Activité espagnole 2

1. juil., 2018

L'écurie du cheval français de Bonijol sera présente en Espagne

Comme depuis 2009, l'excellente écurie française d' Alain Bonijol sera toujours présente sur les places de la maison Chopera, telles que Donostia / San Sebastián, Bilbao, Palencia, Salamanque et Logroño. Pour la première année, la place de Teruel sera ajoutée, dont la compagnie, Toroter, parie sur le premier tiers tel que Bonijol a annoncé sur les affiches de la Foire aux anges les 7 et 8 juillet.

C'est une excellente nouvelle, surtout pour les amateurs du tercio de piques, puisque c'est justement l'intégrité du combat que veut dynamiser cette saison l'arène aragonaise.

Selon le nouvel homme d'affaires, David Gracia, " nous allons donner une plus grande splendeur au tiers de piques. Bien sûr, nous allons prendre soin du taureau, car nous croyons que la chose la plus importante pour les toreros et le public est de sortir heureux de l'arène. En bref, nous allons essayer de prendre soin de chaque détail et de chaque personne en fonction de nos valeurs ".

30. juin, 2018

Parce que rien n’est jamais fini, ni aussi noir que les Cassandre veulent bien le dire, il y a des raisons de se réjouir dans le monde compliqué de la tauromachie.

Ainsi ce jour, à Soria, sortent en piste des toros gris, supérieurement armés de Victorino Martin, toros jamais venus dans cette arène et qui font honneur à la nouvelle empresa.

Cette jolie arène, aimable par ses toros habituels, commodes, et l’esprit de fête qui y règne, dans laquelle on a vu défiler les figuras peu inquiètes d’affronter des toros « aimables »( mais un toro, même sans trapio extrême est-il jamais aussi confortable qu’on le dit ? ) cette jolie arène va voir 6 toros de Victorino Martin.

C’est un véritable évènement et il faudra examiner le résultat de cette corrida .

Contrairement à ce qui est sans cesse colporté, les Juan Pedro n’ont pas détruit la course de toros, ni les Miura donné la meilleure image terrifique de cette dernière. Les choses  du sang originel, comme les combines affairistes, ne sont pas  la cause unique de la perte d’intérêt  d’un vaste public pour les toros.

Les banderilleros, qui savent et voient tout, ou presque, auront tôt fait de remettre vos préjugés en place, c’est-à-dire de corriger vos fautes de jugement lorsque, vous croyant aficionados,  vous demandez à José Tomas ou Manzanares de « se croiser »….ouaf ouaf !

Parce que l’art de Chicuelo et de Dominguin ( il faut bien changer un peu de Cucharès ) est véritablement un art universel, touchant aux raisons de vivre, de se donner, de combattre et d’être courageux jusqu’à la mort possible, il n’y a, pas plus aujourd’hui qu’hier, de raisons de douter de la pérennité de notre passion.

Connaissez-vous beaucoup de gens qui habitant Paris, Bordeaux, ou Marseille, confortablement installés dans leur vie, prendraient le risque d’aller, sans hésiter, à Algéciras, ou à Mexico, ou à Lima, pour voir, avec tous les aléas que cela suppose, José Tomas, ou même tel ou tel torero en qui ils croient.

Ainsi, José Tomas et M. A. Perera ont combattu hier en mano a mano des toros sérieux et les arènes pleines  de fidèles ont succombé.

Même si le danger vient de l’intérieur, certes certes, n’oublions pas que nos vrais ennemis sont les anticorrida soutenus par d’énormes sociétés à capitaux anglo saxons ou suisses ( le Peta, parmi d’autres ). Les Vegan nous provoquent, les animalistes nous traitent de psychopathes et d’assassins et nous n’avons qu’à peine le droit de nous défendre, au risque de nous retrouver embastillés !

 

Si Zaragoza et Pamplona n’ont plus de corridas, ce ne sera quand même pas la faute du milieu taurin mais bien celui des politiques qui, pour gagner des voix sur leur droite ou leur gauche, vont s’allier avec Vegan, animalistes, peta et autres groupes qui veulent notre mort.

Soyons optimistes et fiers de notre passion pour les toros.

Tout reste possible, ne nous résignons pas.

Les Victorino sont à Soria ! De jeunes hommes se jouent la vie tous les jours pour les toros !

Viva la fiesta Brava.

 

J F Nevière

4. juin, 2018

 Madrid a tremblé, Madrid a frémi, Madrid s’est rendue.

A tous ceux qui définissent Madrid comme la Mecque de la tauromachie mondiale il ne servira à rien d’utiliser l’argument selon lequel le public madrilène aurait changé, serait devenu complice des « tours operators » et autres balivernes.  Quand la vérité se présente  elle fait taire les bavards, les jaloux, les cassandre et une lumière éclaire tout à coup les regards des plus jeunes aux plus vieux, des sceptiques confirmés jusqu’aux hommes de foi : hier Castella a conquis Madrid, sans discussion possible.

Son deuxième toro de Garcigrande, armé , costaud, animé de quelques mauvaises intentions a fini lui aussi par se rendre sous le coup d’épée final extraordinaire d’un maestro d’une solidité mentale incroyable. Il avait été salement soulevé, corne dans le dos, puis recherché à terre et encorné au talon du pied gauche, choc qui aurait justifié l’abandon de bien des toreros. A la barrière, bandage et strapping posés sur le matador, pendant que le toro est présenté au cheval par le chef de lidia E. Ponce, mouvement de tête de celui qui ne va pas s’en laisser conter, Castella revient, en bas roses et bandage blanc reprendre son adversaire pour lui imposer sa loi.

Cela s’est passé en deux temps. La muleta devait être autoritaire. Elle le fut comme jamais : Sébastien Castella ordonna les séries à droite sur la corne qu’il devra soumettre plus tard au moment de l’épée.

On assista ensuite à ce qui m’émut profondément : se replaçant de face, main droite dans le dos, il cita le toro sur sa petite muleta à gauche, passage périlleux, sans bouger d’un millimètre ; le torero parfaitement placé, sans aucun recours si le toro déviait un tant soit peu… beauté primitive d’un affrontement inégal, un homme nu, armé d’un bout de chiffon rouge et un fauve armé de deux grands poignards  que l’homme invite à passer là…

Sans allonger une faena qui démontrait déjà qu’il avait soumis son opposant ( et quel opposant qui avait failli le tuer quelques instants auparavant !) Castella alla chercher l’épée de mort.

Tout se jouait là.

Conscient de l’enjeu, totalement préparés l’un et l’autre, c’était à proprement parler l’instant de vérité.

Celui qui faisait dire à L. M. Dominguin que la peur est digne et la lâcheté indigne. N’en doutez pas, vous qui vous réfugiez si souvent derrière vos habitudes de lecture du toreo « intellectuel ».

A ce moment-là,  Castella a peur. Mais il faut le voir se placer, visage contracté, fermé entièrement sur l’objectif d’un petit espace, sur le dos du toro tout en haut, là où il ambitionne de faire entrer l’épée... le doute...: va-t-elle heurter un os ? Dévier  du chemin prévu ? Que faire  ? tout ! Et rien ! Simplement se dire, ce que Castella s’est dit, tout à fait consciemment : c’est maintenant, « a matar o morir ».

Autrement dit « Je le tue ou il me tue ».

Pour penser ceci et le traduire en acte, il faut être une sorte de surhomme. Pour réaliser cela avec cette décision et cette précision, surhomme, Castella l’a été, jusqu’au fond de son regard satisfait, sans gloriole et avec un geste de reconnaissance pour l’animal qui avait failli le tuer deux fois, la première au moment de l’accrochage du début, et à sa sortie d’estocade quand la corne le touche en haut du gilet.

Toro facile ? Oh non !

Toreo complaisant ? Oh non !

Authenticité du lieu ? Oh OUI !

Que va-t-on demander encore à ce maestro fantastique ? Qu’il ait des gestes de connivence avec le premier aficionado venu ? Et s’il ne les a pas, cela va-t-il enlever quoi que ce soit à son art ?

Si vous vous faites soigner par un praticien, que lui demandez-vous, d’être sympa ou efficace ? Et si votre vie en dépend, que lui demandez-vous, d’être familier ou professionnel ?

Pour le Maestro c’est pareil : c’est ce qu’il fait et ce qu’il transmet qui compte. Peu me chaut qu’il me fasse ou non un clin d’œil au passage…

Merci Sébastien Castella pour cette formidable (au sens étymologique -qui fait peur-) période, série (comme dit Florence Delay quand elle ne veut pas utiliser le mot faena).

Maestro, votre sang-froid et votre art me sont un soin de l’âme.

 

Jean François Nevière

28. mai, 2018

Pour information des membres de MAyT, à Madrid, hier dimanche 27 mai 2018, s’est déroulée une corrida dont le cartel était le suivant :

Arènes aux 2/3, vent frais

6 toros de Dolores Aguirre ( procedencia Conde de la Corte/Atanasio Fernandez )

 

 

Ruben Pinar

Jose Carlos Venegas

Gomez del Pilar

 

La reseña se trouve dans les rubriques et sur les sites taurin et je veux citer Aplausos comme exemple (https://www.aplausos.es/noticia/44058/noticias/tres-heroes-en-las-ventas-ante-una-correosa-corrida-de-dolores.html ) qui titre «  Trois Héros à Las Ventas devant une corrida corriace de Dolores Aguirre » et je ne la reprendrais pas. Néanmoins, il convient de signaler que sur la corrida, lourde et armée, âgée, le troisième toro ( Gomez del Pilar ) était manso perdido et méritait les banderilles noires, trois autres étaient mansos,  les deux restants avec genio et sentido  très dangereux. L’ambiance très stressante plongea le public dans la crainte mais n’a pas entamé la détermination des toreros et leurs lidias furent exemplaires. José Carlos Venegas, qui a affronté des Saltillos, des Cuadri, des Miuras, des Dolores Aguirre et que sais-je encore n’a jamais démérité.

Les trois commentateurs de télévision assurant la retransmission ont dit, comme un seul homme à la fin de la course, « il faudrait absolument revoir très vite ces garçons car ils ont pris beaucoup de risques et n’ont pu s’exprimer devant ces tigres mansos ! »

Cent fois sur le métier remet ton ouvrage : je pose la question de savoir pourquoi nous avons eu à Vic, un Sebastien Ritter, bien trop tendre pour ce type de bétail, et que Venegas est resté au placard alors qu’il méritait oh combien d’être revu…

Je rappelle à nos lecteurs que Jose Carlos est apodéré par M.Campillo pour l’Espagne et que son représentant en France se trouve être M. Michel Benito, membre de MAyT.

 

Bernard ARSICAUD