12. sept., 2017

Sin toro, no hay corrida Par Bernard ARSICAUD

L'arène de Béjar, affectueusement surnommée «La Ancianita», est étroitement liée au sanctuaire de la Vierge de Castañar. C'était l'année 1706 et le duc de Béjar, D. Juan Manuel de Zuñiga, ordonna d'organiser une corrida. Fut donc construit un réseau de bois carré, dans le but de donner cette célébration. Telle fut l’origine et la réussite obtenue par le duc de Béjar qui ordonna, après l’évènement, de construire un carré de maçonnerie à sec, au même endroit, Monte del Castañar, que le réseau de bois et avec le même but. Ce carré a été inauguré le 12 septembre 1711, tel que consigné dans les actes de la Confrérie de la Vierge de Castañar. Appelée El Castañar, cette arène ne manque pas de charme. Certains néanmoins, confondent un peu tout et l’annoncent comme la plus vieille du monde. Il n’en est rien. En effet, à Cañada de Obregon, en Jalisco, au Mexique a été construit le coso ( baptisé plus tard ) « Rodolfo Gaona », inauguré le  3 février 1681 donc, plus ancienne de trente années..

 

Le vendredi 8 septembre 2017, jour de fête de la vierge de Castañar se déroula une course de taureaux mettant en présence :

6 toros de Orive ( Martin de Yeltes)

Joselito Adame

Juan Leal

Alejandro Marcos

L’excitation initiale à l’idée de suivre une course dans la plus ancienne arène d’Espagne n’eut d’égal que notre déception une fois celle-ci terminée. Il est en effet rare de rencontrer des moments de grand ennui comme celui là. Une incommensurable mansada ! Un aburrimiento total ! Sin toro, no hay corrida ! Des toros très bien présentés, du trapio, des cornes et du jus…. Jusqu’au milieu du premier ( vous avez bien lu ) du premier tiers ! Je n’avais encore jamais vu cela. Des toros qui tombent avant les piques ! Des toros bouche ouverte après deux tours de piste ! L’un d’eux n’arriva pas à la pique, il trébucha sous le cheval et le piquero n’eut pas le temps de retirer la puya ce qui fait qu’il eut une égratignure à la place d’une pique et rien d’autre ! Une vingtaine de chutes au total, minimum.

 Pour le reste, les toreros n’y sont pour rien, ils ont été professionnels, et tenté à peu près tout pour sauver l’après-midi. Toujours un peu de tremendisme tout de même chez Juan Leal. Il eut deux oreilles pueblitas. Joselito Adame et Alejandro Marcos, une oreille. Il faut tout de même noter, outre l’absence de caste, de bravoure et l’extrême faiblesse de ces toros, exception faite du sixième, qui ne fut pas le meilleur mais le moins mauvais, ne furent pas les points les moins remarquables de cet près midi de toros.

La position assise, une fois à sa place, dans les tribunes de la « vieille dame » est d’un extrême inconfort. L’inégalité des pierres usées pas les ans confère une position instable au quidam qui peut sortir de là coxalgique car rester deux heures une fesse sur une pierre de dix ou quinze centimètres plus haute ( ou basse, c’est selon ) que l’autre n’est pas aisé. Rajoutant au supplice, des proéminences d’autres pierres ( sans doute plus resistantes à l’érosion ) donnant à un pied une position plus haute que l’autre ( et moi pas de chance, ce n’était pas le bon côté, c'est-à-dire que ma fesse plus basse avait devant elle un caillou plus haut pour que je pose le pied, ce qui fait que mon genou arrivait un peu sous le menton….). Rajoutez l’exiguité des places et vous aurez un petit aperçu de l’inconfort.

 

Au paséo, un seul alguacillio ( ou plutôt une ) montée sur un percheron ! Les toreros, les cuadrillas et un seul cheval pour l’arrastre ( tout de même un percheron ). Les premières piques, un seul picador en piste, puis, sans prévenir, deux pour la suite. Puis, au second toro l’arrastre composée de deux chevaux dont l’un ressemblait étrangement à celui de notre belle alguacillia ! Voilà brossé une corrida dont même l’éleveur selon la rumeur, n’a pas compris non plus cette déficience notoire de toros. 

Bernard ARSICAUD