Activité espagnole 2

6. nov., 2017

Le tribunal de première instance et l' instruction Sepúlveda (Segovia) a condamné le conseil de la Ville de Catarroja (Valencia) Datxu Peris à payer 7000 euros à la famille de Victor Barrio par une « intrusion » sur le droit à l' honneur du défunt torero , selon l'édition numérique du journal El Mundo lundi.

Rappelons que l'élue s'était évertuée, au titre de la défense des animaux, à traiter de tous les noms d'oiseaux le torero défunt sur les réseaux sociaux. Pour sa défense, elle a prôné la défense des animaux et la liberté d'expression. Deux notions insuffisantes pour le tribunal qui lui a rétorqué que le torero exercait son métier dans un contexte légal et règlementé. 

N'y voyons là que la logique la plus élémentaire et souhaitons que si d'aventure d'autres atteintes à l'honneur se produisent, les instances judiciaires de tous les pays réagissent avec la même vigueur.

Bernard ARSICAUD

3. oct., 2017

Victorino Martin Andres, le grand ganadero est décédé à l’âge de 88 ans.

Il avait subi un accident vasculaire cérébral il y a quelques jours à Monteviejo, l’une des fincas familiales.

Le roi d’Espagne, il y a quelques jours, lui a remis le prix national Tauromachy, ce fut sa dernière appartition en public.

Son aura est grande et il figure déjà parmi les figures les plus importantes de la Fiesta Brava.

Bien que son état de santé délicat ces derniers temps soit connu de tout le monde, l’annonce de son décès a causé de profondes douleurs aux professionnels et aux aficionados car ce fut un personnage unanimement aimé et respecté.

Né en 1929 à Galapagar son père étant décédé jeune, il était déjà l’homme de la maison à l’âge de dix ans. En 1945, il entra comme boucher chez son oncle à Torrelodones. La famille a élevé des moruchos puis des vaches sauvages et a organisé des festivités autour de la tauromachie dans les villages de la sierra Madrileña. En 1953, ils s’inscrivent à l’association des éleveurs. En 1960, il achéte des bêtes dont personne ne voulait à Escudero Calvo . Et, avec un travail acharné et beaucoup d’intelligence a amené son troupeau au sommet. Son histoire, en bref:

Le 30 avril 1961, il combat sa première corrida à Sarragosse. L’année suivante il achète un second lot de vaches. En juin 1965 ses taureaux entrent pour la première fois en novillada à Las Ventas. Il achéte alors le troisième lot d’Escudero Calvo. Le 29 juin 1965, il obtient un triomphe inoubliable à Castro Urdiales .

En 1968 il est gravement blessé par le semental « Hospiciano ». Un an plus tard, il combat sa première corrida à Madrid et « Baratero » a droit à une vuelta al ruedo. En 1970 il fait ses debuts en France. «  Jaqueton » est déclaré le toro le plus brave de la San Isidro en 1975. L’année suivante, il transfère son bétail à Monteviejo. En 1978 il fait la seule vente de bétail à Léopoldo Picazo qui est à l’origine du troupeau de Jose Escolar.

Le 1er juin 1982, pour la soi-disant "corrida del siglo", télévisée, où Ruiz Miguel, Luis Francisco Espla et Jose Luis Palomar ont triomphé, un toro fait une vuelta et un toro est déclaré le plus brave de la San Isidro. Le 19 juillet, un autre grand triomphe, l’indulto de « Belador » torée par Ortega Cano, le seul toro grâcié jusqu’alors à Las Ventas.

Son fils, Victorino Martin Garcia, vétérinaire, intègre l’élevage en 1987. En 1995, il achète des vaches de Barcial. L’année suivante, il fait ses débuts à Seville favorisant le triomphe d’El Tato et Pepin Liria. Puis il achete les Galacheainsi que les Urcola. Il obtint un indulto également à Seville avec Cobradiezmos torée par Manuel Escribano. Le prix remis par le roi vint rejoindre les prix ABC Bullawighting Award et la Médaille des Beaux Arts.

Une trajectoire unique et exemplaire pour un ganadero font de lui une légende vivante de la tauromachie. Repose en paix, ganadero

 

Bernard ARSICAUD

 

 

 

1. oct., 2017

 

On croit toujours que dans le monde des impresarios, seul domine l’intérêt financier. L’homme d’affaire restant l’homme d’affaire. Il arrive que les choses soient différentes et en particulier dans le monde des toros où les enjeux sont faits d’argent certes, mais qu’ils soient pétris d’une humanité tout à fait particulière. Souvent le matador, aidé et découvert à ses débuts de novillero par un de ses anciens modèles finit par prendre son envol solitaire ou à passer dans de nouvelles mains pour guider sa carrière. Il se peut aussi que l’attachement de l’élève pour le maître, du mentor pour son pupille soient si grands qu’ils n’arrivent pas à séparer leurs destins.

On apprend ainsi fréquemment que, selon la formule d’usage "untel et un tel se soient quittés d’un commun accord et de manière amicale"… Bref tous les sous- entendus sont alors permis. En voilà un, assez évident pour qu’on puisse le traduire ainsi. De la part de l’apoderado d’abord… « Mon cher Manuel j’ai beaucoup investi sur toi et malheureusement malgré mes investissements et les contrats que mon entregent t’ont fournis, tu n’as pas remporté les triomphes attendus et par conséquent tu m’as déjà couté trop cher pour que je puisse espérer un jour rentrer dans mes frais… »

De la part du matador ensuite : « Mon cher Antonio, depuis des années je torée avec art et m’entraîne sans faiblir pour démontrer mes qualités que je sais énormes; malgré cela tu ne m’as pas fait toréer dans les places qui auraient fait décoller ma carrière et m’auraient permis de trouver gloire et argent comme je pense les mériter, et, par conséquent je te quitte pour quelqu’un qui m’ouvrira les portes que tu n’as pas su m’ouvrir… »

Tout cela bien entendu en toute amitié.

Et il y a les attachements indéfectibles, au-delà des difficultés momentanées.

Un matador de premier plan vient d’en donner l’exemple frappant dans les arènes de Madrid hier 30 septembre 2017.

Miguel Angel Perera, le grand torero extremeño a dédié à son apoderado le grand matador lui-même Fernando Cepeda, sa cinquième Puerta Grande des arènes de Las Ventas.

Fidélité et amitié au-delà du fric, Cepeda malade voulait attendre la fin de la saison de son torero pour se faire opérer. Il l’a fait, et était présent dans le callejon madrilène hier après- midi.

Le maitre du « temple » le très fin Cepeda a reçu un abrazo très émouvant de la part de celui qu’il guide, suit et dirige depuis les tout débuts d’une carrière exemplaire.

Je me souviens d’un soir à l’hôtel Mision de Juriquilla au Mexique, la veille d’une corrida, nous recevions Joselito Adame notre parrain pour lui rendre un hommage amical. Etaient là aussi, mais discrets et seuls tous les deux en grande conversation, pas très loin de nous, le tandem Cepeda- Perera.

Je suis allé les saluer et les inviter à nous rejoindre, invitation qu’ils ont déclinée prétextant de nous laisser avec le héros véritable de notre fête. C’était il y a dix ans, déjà et M A. Perera était déjà avec Fernado Cepeda, comme Joselito Adame était déjà (et encore) avec Roberto Fernandez El Quitos, son vrai mentor. Il y a des contrats moraux qui ne se jettent pas comme on déchire une promesse de vente .

 Nous avons vu quelquefois Miguel Angel Perera un peu en retrait, déroulant une tauromachie classique mais sans relief et un peu affectée, et cela, je m’en souviens, devant une Monumental de Mexico qui attendait bien plus de lui. Nous l’avons vu sur sa terre à Olivenza, couper la nuit tombée les trophées maximum dans un état de béatitude contagieux pour un public en délire. Dans toutes ces occasions malheureuses ou heureuses, Fernando Cepeda était là.

Il est permis de penser qu’hier il a vécu un moment d’une exceptionnelle et profonde émotion en recevant l’hommage de son torero comme s’il avait triomphé lui-même pour la cinquième fois, lui dont la carrière resta toujours un peu en retrait, lui qui pourtant, dans son capote, savait mieux que bien d’autres arrêter le temps.

Alors ce mot est destiné à ces deux toreros exemplaires, et qu’ils gardent toute leur vie à venir, l’image de ce brindis porteur de ce que nous donne l’aficion : L’ EMOCION.

Jean François Nevière

21. sept., 2017

Mejorada del Campo (Madrid)

 

Mardi 19 septembre 2017
Entrée : 3/4 d'arène
Novillos de Alain et Frédérique Tardieu, bons, le 4ème en lidia à pied, primé de la vuelta al ruedo à l'arrastre,

Le rejoneador Raúl Martín Burgos, ovation
Darío Domínguez, silence après deux avis et sifflets
El Galo, oreille et oreille avec forte pétition de la seconde

 

Face à de bons novillos d'Alain et Frédérique Tardieu, dont le quatrième exemplaire, lidié à pieds, a été primé d'une vuelta al ruedo posthume, le novillero Franco-Mexicain André Lagravère El Galo est sorti en triomphe des arènes après avoir coupé une oreille de chacun de ses adversaires.

 

Bernard ARSICAUD

12. sept., 2017

L'arène de Béjar, affectueusement surnommée «La Ancianita», est étroitement liée au sanctuaire de la Vierge de Castañar. C'était l'année 1706 et le duc de Béjar, D. Juan Manuel de Zuñiga, ordonna d'organiser une corrida. Fut donc construit un réseau de bois carré, dans le but de donner cette célébration. Telle fut l’origine et la réussite obtenue par le duc de Béjar qui ordonna, après l’évènement, de construire un carré de maçonnerie à sec, au même endroit, Monte del Castañar, que le réseau de bois et avec le même but. Ce carré a été inauguré le 12 septembre 1711, tel que consigné dans les actes de la Confrérie de la Vierge de Castañar. Appelée El Castañar, cette arène ne manque pas de charme. Certains néanmoins, confondent un peu tout et l’annoncent comme la plus vieille du monde. Il n’en est rien. En effet, à Cañada de Obregon, en Jalisco, au Mexique a été construit le coso ( baptisé plus tard ) « Rodolfo Gaona », inauguré le  3 février 1681 donc, plus ancienne de trente années..

 

Le vendredi 8 septembre 2017, jour de fête de la vierge de Castañar se déroula une course de taureaux mettant en présence :

6 toros de Orive ( Martin de Yeltes)

Joselito Adame

Juan Leal

Alejandro Marcos

L’excitation initiale à l’idée de suivre une course dans la plus ancienne arène d’Espagne n’eut d’égal que notre déception une fois celle-ci terminée. Il est en effet rare de rencontrer des moments de grand ennui comme celui là. Une incommensurable mansada ! Un aburrimiento total ! Sin toro, no hay corrida ! Des toros très bien présentés, du trapio, des cornes et du jus…. Jusqu’au milieu du premier ( vous avez bien lu ) du premier tiers ! Je n’avais encore jamais vu cela. Des toros qui tombent avant les piques ! Des toros bouche ouverte après deux tours de piste ! L’un d’eux n’arriva pas à la pique, il trébucha sous le cheval et le piquero n’eut pas le temps de retirer la puya ce qui fait qu’il eut une égratignure à la place d’une pique et rien d’autre ! Une vingtaine de chutes au total, minimum.

 Pour le reste, les toreros n’y sont pour rien, ils ont été professionnels, et tenté à peu près tout pour sauver l’après-midi. Toujours un peu de tremendisme tout de même chez Juan Leal. Il eut deux oreilles pueblitas. Joselito Adame et Alejandro Marcos, une oreille. Il faut tout de même noter, outre l’absence de caste, de bravoure et l’extrême faiblesse de ces toros, exception faite du sixième, qui ne fut pas le meilleur mais le moins mauvais, ne furent pas les points les moins remarquables de cet près midi de toros.

La position assise, une fois à sa place, dans les tribunes de la « vieille dame » est d’un extrême inconfort. L’inégalité des pierres usées pas les ans confère une position instable au quidam qui peut sortir de là coxalgique car rester deux heures une fesse sur une pierre de dix ou quinze centimètres plus haute ( ou basse, c’est selon ) que l’autre n’est pas aisé. Rajoutant au supplice, des proéminences d’autres pierres ( sans doute plus resistantes à l’érosion ) donnant à un pied une position plus haute que l’autre ( et moi pas de chance, ce n’était pas le bon côté, c'est-à-dire que ma fesse plus basse avait devant elle un caillou plus haut pour que je pose le pied, ce qui fait que mon genou arrivait un peu sous le menton….). Rajoutez l’exiguité des places et vous aurez un petit aperçu de l’inconfort.

 

Au paséo, un seul alguacillio ( ou plutôt une ) montée sur un percheron ! Les toreros, les cuadrillas et un seul cheval pour l’arrastre ( tout de même un percheron ). Les premières piques, un seul picador en piste, puis, sans prévenir, deux pour la suite. Puis, au second toro l’arrastre composée de deux chevaux dont l’un ressemblait étrangement à celui de notre belle alguacillia ! Voilà brossé une corrida dont même l’éleveur selon la rumeur, n’a pas compris non plus cette déficience notoire de toros. 

Bernard ARSICAUD