depositphotos_33326855-Vintage-postage-stamp

 

 

TOROS EN CUBA

 

 

Généralement l'évocation de Cuba projette dans l'imaginaire de chacun, un inventaire où se télescopent : Rhum, jolies métisses, révolutionnaires barbus, le tout soutenu par la rythmique et les percussions des musiciens octogénaires du « Buena Vista Social Club ».

Pour l'aficionado a los Toros, le terme havane suggère plutôt le Roméo et Juliette n°1, voire le Cohiba Esplandido, qu'un nom de capitale.

Le Son, terme souvent employé pour caractériser un toro, est également, un des quatre rythmes basiques de l’île, avec le Cha Cha Cha, la Rumba et le Charanga.

Pour les littéraires, Don Ernesto Hemingway « Papa » finalisera du haut de sa propriété la Vigie ! Son ouvrage « L'été dangereux », Antonio Ordoñez et Luiz Miguel Dominguin lui rendront visite en 1959

 

ordonez a cuba

 

Enfin les français partagent avec les cubains, le goût pour les combats de coqs, les toros, et surtout la Révolution.

 

«  Avec l'arquebuse, le cheval, la langue et le christianisme, le conquistador a aussi amené la Fiesta Brava » Leonardo Depostre.

 

Premier pays des Amériques, découvert par Christophe Colomb en 1492, l’île fut peut être la première contrée du Nouveau Monde, qui vit se dérouler des courses de taureaux.

En 1514, pour les uns , en 1538, pour d'autres, les spectacles se dérouleront à Cuba.

En 1536, fut construite la première plaza à Santiago de Cuba, la première des vingt ruedos cubains.

La Havane possédera sept plazas de 1794 à 1940.

Les plus célèbres furent la Belascoain (La Habana) détruite en 1897 par un incendie, et celle de Carlos III ( la Infante) qui hébergea « les toros » jusqu'à la fin de la domination espagnole dans l'île .

 

la habana 1898 (2)

 

Luis Mazzantini Y Eguia laissera un souvenir inoubliable non pour son idylle avec la grande actrice Sarah Bernard, mais pour ses prestations toreras (14 au total) du 25/12/1886 jusqu'en milieu d'année 1887.

Il donne une expression au vocabulaire local : « Mazzantin el torero, no puede hacerlo », c'est à dire malgré la compétence et le courage ultime, on ne peut le réaliser, c'est impossible.

Las Noyas : Angelita y Lolita, las niñas toreras catalanes se présenteront dans le nouveau monde, à Cuba en 1896.

Rafael Guerra « Guerrita », toréa le 2 février 1886 à La Havane, des produits de son compatriote et confrère Rafael Molina « Lagartijo », d'origine Cunha et Miura.

Le deuxième calife de Cordoue, récoltera une blessure au visage.

Le premier calife arrêtera son expérience ganadera en 1896

 

corridas

 

 

Juan Belmonte et Manuel Rodriguez « Manolete » prirent des vacances insulaires.

Les élevages espagnols : Concha Y Sierra, Veragua, Miura, Murube foulèrent le sable cubain ; mais aussi les toros mexicains de Atenco, et Cazadera ainsi que les locaux Hilario Gonzales, Manuel Fabregas, Mariano Bormel.

 

On notera également deux toreros de la Tierra : Jose Marrera « El Chechi » (1892), et Jose Antonio Sanchez « Pepillo » (1936).

 

Dans un éphéméride tragique, Francisco Arjona Guillen « Cucharès », fut emporté par le choléra, en 1868 à La Havane. Il avait été un des premiers toreros espagnols à inaugurer la corrida en France (Saint Esprit des Landes) 1853.

 

Francisco Ojeda reçu une cornada mortelle à Puerto Principe ! Moins d'un siècle plus tard, en 1923, le jeune Carlito Aguirre, cubain en vacances fut tué par un descabello échappé des mains d'Antonio Marques, dans les arènes de Bayonne.

 

Dés 1895, les patriotes cubains « prennent le maquis » dans le cadre du conflit entre l'Espagne et les États Unis.

La victoire de ces derniers entraînera l'interdiction des corridas par le général John Brouk le 10 octobre 1899.

Les courses n'étant plus que des spectacles au simulacre :sans mise à mort, sans pose de banderilles.

Le 31 août 1947, deux jours après le drame de Linares et la mort de Manolete, c'est l'extinction définitive de la tradition taurine à Cuba.

Les toreros mexicains Silverio Perez et Fermin Espinosa « Armillita » devant des toros colombiens de Agua Viva mettent un point final A los Toros.

 

« Victime de la SPA, de l'avènement du base-ball (Beisbol) et de la naissance d'un esprit civilisé, moderne et progressiste ». Pablo Riaño.

 

En 1955, après l'attaque manquée de la caserne Moncada (Santiago de Cuba), les frères Castro Raùl et Fidel s'expatrient au Mexique, pour échapper au dictateur Fulgecio Batista et à la Prison.

Raùl sous le surnom « El Vice Primero », ou Luar (Raùl à l'envers) s'essaya en terre aztèque devant vaches et taurillons pour récolter des fonds pour la cause.

Fidel , par l'intermédiaire de Maria Antonio Gonzales , rencontrera un médecin argentin : Ernesto Guevara Alias « El Che ».

Ernesto ira avec Raùl en 1955 à Madrid, ils visitent les arènes de Vista Alegre.

En 1959, il sera en barrera avec le même personnage et le créateur de la feria isidril : Don Livinio Stuyck, en pleine période franquiste !

 

che (1)

 

Sous l'égide du torero mexicain Rodrigo Galguena et dédié à son parrain d'alternative « Curro Romero », une exposition a été organisée du 7 juillet 2017 (San Firmin) au 30 août ; dans le musée Casa de Mexico à La Havane..

L'intitulé : Cuba brava, el toreo en la memoria historica de Cuba.

 

Un jour peut-être dans cette île caraïbe, si le nouveau président Miguel Diaz Canel veut...

 

Hasta la victoria siempre.

 

 

Jacques Lanfranchi « El Kallista »