3. oct., 2017

Victorino Martin Andres est mort, Par Bernard ARSICAUD

Victorino Martin Andres, le grand ganadero est décédé à l’âge de 88 ans.

Il avait subi un accident vasculaire cérébral il y a quelques jours à Monteviejo, l’une des fincas familiales.

Le roi d’Espagne, il y a quelques jours, lui a remis le prix national Tauromachy, ce fut sa dernière appartition en public.

Son aura est grande et il figure déjà parmi les figures les plus importantes de la Fiesta Brava.

Bien que son état de santé délicat ces derniers temps soit connu de tout le monde, l’annonce de son décès a causé de profondes douleurs aux professionnels et aux aficionados car ce fut un personnage unanimement aimé et respecté.

Né en 1929 à Galapagar son père étant décédé jeune, il était déjà l’homme de la maison à l’âge de dix ans. En 1945, il entra comme boucher chez son oncle à Torrelodones. La famille a élevé des moruchos puis des vaches sauvages et a organisé des festivités autour de la tauromachie dans les villages de la sierra Madrileña. En 1953, ils s’inscrivent à l’association des éleveurs. En 1960, il achéte des bêtes dont personne ne voulait à Escudero Calvo . Et, avec un travail acharné et beaucoup d’intelligence a amené son troupeau au sommet. Son histoire, en bref:

Le 30 avril 1961, il combat sa première corrida à Sarragosse. L’année suivante il achète un second lot de vaches. En juin 1965 ses taureaux entrent pour la première fois en novillada à Las Ventas. Il achéte alors le troisième lot d’Escudero Calvo. Le 29 juin 1965, il obtient un triomphe inoubliable à Castro Urdiales .

En 1968 il est gravement blessé par le semental « Hospiciano ». Un an plus tard, il combat sa première corrida à Madrid et « Baratero » a droit à une vuelta al ruedo. En 1970 il fait ses debuts en France. «  Jaqueton » est déclaré le toro le plus brave de la San Isidro en 1975. L’année suivante, il transfère son bétail à Monteviejo. En 1978 il fait la seule vente de bétail à Léopoldo Picazo qui est à l’origine du troupeau de Jose Escolar.

Le 1er juin 1982, pour la soi-disant "corrida del siglo", télévisée, où Ruiz Miguel, Luis Francisco Espla et Jose Luis Palomar ont triomphé, un toro fait une vuelta et un toro est déclaré le plus brave de la San Isidro. Le 19 juillet, un autre grand triomphe, l’indulto de « Belador » torée par Ortega Cano, le seul toro grâcié jusqu’alors à Las Ventas.

Son fils, Victorino Martin Garcia, vétérinaire, intègre l’élevage en 1987. En 1995, il achète des vaches de Barcial. L’année suivante, il fait ses débuts à Seville favorisant le triomphe d’El Tato et Pepin Liria. Puis il achete les Galacheainsi que les Urcola. Il obtint un indulto également à Seville avec Cobradiezmos torée par Manuel Escribano. Le prix remis par le roi vint rejoindre les prix ABC Bullawighting Award et la Médaille des Beaux Arts.

Une trajectoire unique et exemplaire pour un ganadero font de lui une légende vivante de la tauromachie. Repose en paix, ganadero

 

Bernard ARSICAUD