7. mai, 2017

Hommage à Manolo Montoliu grand banderillero

 

A la Maestranza, le 29 avril dernier, le matador Antonio Ferrera et le banderillero Jose Manuel Montoliu ont salué, vingt cinq ans après sa mort, montera vers le ciel,  en hommage au matador d’alternative Manolo Montoliu tué le 1 er mai 1992 à Seville.

Né le 2 janvier 1954 à Valence, fils de picador, il défile pour  la première fois à Benicasim ( Castellon ) le 29 juin 1970. Trois novilladas après, il intègre la cuadrilla de El Soro et fait apprécier ses qualités de banderillero. En 1985 il rejoint la cuadrilla de Antoñete et fait connaître son intention de devenir matador.

Le 2 mars 1986, il prend son alternative à Castellon de la Plana avec comme parrain Julio Robles et pour témoin Espartaco devant "Enrejedo" de la ganaderia d’ El Torero. Il confirme à Madrid la même année avec Emilio Munoz comme parrain et Pepin Jimenez comme témoin. Cette année ne lui permet de combattre que neuf corridas pour une oreille seulement. Ce maigre palmares le pousse à abandonner la carrière pour servir comme banderillero et devient figura dans ce rôle. Il est le père de Jose Manuel Montoliu, également banderillero.

Le 1er mai 1992 dans le ruedo de la Real Maestranza de Caballeria de Séville archi plein, à l’heure ou les ombres s’allongent, treizième corrida du cycle, trois toreros et leur cuadrilla se jouent la vie face à un lot d’Atanasio Fernandez. Manzanares, Niño de la Capea et Ortega Cano font briller le cartel.  Face au toro "Cubatisto" la carrière et la vie de Jose Manuel Calvo Bonichon prennent fin en posant les banderilles al quiebro. Au sortir de la pose, il est pris par le bicho, levé et retombe sur la corne gauche qui entre à la base du thorax et s’arrête à la base du cou, ouvrant le cœur "comme un livre" dira le chirurgien des arènes. Il était peu après dix sept heures… Il est retombé mort sur le sable de la Maestranza qui a bu son sang.

Pour échapper aux faubourgs de Valence, il avait choisi cette profession si particulière qui lui permit de briller, de voyager, de connaître la gloire car il était un poseur de banderilles appliqué. Son sens du toreo  et ses qualités lui permettaient d’aérer le fauve au sortir de la pique, tant dévoyée, en redonnant, avec brio, son but initial à ce tercio.

Il reste une légende, y compris pour les matadors qui posent les palos eux même. Une statue érigée à Valence à la mémoire du torero ayant perdu la vie à 38 ans  a été vandalisée par un groupe d’anti-taurins nationalistes catalans en 2016.

 

Manolo Montoliu est le second banderillero tué dans une arène espagnole depuis 1975. La corrida a été suspendue conformément au règlement du REST. Le public de Séville et les aficionados visionnant la retransmission en direct ont été consternés et choqués. Les médias européens, et surtout ceux refusant habituellement de transmettre des images de cet art jugé « barabre », ont fait leurs choux gras de ces images !

Bernard ARSICAUD