13. juil., 2018

Pepin Liria tel qu’en lui-même, Par Jean-François Nevière

Pamplona, 12 juillet 2018: Pepin Liria tel qu’en lui-même.

Photo : Reuters pour ABC 

Pour qui a des souvenirs de Pepin Liria, la corrida de Victoriano del Rio d’hier  a permis de revivre, à l’identique ou presque , ce que le merveilleux Pepin Liria nous avait fait vivre des années durant, dans son arène fétiche.

A son deuxième toro, un tio très armé, Pepin Liria a démontré qu’il était encore jeune à 48ans, fougueux comme à 25, téméraire et sale gosse en face de son adversaire qui l’attendait au coin de ses cornes acérées.

On vit un face à face digne de toutes les émotions de toutes les exclamations  et ponctuées par les fameux « Pépin ! Pépin ! » lorsque, après un desplante de défi impensable à cet âge, il prit une raclée majuscule où il manqua prendre la corne en pleine poitrine, vola en se retrouvant par terre sur la tête, cabriole presque tragique, le front ensanglanté par le sang du toro, costume virginal souillé, NOTRE Pépin reprit les armes, se remit devant, poitrine offerte, guerrier prêt au sacrifice suprême, obligea l’animal à passer dans sa muleta, desplante de nouveau mais cette fois le toro respecta le torero. C’était formidable, au sens premier: beau à faire peur.

Merci Pépin Liria d’avoir ensuite montré à ses confrères plus jeunes que l’audace devait aller jusque-là, jusqu’à se donner  sans réserve, dût-même en souffrir leur corps trop protégé par des ruses que Pépin n’utilise jamais.

La preuve arriva  à l’épée : face au toro, bien décidé à "vaincre ou mourir", il se jeta l’épée en avant, le toro le reprit. C’est le toro qui mourut sans tarder, déclenchant une folie d’applaudissements et la pétition des deux oreilles.

Le Président crut bon de n’en accorder qu’une.

Dommage !

D’autant plus dommage que ce triomphe eût été mérité face à la fadeur de Gines Marin, et surtout à l’indigne épée du Juli qui comme d’habitude tua alors qu’il était déjà au milieu du dos du toro, d’une épée verticale, le public de Pamplona l’a bien vu, bien jugé, légère pétition, Président très clair dans sa négation ! Prudence de pleutre.

Pepin aurait dû sortir à hombros, la fête en eût été plus belle.

Le paysan de Cehegin, 48 ans depuis deux mois, qui remet l’habit de lumières pour SA Pamplona méritait d’être honoré aussi par la Présidence.

En tout cas ce fut un immense bonheur, y compris pour le matador qui ne se départit jamais de son sourire de vainqueur.

Pépin ! Pépin !Pépin !

 

 

Jean François Nevière.