14. sept., 2018

Texte de Fernando Robleño pour son toro Navarro recueilli par Evelyne Lanfranchi

Querido Navarro....no es algo habitual pero si quiero hacerlo públicamente. Te estaré agradecido toda mi vida por haberme dado la oportunidad de tener una tarde tan emotiva en la primera Plaza del Mundo.
Desde que te ví días anteriores en fotos y vídeos me impresionaste e intuía que eras para mí. De ahí todo el miedo que pasé los días previos a tan grande compromiso en Madrid.
Cuando a las 12’00h del día 9 me confirmaron mi gente después del sorteo que así era, me quedé blanco. Apenas podía hablar, no pude comer y menos aún descansar. Eran momentos difíciles de mucha incertidumbre sin saber que iba a pasar. Pero ahí empezaba nuestra verdadera historia, la tuya y la mía.
Recuerdo antes de tu salida por la puerta del chiquero una mirada no sé a donde....pidiendo ayuda. Mi primer toro había sido un toro normal sin muchas opciones para el lucimiento y me faltaba ese empujón para dar un toque serio de atención en Madrid.
Cuando saliste al ruedo, te pegaron una ovación tremenda, me impresionó tu trapío y me asustaste como pocos toros lo han hecho. Aparte de esa seriedad que tenías tu mirada tan desafiante me hacia temblar.
Desde que te recibí con el capote me avisaste que ibas a vender cara
tu vida, tu embestida era muy encastada, como muy encastado fueron los tres encuentros al caballo de picar. Que pedazo de tercio de varas hiciste. Estaba todo el mundo emocionado en la Plaza menos yo, que sabía lo que me esperaba después.
Cogí la muleta sin saber que iba pasar, tenía claro que iba a ser una pelea entre los dos. Era consciente que tenía que hacer un gran esfuerzo y tirar la moneda al aire. Estaba en Madrid y venía de una racha de triunfos muy importantes.
Según fue pasando la faena sentí que me hacia contigo y que al final te iba a dominar, me estaba costando la vida, pero te soy sincero Navarro, lo más sencillo para ti hubiera sido acabar defendiéndote o embistiendo cada vez peor.
Ahí es donde demostraste tu bravura, tu nobleza, y tu entrega. Ese momento fue mágico.
Salía de rematar las tandas y veía al público en pie emocionado, esa imagen no la olvidaré nunca. El público nos estaba valorando a los dos. Te repito de nuevo Gracias por regalarme esas embestidas que me hicieron sentir el Toreo de verdad. Gracias al destino que haya querido unirnos para formar una obra tan emocionante y tan bonita.
Te recordaré siempre NAVARRO gracias

Traduction : 

Cher Navarro ... ce n'est pas habituel mais je veux le faire publiquement. Je serai reconnaissant toute ma vie pour me donner l'occasion d'avoir un tel après-midi émotionnel dans la première plaza de taureaux du monde.

Depuis que je t'ai vu, les jours précédents, dans les photos et les vidéos, j’ai été impressionné et j'ai j’ai eu l’intuition que tu serais pour moi. D'où toute la crainte d'avoir passé les jours précédents à un tel engagement à Madrid.

Quand, à midi le 9, mes collaborateurs m'ont confirmé après le tirage au sort, je suis devenu blanc. Je pouvais à peine parler, je ne pouvais pas manger, encore moins me reposer. C'étaient des moments difficiles d'incertitude sans savoir ce qui allait se passer. Mais c'est là que notre vraie histoire a commencé, la vôtre et la mienne.

Je te revois avant ta sortie par la porte des chiqueros un regard que je ne sais pas où ... demandant de l'aide. Mon premier taureau avait été un taureau normal, sans beaucoup d’options pour la série, et il me manquait cette pression pour attirer l’attention à Madrid.

Quand tu entras dans l'arène, tu as eu droit à une ovation énorme, je fus impressionné par ton trapio et j’ai ressenti une peur que peu de taureaux m’ont procuré. En dehors de ce sérieux que tu avais un regard qui me défiait et me faisait trembler.

Quand je t'ai reçu au capote tu m'as averti que tu irais jusqu’au bout. Ta charge était très encastée, tout comme les trois rencontres avec le cheval. Quel énorme tercio de piques tu as fait. Tout le monde était excité à la Plaza, sauf moi, qui savait ce qui m'attendait après.

J'ai pris la muleta sans savoir ce qui allait se passer, il était clair que ça allait être un combat entre nous deux. J'étais conscient que je devais faire un grand effort pour tirer mon épingle du jeu. J'étais à Madrid et j'étais sur une série de victoires.

Durant le déroulement de la faena j'ai ressenti que nous étions en osmose et qu’au final, j’allais te dominer., et j’en été très ennuyé. Mais je suis sincère, Navarro, le plus simple pour toi aurait été pour vous de terminer en te défendant et en chargeant de moins en moins bien.

Mais c'est là que tu as démontré ta noblesse et ta bravoure. Ce moment fut magique.

Puis je vis le public debout, ému nous ovationnant tous les deux. Cette image que je n'oublierai jamais. Je te le redis encore une fois, merci de m'avoir gratifié de telles attaques qui m'ont fait voir en toi un taureau de verdad. Merci au destin qui a voulu nous unir pour une feana si émouvante et si jolie. Je me souviendrai toujours de toi, NAVARRO merci.