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DES CHIFFRES ET DES LETTRES

 

 

Malgré la forte pluviométrie dans la région ces dernières semaines, les hommes du campo sont toujours sur la brèche.

L'aficionado, bien au chaud, peut réviser ses classiques ou regarder la célèbre émission télévision (1) éponyme du titre de l'article.

 

Les règles d'identification du bétail sont soumises à un protocole très strict.

 

  1. Bouclage à l'oreille

     

Une médaille provisoire est attribuée au veau. La déclaration des naissances doit être faite dans le mois suivant la mise à bas (article 13).

Une médaille définitive dite alphanumérique (2) , ce bouclage doit être réalisé dans les six mois après la naissance. Cette médaille orange dite « crotale » (forme du serpent) comporte :

  • un code du pays (FR France, MT Malte, ES Espagne)

  • 6 premiers chiffres : département, numéro national de l'éleveur

  • 4 derniers chiffres : numéro de travail

Cette boucle était facultative pour les mâles, elle est devenue obligatoire pour la traçabilité, le code barre reprend tous les éléments .

Nb : il faut toujours penser à récupérer les médailles quand les oreilles sont coupées par le torero , indispensable pour le vétérinaire et le boucher.

 

 

medaille

 

 

  1. Marquage à feu – Ferrade- Herramiento.

     

Il doit être effectué avant 18 mois (article 9). Il se pratique de la manière suivante :

 

 

A) le fer de l'élevage situé sur la croupe ou la hanche généralement à droite (sauf exception Yonnet, Cyril Colombeau).

 

Nous rappellerons la légende d'appellation non contrôlée qui attribue au célèbre A avec des anses de Miura, posé haut ou bas en fonction des origines Gallardo ou Cabrera.

 

B) Numéro d'identification correspondant aux naissances de l'année (camada). Le numéro peut être à trois chiffres, en fonction de l'importance des naissances.

Certains éleveurs marquent pair ou impair en fonction du sexe : exemple Mâle numéro 20.

Il est posé sur le flanc droit sauf exception...

C) l'année de naissance (guarismo)

Apposée à feu sur la face externe de l’antérieur droit, l’année de naissance se détermine du 1 juillet de l’année N 0 au 30 juin de l’année N, exemple du 1er juillet 2000 au 31 juin 2001. C’est le millésime. Obligatoire depuis 1969. (3)

Les mammifères bovins mettent bas au bout de 9 mois et les mâles reproducteurs restent entre un et trois mois sur le troupeau, la détermination des naissances étant difficile par rapport à l’hiver et au début des premières ferias, exemple : si un veau né en mars/avril (mois moins froid) pour les premières ferias, comme Arles, il peut lui manquer un mois pour avoir l’âge requis.

Il existe une approche rurale de l’âge en parlant d’herbes pour donner l’âge du toro. Un toro de 5 herbes est un bête de 4 ans, né pendant l’hiver, il broutera après sevrage l’herbe d’automne, 12 mois plus tard il s’attaquera à sa deuxième herbe.



3) Le sigle d'identification de l'association d'appartenance

Il est posé près du fer de l'élevage, pour les animaux inscrits au livre uniquement, et dans un élevage adhérent à l'association.

U union des criadores de toros de lidia (création 1905)

A asociacion des ganaderos de lidia (1977)

E agrupacion español des ganaderos de reses bravas (1983)

L ganaderos de lidia unidos (1979)

F association des éleveurs français de toros braves.

A l’origine Syndicats des ganaderos français 1962. La première entité datant de 1920 à l’initiative d’Ambroise Pouly , Pouly II s’intitulait Union Française des éleveurs de taureaux de combat (camarguais inclus).

Le sigle actuel date de 1994, le siège de l’association est au Parc naturel régional de Camargue qui en est également partenaire, il est apposé à feu sur la croupe ou hanche droite de l’animal.

L’ensemble de ces informations (lettres et chiffres) porté sur le toro sont enregistrées sur le livre généalogique de la race brave agréé en 1996 par le ministère de l’agriculture, qui possède son propre règlement technique.

L’établissement de cet ouvrage est en adéquation avec l’article 45 du règlement taurin espagnol qui stipule «  les bêtes lidiées doivent s’inscrire dans ce livre ».En Espagne, il y a 4 tomes puisqu’il y a quatre associations.

L'animal possède sa propre pièce d'identité (ancien D,A,B , document accompagnement du bovin), son état sanitaire est collé au recto (carte verte), au verso sont notifiés les déplacements .

Pour simplifier , si le toro est un véhicule : il a une plaque d'immatriculation ( bouclage, marque à feu) , une carte grise (passeport par bovin).

La préfecture étant pour le taureau, le livre généalogique français de la Race Bouvine de Combat, qui lui attribue son numéro, les animaux inscrits de ce livre le restent durant toute leur vie. L'avenir risque d'être, parait'il plus simple avec les puces informatisées, injectées en intra musculaire, déjà usitées pour les chiens, les chevaux, avec une lecture rapide par matériel spécifique.

En huit lettres pas mieux !

C'est tout !



Dimanche 25 novembre 2018

Jacques Lanfranchi « El Kallista »

photo 1 Toro de Cyril Colombeau droits réservés

photo 2 droits réservés

Bibliographie

- association des Éleveurs Français de Toros de Combat 2017

(1) Créée en 1965, sous l'appellation le mot le plus long, par Armand Jammot, elle devint des Chiffres et des Lettres en 1972. C'est la plus vieille émission en cours.

(2) Mise en place en 2010, elle comporte des chiffres des lettres.

(3) à la suite du congrès international de Séville en 1968, présenté par un groupe de clubs taurins français, le guarismo , année de naissance – marque à feu sur l'antérieur- fut adopté.