3. févr., 2019

PERFIDE ALBION ET JEUX TAURINS

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PERFIDE ALBION ET JEUX TAURINS

 

 

L'évocation de l'Angleterre n'est toujours pas synonyme de jeux taurins, voire de tauromachie.

Pour les français , l'album photo la concernant est très riche.

Tout d'abord, l'ennemi héréditaire depuis la Guerre de Cent Ans (14ième et 15ième siècle) ; mais aussi Winston Churchill (et ses cigares), Margaret Thatcher (la Dame de fer), le Brescit (sortie de l'Union Européenne).

Pour les Corses (malgré une insularité commune) un pays qui possède (entre autres) une île prénommée Sainte Hélène, et une capitale dont les lieux emblématiques se nomment Waterloo Station et Trafalgar Square, c'est l'amertume.

Le montant compensatoire étant la perte d'un œil de l'amiral Nelson, lors d'une bataille navale qui eut lieu au large de Calvi d'une part. D'autre part Pascal Paoli, père de la Constitution corse qui servit à l'élaboration de celle de l'Angleterre.

Pour les amateurs de Rugby, les célèbres « crunchs » (France Angleterre ) ont quelquefois un goût de fiel quand les applaudissements (Standing ovation) et le bon match (Good Match) nous raccompagnent aux vestiaires, après un wagon d'essais en notre défaveur !

Dans les images positives, c'est Tara King dans sa moulante combinaison en cuir, partenaire de John Steed dans la série télévisée « Chapeau melon et bottes de cuir », elle hanta les samedis après midi de notre adolescence (1961).

Pour la génération 60-70 (Sixty-seventy), c'est le pays des Beatles, Rolling Stones, Yardbirds et autres Animals.

Les séjours linguistiques (alias Vacances studieuses) nous permettaient de fréquenter Piccadily Circus, Carnaby Street (les fringues), Soho (les boites de nuit).

Pour les plus heureux, découvrir Jimi Hendrix et son emblématique « hey Joe »,qu'il présenta au Blaise's club, le 21 décembre 1966.

Sans oublier les lait-framboise (strawberry milkshake) savourés avec les petites anglaises dans les Wimpy House (ancêtres des Mac Doc) !

L'apodo de Mr Hendrix « le gitan pourpre » nous ouvre la porte de l'Histoire taurine en Angleterre.

Les combats de chiens contre toros « Bull baiting » commencent dès le XVII ième siècle et persisteront jusqu'au début du 19ième.

« Ils sont le mal nécessaire par la vue du sang, pour forger le vrai caractère anglais ». P Duke.

Ces pratiques sont attaquées par le clergé et les sociétés de protection animale, elles sont interdites en 1835, au début du règne de la Reine Victoria. L'héritage étant, une race de chien : Bulldog.

Le Bull running permet de courir et combattre les bovins sur la voie publique, une forme d'encierro, dont les coureurs s'appellent Bullards.

Le plus connu se déroule le 13 novembre à Stanford, le départ étant donné par les cloches de l'église St Mary (plus académique que le pétard de Pampelune).

Les bullards se transforment en forcados, pour faire tomber le taureau dans la rivière. Cela devient le Bull Brigging.

L’événement était commémoré par des tasses aux effigies taurines paraphées d'un « Vive le taureau », vendues le jour-même. (1)

En 1838, la Cour Suprême de Justice déclara illégale le Bull Running ; de concert avec ses alliés habituels, religieux et SPA.

Au XVIIIième, les ambassadeurs de la tauromachie espagnole sont légion dans la Royale Albion.

 

Le pasteur anglican E.Clark découvre la corrida sur la Plaza Mayor à Madrid, et s’extasie «  la corrida est un régal de la vue ». Il consignera tout cela dans un ouvrage « Lettres concernant la Nation Espagnol » 1763.

 

Richard Ford, un humoriste en cure thermale en Andalousie (sic) narra d'excellente manière son séjour et la découverte de la fiesta national dans « Guide des voyages en Espagne » ; et sera choqué du pouvoir du peuple dans les arènes.

 

Georges Byron , célèbre poète anglais, donnera par son style lyrique et romantique ses lettres de noblesse à la corrida. Il fait dans « le pèlerinage du Chevalier Harold »(2), une apologie de la pique, de la cruauté humaine, et des belles femmes espagnoles ; qu'il résume dans un terrible triptyque : douleur, sang et mort (1810).

C'est en mars 1870 que les spectacles taurins s'installent officiellement à Londres.

L'empresa : William Holland, les toreros Pablo Messa et Francisco Teira (3), le lieu, un ancêtre des palais omnisports, inauguré en 1862 : le Royal Agricultural Hall de Islington.

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Le premier et le deux mars, c'est le tour de chauffe, soit deux capeas (sans banderille, sans pique).

Le samedi 26 mars : banderilleros et piqueros font leurs apparitions, ces derniers étaient montés sur de faux chevaux (les premières protections type « peto » furent imposées fin du 19ième siècle) pour éviter toute effusion de sang.

Le lundi 28 mars, la lidia du quatrième toro, vit l'intrusion « d'espontaneos » particuliers : policiers et membres de la Société pour la Préservation de la cruauté envers les animaux.

Arrêt du spectacle.

Les procès, le poids de l'opinion publique, les animalistes, scellèrent définitivement le sort des pratiques taurines sur le sol anglais. Même notre Felix Robert national ne put aller à l'encontre du jugement prononcé par le Tribunal de Clerkenwell.

 

De nos jours : deux clubs taurins existent sur les terres de sa gracieuse Majesté. (4)

  • Le Club taurin de Londres, créé en 1959 par Georges Erick. Les vice-présidents d'honneur sont : Angel Peralta, Joselito, Victorino Martin Andres. Il compte 300 membres disséminés en Europe, mais aussi dans le Monde. Une revue « la Divisa » est éditée régulièrement.

  • Le Club taurin « Fiesta Brava » de Manchester, fut créé en 1961. Il compte une centaine de socios, le vice-président est le matador de toros : Franck Evans Kelly.

 

La liste des toreros britanniques, est beaucoup plus importante que nous le croyons .

 

Le doyen, le créateur de l'apodo « El Ingles » est :

 

  • Santiago Wealands Tapia Robson, natif de Sunderland (1896) . Il débute en 1912, on le dit élève du grand Frascuelo, il foulera parait-il , en tant que novillero, le sable de Huelva, Sevilla, Madrid, Valencia. Stoppé par la Grande Guerre en 1914. Son plus grand succès est son ouvrage « The national spanish fiesta » en 1953. Il y aura quatre rééditions !

  • Henry Edward Higgins: deux apodos principaux , « El Ingles (of course) et Enrique Cañadas. Né en 1944 à Bogota d'un père anglais (directeur de la Schell Oil) et d'une mère mexicano irlandaise. Il fera ses études en Angleterre. Son premier apoderado et mécène , fut Brian Epstein, qui s'occupa également d'un célèbre quadrille : les Beatles. Il prit l'alternative en 1970 à Fuengirola (Province de Malaga) le 20 septembre : parrain Juan Beca Belmonte, témoin Pepe Luis Roman. Il est co-auteur avec James Myers, en 1972, du livre : « To be matador ». Il trouva la mort en deltaplane en 1978, en Espagne (Mojacar).

  • Franck Evans Kelly (El Ingles, como siempre). Il est natif de Manchester, il fait sa présentation en France en 1966. (5) Il a dix huit ans. L'empresa Pierre Pouly « Don Pedro » avait confondu les apodos (avec Higgins) le célèbre Fair play fut de mise. L'alternative a lieu le 16 août 1999 à Chillon (Province Cuidad Real). Toro de Sanchez Arjona, parrain Vicente Ruiz El Soro, témoin Antonio Ruiz « El Soro » 2 (le frère). En 2009, biographie à la clef, au titre présomptueux, « The Last British Bullfighter ». Pour les cinéphiles, un homonyme d'Alfred, Vincent Charles Hitchcok quitte la faculté de médecine de Liverpool, il se fait blesser lors de sa présentation de novillero à Madrid. En 1954, il réalise un court métrage à Wembley, en compagnie de son épouse Jacqueline. Le titre est Bullfighter et il est produit par British Pathé !

    Bullfighter (1954)

     

    En 1959, il commet comme ses prédécesseurs le roman de sa vie « Suit of light » qu'il sous-titre avec prétention « the only english profesional Bullfighter ».

       Comme tout fini en chanson, comme déclame Beaumarchais , je vous conseille le célèbre « Matador, the musical life of El Cordobes » créé en 1987 par Tom Jones (l'Eddy Mitchell anglais) .

 

WHAT'S ELSE

 

Je dédie ce texte à Monsieur Henri Régis Dumoulin, sa casquette et lsa pipe lui conféraient un look  so british !

 

Jacques Lanfranchi « El Kallista »

Dimanche 3 février 2019

 

  1. In Toros

  2. Childe Harold's Pilgrimage (poèmes en quatre chants) Lord Byron (Londres 1812)

  3. Pablo Messa de Cadix chef de troupe, Francisco Teira de Madrid (banderillero et puntillero)

  4. Elizabeth II spécialiste des couvre-chefs hétérodoxes n'a jamais porté une montera à ma connaissance.

  5. Arènes portatives des Arceaux (Montpellier) ou Saint Laurent d'Aigouze. Dans ce dernier lieu, il fit un mano a mano avec José Manrubia le 4 mars 2001, toros de Pourquier. Corrida gratuite.

     

Bibliographie

 

- Toros 1267-1268 décembre 85 article d' Elisabeth et JP Fabaron

  • Toros et Crinolines Marc Thorel UBTF 1986

  • Byron : Vie et légende, Fiona Maccarthy 2002

  • Almanaque de Toreros Britanicos, Juan Cases Meiro 2017

     

Photos et video droits réservés

29. janv., 2019

JANVIER MOIS DU BLANC

 

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JANVIER LE MOIS DU BLANC

 

 

Je ne vais pas me substituer à la vente par correspondance du linge de maison, draps et autres sous vêtements des établissements Blancheporte, Damart et autre Daxon.

Juste un petit voyage dans le monde de la couleur blanche, partie intégrante de l'Univers et de la Tauromachie.

C'est la plus lumineuse des teintes de gris ! Et la somme des trois primaires (Rouge, Bleu, Vert).

Il faut lui rajouter du bleu (azurage) pour faire une lessive « qui lave plus blanc que blanc ».  Elle carrelle certains lieux de la maison : c'est le coloris du propre.

D'une manière plus romantique, son irisation donne l'arc en ciel, des fins d'orage.

C'est aussi le passage de la nuit à l'aube, de la Vie à la Mort.

En Afrique, en Asie, en Inde , elle symbolise le deuil, car elle annonce la renaissance. (1)

 

Elle est l'emblème de la pureté, les religieuses novices (avant les vœux) la portent, comme les mariées, les enfants lors du baptême.

Signe de Justice : on peut devenir blanc comme neige (avec un bon alibi) ou blanchir de l'argent sale.

Les marches blanches sont organisées après des crimes dont les enfants sont victimes.

Le carré blanc incrusté dans les images de télévision, signifiait des émissions pour adultes (2).

La descendance des rois, jusqu’à l'age de 7 ans avait des vêtements immaculés, censés leur porter chance. Ils pourront à partir de cet anniversaire devenir des blanc becs, sauf Blanche Neige qui troqua en 2012, son statut de princesse, contre celui de Torera ! Dans le film Blanca Nieve de Pablo Berger.

Les représentations de la Vierge (Immaculée Conception) sont ainsi coloriées, les Vierges à l'enfant sont teintes en bleu.

La classification ethnique courante au XIX ième siècle en Europe fit de cette couleur de peau une théorie racialiste.

Pourtant, l'homme blanc ne l'est pas, il est plus clair, si l'albinos est sacré en Afrique, un terme désigne la couleur de l'européen : Yovo.

Par équité, elle est la teinte universelle des suaires, des ossements, des tenus des revenants, et des cheveux vieillissants.

Seule sur la bannière des rois, elle cohabite avec l'or sur le drapeau des papes.

Le blanc et or est généralement celui du costume d'alternative. Rite de passage de novillero à matador de toros, elle évoque l’espérance dans ce doctorat.

Elle est considérée comme le coloris des techniciens, par opposition aux costumes rouges des belluaires, ou vert des toreros austères.

Luis Miguel Dominguin fit le paseo ainsi vêtu (hors alternative) dans un costume créé par Pablo Picasso à Las Palmas (Grande Canarie).

Angel Teruel et Palomo Linares affectionnaient cette couleur.

Morante de La Puebla aussi, il défila ainsi à Jerez en 2003. Edgard Garcia « El Dandy » torero colombien porte une montera blanche.

 

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Elle reste une teinte dominante sur la tenue des raseteurs, aujourd’hui elle est accompagnée par le nom de famille et les sponsors.

Le blanc comme un linge (livide) s'arbore sur le visage dans certains « paseos » ou « capelado ».

 

Teinte des façades dans les pays du pourtour méditerranéen, elle réfléchit la chaleur (blanc d'Espagne, blanc cérusé).

Elle est la marque des villages andalous (pueblo blanco) et le nom ou apodo des certaines villes : Casablanca, Alger la blanche, voire des noms de famille : Maison Blanche, Casabianca (corse)...

La robe des toros est généralement noire (3). Le terme berrendo (tacheté) évoque une cape blanche sous tachée de couleur : berrendo en negro. La référence exacte pour la teinte « ensabanado » (sabana étant le drap de lit).

Dans la mémoire des aficionados, vivent toujours les toros blancs célèbres. Celui de Antonio Chenel Albaladejo « Antoñete » , el del blanco mechòn . Atrevido le 27 mai 1966 à Madrid, une oreille qui valait un rabo , ou Campesino lidié par Luis Francisco Espla à Pampelune le 9 juillet 1985 ( deux oreilles, un rabo).

 

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Après ces Osborne ; les Veragua de Tomas Prieto de la Cal, les Miura portugais de Fernando Pereira Palha ; les patas blancas de Barcial.

Sans oublier, le mythe publicitaire des routes espagnoles qui s'offre pour son 60ième anniversaire une surligne de blanc pour la nuit.

Les débuts de saison se signent par une poignée de mains entre les toreros et les fondés de pouvoir (apoderados) : un blanc seing, une carte blanche, un chèque en blanc...

Tout peut finir en Justice en fin de saison (autre symbolique de la couleur).

Je n'ai pas eu l'angoisse de la feuille blanche, ça se fête : un blanc, un blanco, un branco, un bianco ?

 

 

Dimanche 27 janvier 2019

Jacques Lanfranchi « El Kallista »

 

  1. en milieu médical hospitalier (réanimation) , la couleur blanche réfère l'oxygène.

  2. Il fit son apparition à la télévision française le 25 mars 1961 pour la diffusion du Film « Riz amer » (1949), le short de la repiqueuse de riz Silvana Mangono était trop moulant.

  3. Les animaux blancs sont sacrés, mais ils peuvent être sacrifiés, l'affiche de la feria d'Arles en septembre 2016 était l'enlèvement d'Europe par un toro blanc (Zeus).

Bibliographie

  • Histoire et Symbolisme des couleurs , J Peyresblanques Inrs 1998

  • Science de la couleur , Robert Sire, Marseille Chalangon 2009

  • Toros n°1927-1928 A Vandenheede mai 2012

 

20. janv., 2019

SOBRIQUETS SURNOMS ALIAS : APODOS

 

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SOBRIQUETS, SURNOMS ALIAS:APODOS

 

Si l'onomastique est la science qui étudie les noms propres, les sobriquets, surnoms et autres pseudonymes (et oui le pseudo dans internet) fait partie intégrante de l'histoire des hommes, et de la tauromachie. L'Alias venant renforcer le trait.

Ex : Curro Romero, alias El Faraon de Camas.

Damaso Gonzales alias le Fakir d'Albacete.

 

Le référentiel pour l'identité de chacun a été longtemps le registre des naissances, plus exactement celui des baptêmes, tenu par le Clergé.

Le prénom n'était pas de mise, l'identité se réfère au nom de famille des deux parents.

Fulano fils de Fulano et Mengana.

Cette notion de filiation se retrouve dans tous les peuples : O (irlandais), Mac (écossais) , Ben (arabe) Ibn (juif).

En Corse cela donne : André di Filippu (André fils de Philippe).

Si plusieurs Fulano coexistaient dans une ville, on rajoutait un référentiel topographique.

Ex : Fulano fils de Fulano du Pré vert (ou de Triana).

Dans les campagnes, l'ère des sobriquets vint plus rapidement qu'en milieu citadin ; pour être concret, ils s'attachaient à un détail physique ou une manie.

Fulano fils de Fulano « le gros » de Triana

Mengano fils de Mengano « l'avare » de Raphèle,

 

Dans les sociétés latines, les parents,et les ascendants ainsi que leurs métiers respectifs, permettent l’identification d'un individu.

Durant les vacances d'été, dans le village familial en Corse, quand un ancien me rencontrait, la question rituelle était : «  Tu es le fils de qui ? », « De Ange, le Docteur » . « Et ton grand père ? ». « Jacques,  le Capitaine »  (marin militaire). « Donc tu es le neveu de Benoît, le maréchal (des logis) des colonies (guerre d'Indochine) ? ».

Le puzzle étant en place, l'individu reconnu et accepté !

 

De nos jours, les prénoms permettent d'identifier les deux grand-pères et le Père : Santiago, Pablo, Angel, Mengano.

De tout temps les espagnols et les portugais ont dans leurs patronymes les deux noms des parents : Jose Mengano Fulano.

Aujourd'hui l'ultime référence identité est le passeport crypté, la carte numérique itou, itou...

 

En Tauromachie, les apodos (surnoms) procèdent de plusieurs raisons :

les premiers étant : une connotation moins ridicule du nom, moins connue plus facile à prononcer (pour la promotion du torero, en cas de triomphe) ; voire pour les non espagnols donner une teinte hispanique. Les apodos peuvent se combiner entre eux.

Le petit François Dupond devient «  Currito del Puente », Jacques Delaporte , « Jaime de la Puerta ». Le premier torero français , Pierre Cazenabe prit l'apodo « Felix Robert » alias « El Frances ».

 

En règle générale, les apodos sont liés :

  • au lieu de naissance : El Manchego (la Mancha), El Cordobes (Cordoba), Espartaco (Espartina), Valencia, Nimeño, Marsella, El Quiteño (Quito).

  • au pays d'origine : El Ingles, El Africano (Ricardo Chibanga, premier torero de couleur), El Colombiano, El Peruano, El Chino, El Hijo del Sol Naciento (Japon).

  • au métier exercé (ou celui du Père) : El Marinero, El Panadero (El Pana), El Legionario ( le piquero Victorino Garcia), El Lechero (premier apodo de Damaso Gonzales, ses parents avaient des vaches laitières), Llavero (concierge), El Carnicero, El Estudiante.

  • à une particularité générale du physique , peu avantageux : El Gordo, El Chato, Cara Ancha, à la coloration des cheveux : Moreno, Rubio, à la couleur de la peau : El Negrito ( Freddy Omar Vénézuela), à l'aspect général : Fino, Finito.. L'adjectif joli (1) donna une lignée de toreros fameux : Les Pouly.

  • au prénom et son diminutif : Pepe pour José, Paquito pour Paco, Tomasito pour Tomas...

  • à un titre particulier : El Principe (Yiyo), El Rey , El Califa, El Faraon, Infante...

     

  • à la famille : le second, frère, fils, neveu, petit fils, devant Chico. Juan Belmonte Chico, El Cordobes hijo, voire l' homonymie : El Doble del Cordobes (Juan Perez Navas).

     

Dans le cadre des dynasties :

  • Armillita (fondateur Juan Espinosa Saucedo), on accole un chiffre : Armillita II. L'arborisation familiale peut se traiter par le prénom, comme celle des Silvetti, des Baez « Litri », des Mejias « Bienvenida », les Sangar « Pirri », des Goitïa « Romero ». Plus complexe est la famille Vega de Los Reyes dit « Gitanillo de Triana » alias Curro Puya, dont le fondateur fut Rafael.

  • aux bestiaires : El Lobo, Lagartijo (petit lézard), El Caracol , El Zorro (le renard), El Gallo, Canario , El Tortuga (2). El Tigre (Juan Silvetti Mañon, son fils Juan Silvetti Reynos fut El Trigrillo).

  • à l'imagination des apoderados : El Brujo, Diamante Negro, El Mito (le mythe), Maravilla, El Milionario, El Satelite (Victor Ruiz de la Torre).

  • à un trait de la personnalité : El Extremeño, El Tranquilito (Robert Piles) ; Valor (Diego Puerta), Formalito ( Jose Sapiens), Leal (Loyal)

  • à la religion, voire au clergé : Jesulin ( de Ubrique), El Santo, El Pio, El Diablo, Del Pilar, El Papa (Rodolfo Gaona) ; Monaguillo, Obispo et Niño de las Monjas (sic) et Romero (pèlerin) .

     

Certains journalistes ont un apodo : Paco Tolosa, El Tio Pepe, Luis de la Cruz.

Les empresas : la famille Martinez Elisondo deviendra « Chopera », le matador de toros et empresa Bernard Dombs prit le nom de son aïeule, d'origine séfarade espagnole et devint «  Simon Casas ».

 

Le 26 janvier 2019, à Lucena del Puerto se déroulera un festival mixte : toros Prieto de la Cal. Rejon : Leonardo Hernandes, Léa Vicens, et les débuts du becceriste « El Cachorro ».

La traduction littérale de ce mot est « chiot », par analogie, c'est le dernier né de la couvée, le petit mais aussi... : En 1682, la confrérie du Saint Christ de l'Expiration (Triana , Séville) commande au sculpteur Francisco Antonio Ruiz Gijon, un Christ en croix. Un soir à la Cava de Triana, un jeune gitan est poignardé lors d'une rixe, et décède sur les quais, sous les yeux de l'artiste. Ce dernier rentre à l'atelier, et capte le râle de l'homme, un œil déjà perdu... Il les reproduit sur son œuvre.

 

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 (2)

 

Lors de la première sortie du Paso (3), une gitane décoche une Saeta (4) « Ay ! Pero si ese mi cachorro » ,( celui ci est mon petit), le Christ avait son apodo !

 

« Humaniser le Divin jusqu'à le sévillaniser, peut être la plus haute voie sur le chemin de la Rédemption ». Manuel Machado

 

Suerte « El Cachorro » pour ta présentation en public, ce 26 janvier (5)

 

 

El Kallista ( le Corse)

dimanche 20 janvier 2019

 

 

  1. Pouli, adjectif provençal qui veut dire joli. La dynastie des Boudin : Etienne, son fils Ambroise, et son petit fils Pierre devinrent Pouly I, II et III.

  2. Neptali caza : el Tortuga d'origine équatorienne fut malgré une taille de 1m 50 , un des plus grands banderilleros d'Amérique latine.

  3. El paso , c'est l'ensemble du plateau et de la statue ( Christ, Vierge) porté par les costaleros, le grand torero Juan Belmonte fut un des célèbres nazaréens de la Confrérie du Saint Christ de l'Expiration : « El Cachorro ».

  4. Saeta : flèche verbale, interpellation

  5. Deux toreros ont déjà adopté cet apodo : Raul Ruiz et Javier Rodriguez.

 

Bibliographie :

  • La passion selon Séville, Joseph Peyré Éditions Arthaud 1953

  • Dictionnaire tauromachique, Paul Casanova Pierre Dupuy éditions Lafitte 1981.

  • Séville, Dominique Page Éditions Gisserot 1992

     

Photos :

Photo 1 : collection Eyraud Fidani DR

La dernière course de Pierre Boudin dit « Pouly III » accompagné de Fermin Espinosa Saucedo dit «  Armillita chico » et Jose Gonzales Lopez dit «  Carnicerito de Mexico » le 16/10/1932 à Arles Toros Pouly.

Photo 2 Arenas DR

 
 
14. janv., 2019

GENETIQUE ET TORO BRAVO

 

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GENETIQUE ET TORO BRAVO

 

 

 

Deux animaux sont apparentés, s'ils partagent un ancêtre commun. Un animal est consanguin, si ses parents sont apparentés.

Il faut préserver la variabilité génétique d'une part, pour améliorer la race d'autre part il faut lutter contre la consanguinité qui l'impacte défavorablement.

Dans une population fermée (nombre d'individus restreint) sans apport extérieur, inéluctablement la vitesse de la variabilité génétique diminue, celle de la consanguinité augmente.

La possibilité de bêtes tarées sur le plan physique, mais aussi sur les qualités morales ; baisse de la combativité (mansedumbre) est présente. Ce sont les deux facettes d'un même problème.

 

C'est le cas dans certains élevages de toros bravos dit «  sang bleu ».

Ils n'ont pas bénéficié d'apport extérieur de patrimoine génétique (génome) susceptible d'améliorer la variabilité .

 

On réalise généralement cette opération par l'apport d'un reproducteur (semental), de même origine (estirpe) mais extérieur à l'élevage : cela s'appelle « rafraîchir le sang ».

Dans des élevages comme Partido de Resina (ex Pablo Romero), il existe trois courants de sang : Cabrera, Jijona, Vasquez, chez Miura , deux sont : Cabrera, Gallardo (1). Il est plus facile de varier les croisements dans les lignées (reata).

Avec une seule origine : la lutte contre la consanguinité, devient épineuse dans le temps.

Ce fut le cas pour l'élevage « Prieto de la Cal ».

Créé par Gregorio Vasquez, son fils Vicente en 1750 lui adjoindra du sang Cabrera, l'élevage fut la propriété du Roi Ferdinand VII, puis pendant un siècle de l'association Duc de Veragua - Duc de Osuna.

Acquis en 1930, par Juan Pedro Domecq Diez et Nuñez de Villavencio.

Le sang Veragua fut vendu , en 1945 au Père du ganadero actuel : Tomas ( Prieto de la Cal y Divildes) ; son fils Tomas Prieto de la Cal Picon, reprit les rênes en 1975.'(2)

Le dernier apport de sang fut fait en 1940 par José Enrique Calderon.

 

 

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Dans le temps, les toros devinrent irréguliers dans la lidia : fuite du combat (mansedumbre), manque d'intérêt du toro au torero (faena a menos), baisse de la sauvagerie (figeza).

Tous ces défauts dénotent une variabilité génétique en baisse (consanguinité en hausse), les corollaires sont : désaffection des toreros, donc des organisateurs, donc du public. Une variabilité financiére en baisse !

Cet élevage, étant le dernier bastion Veragua, sans possibilités d'apport extérieur, le problème de sa sauvegarde fut posé .

 

Dans les années 1980, l'Union de Criadores de Toros de Lidia (UCTL fondée en 1905) a proposé un programme d'aide logistique à la conservation et l'amélioration de cet encaste. Le collège des vétérinaires a établi, sous la houlette du Professeur Cañon (3), un protocole d'intervention en interne : le décryptage du génome (ensemble des chromosomes) sur le cheptel.

Il est à noter qu'en France, ce type d'action a entraîné, notamment sur la race limousine, une révolution sur la production du lait et de viande.

Dans le cadre de la race brave , les critères sont :

  • Indicateur de qualité généalogique : nombre de générations connues

  • Indicateur phylogénétique : lien de parenté (ascendance) consigné dans le livre des naissances.

  • Établissement du génome : ensemble des chromosomes (cartographie), le génome bovin se constitue de 29 paires de chromosomes et une paire sexuelle.

La législation française impose une analyse génétique des reproducteurs  tous les quatre ans. C’est une traçabilité (filiation).

L'amélioration de la race passera par les génomes du reproducteur et de la femelle.

  • par la voie mâle : le génome transmet des caractères notés sur une échelle /10, exemple : toréabilité (noblesse, 2, 88)

  • pour la voie femelle, la lignée (reata) et la consanguinité du génome avec le futur mâle.

Lors de la tienta, en plus des qualités (4), la vache (becerra) aura l'attribution sur sa fiche d'une couleur.

  • rouge : maximum de consanguinité 15 à 30%

  • blanche : consanguinité égale ou inférieur à 15 %

  • vert : pas de consanguinité

     

Ces pourcentages correspondent à la parenté avec le futur reproducteur. Exemple : si une becerra est notée (regular) avec une couleur verte, possibilité d'être reproductrice, si rouge, elle est abattue.

Si une becerra est notée (superior) et estampillée rouge, elle peut être conservée, les choix sont faits en fonction du sexe de la descendance.

En génétique, rien n'est simple : la consanguinité peut permettre de régler des problèmes physiques : cornes, volume (tamaño), mais seulement sur une ou deux générations !

Après les qualités dites « morales » : bravoure, noblesse peuvent être impactées.

La multiplicité et la permutation des étalons au nombre de onze chez l'éleveur Don Tomas Prieto de la Cal Picon, contribue à améliorer la variabilité génétique (et les qualités intrinsèques des toros).

Ce travail complexe sur le patrimoine génétique, en vase clos, a permis à l’élevage de sortir du « bache », sans apport de sang extérieur, car impossible.

 

2008 : Farolero , corrida concours Saragosse six piques

2013 : 20 piques , vuelta al ruedo au cinquième à Ceret (France)

2015 : meilleur novillo de la Feria à Calasparra

2015 trois oreilles 11 piques, vuelta al ruedo au cinquième (Vergèze)

2018 trois oreilles vuelta al ruedo au quatrième à Tafalla

 

L'éleveur déclare que cette décennie est son meilleur moment de ganadero. La réputation est à son apogée. N'est 'elle pas la traduction de la devise héraldique de la ganaderia ?

 

Solera en Auge

LA MARQUESA

 

Agradecimiento al ganadero para repartir algunos secretos con nosotros...

Merci à Thierry Cazaubon pour sa gentillesse et sa diplomatie.

 

 

Jacques Lanfranchi « El Kallista »

dimanche 13 janvier 2019

 

 

  1. le célèbre A avec les anses est appliqué lors du ferrage, en haut ou en bas de la cuisse pour différencier l'origine Gallardo ou Cabrera.

  2. Le fer n'est pas vendu, d'où le V inversé (veragua) et le O de Osuna. Juan Pedro Domecq V couronné

  3. le professeur Javier Cañon est titulaire de la chaire de génétique (catédratico) de l’université de Madrid.

  4. Bravoure (pique), noblesse (muleta) plus les secrets et critères personnels de choix de chaque éleveur...

Photo 1 Jacques Sevenier

6. janv., 2019

LANGAGE TAURIN -RÉALITÉ GÉNÉTIQUE

photo 1

 

Langage taurin – Réalité scientifique

 

 

Dans le « parler » taurin, il est quelquefois des expressions péremptoires :

les qualités de bravoure (révélées par la pique), et de noblesse (idem pour la muleta) sont transmises par la femelle, le mâle n'apporte que la morphologie : trapio (taille) tamaño (corpulence).

 

Ces affirmations ont-elles un rapport avec la réalité scientifique ?

Tout aficionado qui se respecte, a assisté à l'épreuve de la tienta (verbe tentar : essayer).

 

Véritable laboratoire d'essai des becerras (vaches de deux ans), les tientas de mâles (machos) sont plus rares.

Le choix de l'éleveur désignera les futures reproductrices qui assurent la pérennité de l'élevage.

Elles transmettent aussi leurs qualités morales par l'hérédité.

 

L'hérédité correspond à la transmission des caractères d'un individu, à ses descendants, par les gènes. L'ensemble de ses derniers se nomme le génome.

 

A)    Types de transmission :

1) hérédité chromosomique dite mendélienne

2) hérédité paternelle, transmission d'un caractère du père au fils

3) hérédité sexuelle, transmission d'un caractère porté par la paire sexuelle

4) hérédité cytoplasmique, transmission uniquement par les organites contenues dans les gamètes femelles

5) hérédité maternelle, transmission uniquement par l'ADN mitochondrial contenu dans la gamète femelle.

Les types 3,4,5 pourraient donc conforter une partie de l'expression taurine pré-citée.

 

Il existe un autre paramètre :

 

B)        L'épigénétique (1)

 

L'ADN contient l'ensemble des gènes transmis, par contre leur expression est variable en fonction de phénomènes chimiques.

Ces derniers impactent les gènes, mais aussi les protéines (histones) à leur contact.

Ces phénomènes chimiques sont acquis sous la pression de l'environnement : stress, pollution, toxiques, vieillissement, alimentation.

Les mécanismes épigénétiques peuvent être perturbés in utéro ou dans l'enfance.

Sur une lignée de souris normale :

deux groupes :

  • groupe A subit des violences dans l'enfance

  • groupe B pas de violence

Le groupe A sera plus agressif que le groupe B, mais sa descendance également ( sans mauvais traitement durant l'enfance)

La particularité de cet héritage est d'être acquis durable, transmissible, même après disparition de la cause initiale.

 

L'éleveur va noter sur le livre de tienta (si les notes sont bonnes), l'approbation de la becerra donc future reproductrice. En amont, il devra analyser les parents, la fratrie, la famille dont elle est issue, c'est la lignée (la reata).

En aval, il jugera plus tard de la descendance obtenue « les enfants permettent de juger les parents ».

 

La sélection prend en compte donc les multiples types d'hérédité : les classiques et l'épigénétique.

 

L'empirisme de l'éleveur pourrait répondre à la réalité scientifique !

 

Jacques Lanfranchi " E l Kallista"

 

janvier 2019

1) Épigenèse :

Théorie d'Aristote qui nomme ainsi le développement d'un œuf informe d'une manière graduelle vers un organisme aux tissus différenciés ; opposé au préformationnisme qui postule que l'être vivant pré existe en miniature dans le germe.

 

Merci au Dr Patrice Viens , institut Paoli Calmette ( Marseille) pour son aide précieuse à la compréhension et à l'approche de l'épigénétique.

 

nb : les reproducteurs (sémentales) ont aujourd'hui leur carte d'identité génétique qui permet la reconnaissance en paternité ...et la filiation (législation) .