12. sept., 2017

Pourquoi donc toréent- ils si peu ? Par Jean François Nevière

Voilà une question qui taraude les aficionados. Pas les touristes qui vont « voir une corrida », sans rien connaitre ni des toros ni des toreros. Je dis cela sans aucun mépris soyez en sûrs, car le touriste de base, le simple curieux, remplit les arènes et paye sa place comme tout le monde.

Alors, nous dit- on, si les cartels ne sont pas composés de grandes vedettes du toreo, ces gens- là, les touristes, les curieux ne viendront pas… mais comme beaucoup ne savent pas qui est tel torero, même considéré comme « vedette », pourquoi ne pas inscrire de temps en temps sur l’affiche un nom moins connu pour lui donner l’occasion de démontrer son talent, son courage, son envie de convaincre, alors même que les « figuras » elles, n’ont plus rien à prouver et risquent fort, selon l’endroit où a lieu la corrida, d’expédier les affaires courantes, de toréer en roue libre, et ce d’autant plus que, couverts d’or et de contrats, ils auront peut- être l’esprit ailleurs, c’est-à-dire dans l’arène où ils devront, dès le lendemain, recommencer leur faena bien huilée avec des toros auxquels ils peuvent se fier sans trop de mal… étant donné qu’ils ont les moyens de choisir les élevages…

Prenez une corrida de Garcigrande, pas trop grosse, avec des cornes commodes, mettez devant un Juli, unTalavante un Perera… et roulez jeunesse, les oreilles seront coupées sans risque, ce sera du travail ‘honnête’ quoique pas toujours.. voir les estocades de Mr Julian Lopez.

Alors maintenant examinons le cas d’un matador de toros, 26 ans, qui depuis bientôt 7 ans se bat pour figurer sur des affiches un peu plus de 5 fois par an: José Carlos VENEGAS.

On ne lui a fait aucun cadeau, jamais. Alternative à Alicante en 2010 avec comme parrain et témoin de doctorat, Curro Diaz et César Jimenez. Toros de Los Chotes, il coupe une oreille à son toro d’alternative et une au second de son lot. Sortie à hombros. Il ne sera pas remis au cartel dans cette arène.

A Jaen, en 2010 il est nommé triomphateur de la feria avec des toros de Torrealta, il coupe 3 oreilles, Juli 2 et Ponce 2 sort avec eux a hombros, cela n’a pas du plaire beaucoup aux « vieux » qui éviteront de le revoir sur leur cartel. Il est triomphateur de la feria de Jaen, quatre fois.

A Madrid, à Las Ventas il s’envoie une terrible corrida deSaltillo, coupe une oreille à un de ses toros. Il aura aussi 2 corridas de Cuadri, et une de Guardiola (pas des crevettes !) sera blessé trois fois…

Durant sa jeune carrière, il a gracié 4 toros et, dans les arènes où il a gracié, il n’a jamais été « répété »….Peut- on expliquer cela ? Doit entrer dans une écurie richissime pour constituer une monnaie d’échange ?

Pendant ce temps, dans le moindre village, de grands matadors acceptent des cachets de misère juste pour se maintenir sans peine dans le « groupe spécial », fermant la porte d’entrée à de moins glorieux qu’eux en ne prenant pas plus d’argent qu’eux..

Alors les choses continuent, il revient à Madrid le 10, va s’arrimer comme un fou aux côtés de Octavio Chacon et de Perez Mota.

Encore des toros durs…

Et le 16 à Cazorla il torée avec El Cid…

Ses apoderados préparent un « coup » que je suis autorisé à dévoiler.

Comme l’empresa de Jaen ( Matilla) ne veut pas, pour d’obscures raisons, l’inscrire sur ses cartels et que le maire de la ville veut, lui, absolument que J C Venegas soit là, ils vont tenter de monter un seul contre six.

A Madrid déjà, le 10 septembre au soir, on saura si le matador a toujours "l’entrega" suffisante pour risquer sa vie devant des toros qui promettent d’être compliqués.

Ensuite, s’il torée à Jaen devant six toros pour lui tout seul, il jouera son va- tout, et celui des hommes qui depuis des années lui font une totale confiance.

Le train de la chance passe à toute vitesse, ne s’arrête pas à chaque gare, omnibus n’est pas un mot taurin. Mucha suerte ! matador, pour toi et pour ceux qui te soutiennent depuis toujours.

 

Jean François Nevière.

Photo ; Des del callejon

Brindis Et ‘ictus occuli’ à Michel Benito.