photo 1

 

Langage taurin – Réalité scientifique

 

 

Dans le « parler » taurin, il est quelquefois des expressions péremptoires :

les qualités de bravoure (révélées par la pique), et de noblesse (idem pour la muleta) sont transmises par la femelle, le mâle n'apporte que la morphologie : trapio (taille) tamaño (corpulence).

 

Ces affirmations ont-elles un rapport avec la réalité scientifique ?

Tout aficionado qui se respecte, a assisté à l'épreuve de la tienta (verbe tentar : essayer).

 

Véritable laboratoire d'essai des becerras (vaches de deux ans), les tientas de mâles (machos) sont plus rares.

Le choix de l'éleveur désignera les futures reproductrices qui assurent la pérennité de l'élevage.

Elles transmettent aussi leurs qualités morales par l'hérédité.

 

L'hérédité correspond à la transmission des caractères d'un individu, à ses descendants, par les gènes. L'ensemble de ses derniers se nomme le génome.

 

A)    Types de transmission :

1) hérédité chromosomique dite mendélienne

2) hérédité paternelle, transmission d'un caractère du père au fils

3) hérédité sexuelle, transmission d'un caractère porté par la paire sexuelle

4) hérédité cytoplasmique, transmission uniquement par les organites contenues dans les gamètes femelles

5) hérédité maternelle, transmission uniquement par l'ADN mitochondrial contenu dans la gamète femelle.

Les types 3,4,5 pourraient donc conforter une partie de l'expression taurine pré-citée.

 

Il existe un autre paramètre :

 

B)        L'épigénétique (1)

 

L'ADN contient l'ensemble des gènes transmis, par contre leur expression est variable en fonction de phénomènes chimiques.

Ces derniers impactent les gènes, mais aussi les protéines (histones) à leur contact.

Ces phénomènes chimiques sont acquis sous la pression de l'environnement : stress, pollution, toxiques, vieillissement, alimentation.

Les mécanismes épigénétiques peuvent être perturbés in utéro ou dans l'enfance.

Sur une lignée de souris normale :

deux groupes :

  • groupe A subit des violences dans l'enfance

  • groupe B pas de violence

Le groupe A sera plus agressif que le groupe B, mais sa descendance également ( sans mauvais traitement durant l'enfance)

La particularité de cet héritage est d'être acquis durable, transmissible, même après disparition de la cause initiale.

 

L'éleveur va noter sur le livre de tienta (si les notes sont bonnes), l'approbation de la becerra donc future reproductrice. En amont, il devra analyser les parents, la fratrie, la famille dont elle est issue, c'est la lignée (la reata).

En aval, il jugera plus tard de la descendance obtenue « les enfants permettent de juger les parents ».

 

La sélection prend en compte donc les multiples types d'hérédité : les classiques et l'épigénétique.

 

L'empirisme de l'éleveur pourrait répondre à la réalité scientifique !

 

Jacques Lanfranchi " E l Kallista"

 

janvier 2019

1) Épigenèse :

Théorie d'Aristote qui nomme ainsi le développement d'un œuf informe d'une manière graduelle vers un organisme aux tissus différenciés ; opposé au préformationnisme qui postule que l'être vivant pré existe en miniature dans le germe.

 

Merci au Dr Patrice Viens , institut Paoli Calmette ( Marseille) pour son aide précieuse à la compréhension et à l'approche de l'épigénétique.

 

nb : les reproducteurs (sémentales) ont aujourd'hui leur carte d'identité génétique qui permet la reconnaissance en paternité ...et la filiation (législation) .