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DE JERONIMO à l'INFINI

 

La phonétique de ce prénom espagnol fait plus penser au célèbre chef apache, qu'à un éminent personnage du milieu taurin et pourtant...

Jeronimo Pimentel Gomez est né le 5 mars 1931 à Cenicientos (province de Madrid) comme l'atteste son acte de naissance à l’entrée du Musée taurin.

 

Après de brèves études, il rentre rapidement à l'école taurine de Madrid.

Il passera l'alternative à Bordeaux Bouscat (France) le 30 septembre 1951, toros du ganadero portugais Palha , Parrain Julio Aparicio, Témoin Antonio Ordoñez. Le récipiendaire triomphera avec deux oreilles au sixième toro. Il confirme à Madrid le 20 avril 1952 (1).

 

La période des années cinquante voit une constellation d'étoiles taurines : Aparicio, Antoñete, Bienvenida, Ordoñez...

Le jeune torero tracera une carrière digne et courageuse. Il l'écourtera définitivement, et il s'expatrie en 1957 à Bogota (Colombie).

Il relèvera tous les défis, avec l'aide de la « Virgen del Roble ».

Durant sa vie colombienne, il endossera plusieurs costumes : apoderado, empresa des arènes de Quito, ainsi que de celle de Santamaria à Bogota où une plaque signale son implication taurine en Colombie.

Ses plus grandes lettres de noblesse s'écriront en tant qu'éleveur de Toros Brave.

A Chouachi, il créé une école taurine et une arène fixe de 2000 places ainsi qu'une maison de retraite.

Il s'installe un peu plus loin à la finca Vereda Fonte (département de Cundinamarca).

En 1995 , il créé le fer « Paraïso » ; 150 vaches de ventre d'origine Jandilla, Juan Pedro Domecq, El Torreon (Torrestrella).

Les reproducteurs sont de même origine, on leur adjoint : Un Salvador Domecq et deux Enrique Martin Arranz, qui appartiennent à son associé.

La situation de l'élevage brave en Amérique Centrale et en Amérique du Sud est préoccupante ; la consanguinité entraîne une mansedumbre importante.

L’insémination artificielle et les transferts d'embryons sont onéreux, et leur fiabilité est loin des 100%.

En 1996, arrivé par avion et après quelques heures de camion, un toro melocoton frappé du V du Duc de Veragua (JP Domecq) et du 120 sur le flanc. Le prénommé « Gracioso » va relever tous les défis

 

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Le père des Jaboneros en Amérique latine verra cinq de ses fils graciés : Buloso par El Juli (Cali), puis Lanudo par Ramiro Cadena (Bogota). Ce dernier fera le bonheur de l'élevage Los Ramirez (Venezuela).

Suivront : Troton, Janero, Apasionado.

Les élevages au Venezuela, Pérou, Équateur verront le rafraîchissement de leur sang par « Gracioso », dont le père s'appelait Ilusion...

Juan Pedro Domecq Solis, dans son ouvrage «  Del toreo a la Bravura », qualifiera Jeronimo Pimentel de « Semeur » (sembrador), pour son précieux travail d'éleveur (criador) et sa sélection.

En 2009, les fils du Señor Pimentel créeront un deuxième fer nommé « Cenicientos », en hommage au village de «  l'enchanteur merlin de l'élevage » (3).

Ce citoyen du monde a désormais son nom au frontispice des arènes de son village natal.

Le polifacetico partage le musée taurin avec un autre torero de la Tierra Castilla, de quarante ans son cadet Mariano Jimenez Sanchez..

 

 

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Respect aurait fredonné Aretha Franklin , disparue ce 16 août.

Je lui brinde ce texte.

 

Jeudi 16 août 2018

Jacques Lanfranchi « El Kallista »

 

Photos DR

  1. Toro Estudiante de Manuel Arranz, parrain A Bienvenida, T Rafael Ortega, les alternatives françaises étant reconnues depuis 1958 (Pierre Schull Arles). Cette confirmation n'est-elle pas une alternative ?

  2. Et ( 3) In Toros en Colombia

     

Bibliographie

  • El Toro Brave Hierros y encastes, España , Portugal, Mexico, Columbia de F.MIRA ( éditions Sevilla 1978)

  • El Toro de Lidia en Colombia , V Duisola, D Buenaventura , éditions Fedegan Février 2010.

  • Del Toreo a la Bravura, JP Domecq Solis, mai 2010