1. oct., 2018

Avec le temps...Par Jean François Nevière

Avec le temps….

Quelques mois sans aller aux arènes, le recours exclusif aux retransmissions sur internet de corridas ( ou novilladas) se déroulant dans des villes jusqu’ici à l’écart de mes habitudes aficionadas.. et voilà que s’ouvre pour moi une réflexion nouvelle sur toros et toreros.

Qui sont-ils donc ces toreros du bas de l’échelle pour ne pas mériter d’être quelques barreaux plus haut dans l’« escalafon » ?

Lors du desafio (défi) madrilène de Septembre on a pu voir à Las Ventas probablement parmi les plus belles passes naturelles de la saison, face à un toro armé comme un navire de guerre, hérissé de canons pointés vers la proue, un Robleño précis, audacieux face au danger, aligner des gestes extraordinaires. Qui va voir encore Fernando Robleño ? qui commence à vieillir, à s’user devant des publics battis sur le modèle du tendido 7 de Madrid ?

On a vu aussi l’autre jour à Villaseca de Sagra un David Mora formidable, qui revient après une blessure dont beaucoup ne se seraient pas remis. Je dis bien formidable, fin, subtil , et si engagé qu’il passait tout près de la correction à chaque passage de son toro … Cherchez David Mora sur les affiches… on retrouve partout des noms qui méritent dix fois moins que lui l’honneur d’être dans de grands cartels. Il sera néammoins présent lors de la dernière de la Feria de Otoño à Madrid. Suerte maestro !

Et Fortes ? Et quelques autres ? On ne dira évidemment pas le nom de ceux que l’on aimerait voir moins souvent, mais chacun doit comprendre que ses souhaits ne sont pas près d’être exhaucés, chaque empresario ayant dans son portefeuille des valeurs diverses, valeurs d’échange qui permettent de placer ici et là tantôt l’un tantôt l‘autre, au gré des tendances du marché.

C’était aussi cette saison la temporada d’Emilio de Justo, et de Paco Ureña, tous deux blessés.

Le Pérou nous offre deux grand toreros, la super vedette, statut largement mérité, Andrès Roca Rey et Joaquim Galdos dont les talents se révèlent en ce moment .

Du côté du Mexique deux figuras vont se défier à Tlaxcala avec les toros durs de Piedras Negras ( que d’aucuns appellent les Miura du Mexique ) : Joselito Adame et Sergio Flores.

Comment oublier, malgré les commentaires injustes qui ont été faits par quelques chroniqueurs taurins, les oppositions victorieuses dans la Monumental Mexico d’une part de Joselito Adame face à José Tomas voici deux ans, et surtout celle , incontestable d’un formidable Sergio Flores sur el Juli !

Côté français, Castella, contre vents et marées domine la situation et triomphe chaque fois qu’il est important pour lui de prouver sa supériorité.

Juan Bautista , blessé tout récemment a fait sa despedida avec honneur.

Enfin, mais on pourrait gloser comme cela des heures… la tauromachie s’étend de plus en plus en Equateur, des corridas sont annoncées partout, et le retour à Quito est proche, du moins espérons- le.

La Santamaria de Bogota a rouvert, le public est présent.

A Barcelone on parle aussi beaucoup du retour des toros….

Et les toreros blessés n’ont toujours qu’un désir celui de revenir dans l’arène.

Avec le temps…rien ne change vraiment, la fierté de porter encore le costume de lumière prouve bien que ces hommes ont compris qu’ « on ne cloue pas le temps au passé » *.

Actualité des temps anciens, présence et permanence du passé, lendemains qui chantent, rien n’est perdu.

 

 

Jean François Nevière.

 

*Chateaubriand