avec ce qui la constitue. La PIEL de TORO ( image de sa géographie) reste profondément attachée à la culture de la corrida et que cela continue !
C’est notre souhait le plus cher en ces temps de délitement politique et social.
Viva la fiesta brava !
JFN

23. janv., 2019

 

Partout, depuis quelques années, dans tous les ruedos, sur tous les continents, la mode est à l’indulto ( grâce du toro).

Imaginons un monde ou tout un chacun serait détenteur de la légion d’honneur, des palmes académiques, du mérite, du disque de platine, des prix littéraires, des nobels,  que sais-je encore, bref des différentes récompenses utiles à gratifier un travail, reconnaître un talent, procurer une reconnaissance d’auditeurs, d’une congrégation, d’une nation, à un personnage, acteur, artiste etc…

Il est inutile de développer plus les récompenses et j’ai volontairement choisi des domaines plus victimes d’une certaine inflation toxique que d’autres, mais la liste n’est pas exhaustive….loin s’en faut !

Ces récompenses deviendraient un dû, en quelques sortes…. Quelle monotonie, quel triste appauvrissement de la discipline considérée en découlerait !

Evidemment il faut raison garder et comparer un prix littéraire, la rouge ou la bleue ou encore plus  un nobel à une grâce de taureau est un peu exagéré et semble même pour le moins fantaisiste, j’en conviens tout à fait. Ce matin, je n’ai trouvé que cela pour tenter d’être explicite pour le plus grand nombre ( mais votre esprit fécond saura trouver mieux et plus ciblé… je dis cela pour les incorrigibles grincheux, fâcheux, etc), disons afin de sortir du seul réseau habituel des aficionados car le public actuel présente un fort pourcentage de « curieux qui ont vu la lumière et qui sont rentrés mais qui sont les bienvenus», et, si la dérive se perpétue iront voir ailleurs. Pour le moins, ils ne pourront plus trouver ce qui a fait que les aficionados d’antan développaient une passion pour ce si particulier moment (je n’aime pas parler de la corrida comme d’un spectacle car la faucheuse plâne toutes les secondes depuis le paseillo jusqu’au défilé final).

Vous l’avez deviné je veux parler de la grâce du toro, l’indulto dans la langue de Cervantes.

Il est fondamental, pour notre devenir que l’indulto reste l’exception, pour les taureaux, pour les éleveurs ( ganaderos) pour le bon sens et la logique et surtout pour la survie de notre passion

 Je m’appuie sur un document joint rédigé par Roger Merlin, à l’intention des médias tauromaches, relayé par Hugues Bousquet de Lo Taure Roge dans lequel R. Merlin souligne l’aberration de la grâce à tout va. Oui cher Roger Merlin, ce véritable cri d’alarme est absolument justifié et pas assez développé par les revisteros.   

Cette grâce doit absolument être exceptionnelle. Elle représente une gratification pour les acteurs de la lidia ( combat ) - en fait les toreros ayant œuvré – car ils ont détecté le potentiel du taureau, l’ont exploité dans l’intérêt intelligent et noble d’un combat chevaleresque ( c'est-à-dire ne terminant pas devant un impotent, malmené par eux, toute la faéna de muleta durant, mais disposant de l’ensemble de ses capacités physiques ). Mais surtout, elle correspond à une réelle gratification pour l’éleveur qui, cinq années durant, avec une très lourde tâche de génétique, d’alimentation, de prophylaxie, a mis tout en œuvre pour ce grand bonheur qui consiste à récupérer un taureau ayant pu démontrer toutes ses capacités, analysées et admises par ses pairs. Il terminera sa vie dans son environnement natal, au milieu de ses semblables en œuvrant pour la reproduction de la manade. La noblesse du matador elle, est jugée sur ses capacités à travailler à l’aide de sa technique ( toreria ) non pas de façon égoïste en impactant les capacités de son adversaire ! Car à vaincre sans péril on triomphe sans gloire !  Un grand matador est celui qui reste longtemps au firmament en respectant tous ces canons et non pas celui qui a grâcié le plus grand nombre de taureaux.

Tous les moments de la course sont ponctués par des récompenses codifiées pour les différents acteurs,  je cite en vrac : applaudissements ou broncas, salut aux planches, au tiers, vueltas ( tour ce piste), oreilles, queues, pattes pour les toreros; arrastre lent, vuelta al ruedo ( tour de piste de l’arrastre - mules et taureau mort tracté -) et enfin nous y voilà: la grâce ( indulto ) pour le taureau. Utilisons les de manière plus pondérée !

Bernard ARSICAUD

19. janv., 2019

El Juli de la ligne droite au contournement.

S’il est un maestro qu’on a aimé, adulé, admiré dès son plus jeune âge c’est bien Julian Lopez EL Juli.

Il faut regarder très en arrière, dans les années 99 à 2003 l’enthousiasme qu’il déclenchait dans toutes les arènes du monde, son courage, sa technique déjà accomplie, sa détermination à tirer d’un animal sans bravoure ni fond tout ce qu’il était possible d’en extraire. Se souvenir de ces toros qui s’arrêtaient a demi passe, a hauteur d’homme, capables alors sur un léger coup de tête de transpercer le matador : Juli, « el niño », comme il détestait qu’on l’appelle, ne bougeait pas d’un millimètre, talons serrés, et toquait le bicho avec insistance, du tissu et de la voix, pour le faire passer entièrement.

En France, les aficionados ou ceux qui se pensent aficionados, rechignent toujours et manifestent leur désaccord devant les « desplantes » en fin de faena pour signifier au toro comme au public que le torero domine totalement l’animal. Se souvenir de Roberto Dominguez ouvrant son gilet face aux cornes et disant au toro : vas -y maintenant, tue moi !Ce n’est qu’une remarque en passant, mais quand un Paco Ureña, après avoir reçu deux coups de cornes, continue sa faena et défie le toro les yeux dans les yeux, il est insupportable d’entendre la petite foule des « connaisseurs » huer le matador. Et le Juli lui-même blessé, bousculé se plantant ( desplante..), rageur devant le toro, il n’était pas rare d’entendre des murmures désapprobateurs. Bêtise des publics qui se croient trop savants et jugent la démonstration du courage comme une vulgarité

Mais revenons à nos années Juli.

Il n’a échappé à personne qu’il a fait l’objet, ces dernières années, d’un désamour assez profond, lié à un certain manque d’engagement, allant jusqu’à déplaire au public le plus acquis à sa cause, celui de Mont de Marsan, par exemple.

Et cela ne suffit pas : d’une technique et d’une toreria sans faille, le Juli nous a tous excessivement agacés, avec ses estocades biscornues; fondées sur la rapidité et le contournement : « je me place face au toro, fais mine de basculer entre les cornes mais je vais si vite pour m’échapper que l’épée rentre dans le rincon au moment où je suis totalement hors de danger, déjà à hauteur du train arrière !! » Voilà à peu de chose près ce que pourrait signifier la manière dont le Juli tue désormais ses adversaires.

Or, que pouvait-on voir et lire, sous la plume de Jacques Durand, à propos des estocades du même Juli ?

Avec deux Jandilla à Séville en 1999 : « …El Juli…est retourné vers Ostrero, l’a dominé à nouveau en deux passes, l’a estoqué d’un coup d’épée sincère, avec cette rectitude que donnent les rages froides. »

Et encore plus avec des Victorinos à Bilbao en 2002, le même J. Durand écrit : « à Jaquetoncillo de Victorino Martin, el Juli doit le toquer à l’intérieur même de la passe et le solliciter plusieurs fois pour qu’il aille jusqu’au bout. Il le torée patiemment avec du temple et le tue comme il le fera pour tous ses toros : d’un grand coup d’épée porté en toute rectitude en s’abattant rageusement entre les cornes ».

Voilà, tout est dit. Entre 1999 et 2003 le grand Julian Lopez el Juli toréait « totalement ».

Aujourd’hui on aurait du mal à trouver une belle estocade au cours des cent derniers contrats que le matador a signés, signature qui ne dit pas comment tuer honnêtement, mais quand même, quand même….

Photo : Muriel Opinionytoros.com

J François Nevière.

 

1. juil., 2018

 

La vie fait les femmes et les femmes font la vie…la piste des femmes me semble privilégiée pour entrer dans le monde des toros.



Historiquement, les peoples démontrant de l’intérêt pour ce monde très particulier, fait d’art, de codes, de couleurs et de symboles ainsi que les aficionados convaincus comportent une forte composante féminine.



De nos jours, évidemment, le « politiquement correct » ainsi que le lissage attaché au monde de bisounours que l’on veut nous faire admettre comme la réalité impactent considérablement la prise de tête attachée à l’aveu car on peut presque penser que l’on est coupable d’aimer cette dimension hors normes actuelles, cette représentation brute de la réalité de la vie : le combat pour la survie. Combat que l’on a extirpé de l’esprit de nos jeunes qui pensent que, naissant, des droits leurs sont irrémédiablement acquis et qu’il suffit de tirer sur la corde pour « obtenir ».



Les femmes donc, les magnifiques femmes…. faites de beauté, d’intelligence, de raffinement, d’amour, ces êtres qui nous côtoient toute l’existence sur une parallèle… qui nous semblent quelques fois si compliquées, si sophistiquées, si différentes de la brute lubrique qui sommeille en nous.



Picasso dans ses œuvres, décline des scènes le plus souvent érotiques. Les protagonistes en sont le Minotaure et la blonde Marie-Thérèse, désormais encodée avec son profil droit, sa position renversée, les yeux clos, les seins en pommes. Femme consentante au viol ou à l’étreinte ardente de l’homme-taureau. Avant même que le cheval honni ne soit enfin terrassé, Eros entre donc dans l’arène pour y animer les corps-à corps amoureux entre la blonde sensuelle et le sombre Minotaure en rut.

 

 

Brigitte Bardot, Ava Gardner, Carole Bouquet, Roselyne Bachelot, Ségolène Royal, pour ne citer qu’elles, mais également les femmes toreras, Conchita Cintron, Marie Sara, Mari Paz Vega, Lupita Lopez, Dolores Sanchez, Juanita Cruz, Angela Hernandez, Berta Trujillo, Hilda Tenorio, Christina Sanchez, Lea Vicens et la liste n’est pas limitative, ne peuvent être des filles sans cervelle attirées par je en sais quel idéologie réprouvée par les supposés êtres réfléchis, défendant la veuve et l’opprimé et surtout conférant au règne animal le statut humain même si on sait tous que l’homme est un animal.

Citation de Philippe Caubère. "Je n'aimais pas ça au début, et c'est bien après que j'ai trouvé une réelle beauté et une gravité à ce spectacle qui s'apparente à une sorte de théâtre primitif", explique le comédien.

Et oui, il s’agit bien de la représentation primitive qui flatte les instincts, les résurgences de nécessité de lutte, de chasse, de combats sains, primordiaux pour la survie à des époques révolues mais qui, surtout, ne doivent pas être étouffées par une sorte de faux confort dans lequel tout est acquis, tout est du, tout est à demander. Car rien n’est plus trompeur que la fausse idée de confort acquis pour l’éternité, rien, jamais, ne peut être un acquis.

  

« Femmes, je vous aime », disait Julien Clerc, oui, oh combien, je vous aime, j’aimerais vous aimer toutes, vous posséder et communier avec toutes, dans l’amour, la passion, le foutre et la fange car toujours, vous êtes ce qui nous rappelle ce que nous sommes…. De pauvres humains, avec de pauvres idées d’humains mais tout de même conscients que le passé doit nous apporter.

Otto de Habsbourg disait : « il faut savoir d’où l’on vient pour savoir ou l’on va…. » Pourquoi ce pauvre humain ne peut-il pas apprendre de son passé ? C’est tout de même quelque chose, changer, s’adapter, évoluer oui, oui, oui, mais en tenant compte du passé, de l’acquis, en bâtissant autour de principes définis autour de l’expérience, de l’histoire….pas partis de rien, du néant, sauf à vouloir aboutir au chaos !

La tauromachie est une magnifique école de vie, un formidable exemple de volonté, de courage, de bravoure ! Sentiments désuets, obsolètes ? Que neni ! Les femmes nous donnent la vie dans la douleur, on se bat pour l’amour d’une femme, les femmes sont partout, toujours, et nous devons le comprendre.

C’est même sans doute la féminité qui a modulé le costume des toreros pour que cette frêle silhouette en bas roses symbolise encore plus la fragilité face à cette énorme bête noire de cornes et de puissance. Cette dualité ne peut être plus imagée qu’en empruntant à la femme ses couleurs, son apparente fragilité… l’effet aurait été bien moindre avec un homme en armure face au toro !

  

La félicité du torero consiste donc à emprunter au preux chevalier l’image du giron pour aller guerroyer pour le fanion de sa belle jusque, si nécessaire, au sacrifice !

En fin de compte, si la femme n’était pas là, au grand jamais il ne serait possible d’invoquer l’art car le déroulement des tableaux serait bien plus bref, bestial, et pour le coup barbare.

 

8. juin, 2018

 

On sait d’expérience que la tauromachie en Espagne surtout, mais pas seulement (cf. La Colombie), est la victime de manœuvres de responsables –faut-il les appeler ainsi ?- politiques en mal de popularité. La prétendue défense animale n’est alors que le prétexte à radicalisation, à succès facile, à démagogie. L’exemple le plus patent –que personne ne discute plus désormais- est la prohibition catalane qui a permis aux agités du cerveau indépendantistes de se faire une belle et facile promotion avec les tristes conséquences que l’on voit.

 

Nous ne saurons ici défendre Rajoy puisqu’il a été pris le doigt dans le pot de confiture ; même s’il n’est ni le premier ni le seul, ça n’est pas bien. Il est remplacé par un gouvernement PSOE minoritaire soutenu une coalition hétéroclite -en apparence seulement- qui va du PSOE à l’extrême gauche anti-monarchiste, avec des pros Etarras de Bildu, des indépendantistes catalans de Pedecat et autres curiosités qui n’existent que dans la vie politique de nos voisins tous pendants de ce que pourra dire et faire la grande gueule d’Iglésias patron (contesté) de Podemos à côté duquel Mélenchon est un enfant de chœur.

 

Coalition de circonstance, car la base du PSOE et ses grands anciens ne sont certainement pas favorables à un éclatement de l’Espagne comme le souhaitent Podemos, Bildu ou Pedecat, il lui faudra –les observateurs le disent déjà- trouver des "symboles communs" qui pourraient servir de ciment précaire. Dans ce sens il est probable que la question de la tauromachie va donc réapparaître très vite sur la scène politique. Iglésias et ses sbires vouent une haine tenace aux taurins, Sanchez ne les aime pas et les partis autonomistes les détestent. Cela pourrait donc servir de combustible à l’équipe.

 

Ainsi pourrait revenir sur la table la question de l’interdiction de l’entrée aux arènes aux jeunes au nom de la protection de la jeunesse dans un pays ravagé par la drogue, la violence et, on l’a vu récemment, par le sexisme. C’est une marotte de Podemos et de ses élus locaux… Les taurins espagnols sont-ils préparés à ce contexte nouveau ? On voit qu’un retournement en leur faveur se dessine. Ils sont mieux organisés qu’autrefois et ils ont montré qu’il savaient user eux aussi de l’arme de la communication. Mais le poison des divisions gangrène toujours la famille taurine. Les circonstances imposeront très vite de les dépasser pour gagner le nouveau bras de fer qui nous sera immanquablement imposé. C'est à cela que nous nous attachons à Mexico Aztecas y Toros où règne un esprit de tolérance et d'amitié avant tout autres considérations.

Photo : DR 

Pierre Vidal