19. mars, 2018

Première corrida de la temporada française, Gamarde-les-Bains 18 mars 2018

Pour sa quatrième édition, la journée organisée par la Peña Gamardaise fut une réussite totale. Remercions les organisateurs pour tous les efforts ayant abouti de si belle manière. Le tentadero matinal comme mise en bouche tint ma foi toutes ses promesses avec un novillero prometteur et vainqueur du « sapato de oro » de Arnedo 2017 ainsi que Jean Laroquette et des vaches de l’élevage combattu l’après-midi de Fernando Peña ( origine Sanchez Dalp/Torestrella).

Les belles arènes rénovées et couvertes du lieu offraient,  pour la journée, un intéressant abri, pour les nombreux aficionados s’étant déplacés. Il a fait, en effet, un temps de gueux à l’extérieur avec des averses de pluie d’une intensité rare.

Le repas roboratif et servi dans la salle attenante par un « bataillon » de bénévoles souriants et serviables fut une coupure reconstituante et animée par la Peña Al Violin de Samadet qui sut faire apprécier la qualité de son répertoire.

Après déjeuner, une corrida de luxe mettant en présence, excusez moi du peu :

Curro Diaz

Daniel Luque

Thomas Dufau

 6 toros et un sobrero avec du trapio et du tamaño de Fernando Peña Catalan

Arènes pleines

« Général », nr 14, fit son entrée en premier combattu par Curro, une pique avec léger boitillement à la sortie, deux paires de banderilles. Il fut un adversaire faible et sans charge que le diestro eut du mal à intéresser malgré une toreria d’intérêt sur la gauche car la corne droite n’offrait que des possibilités limitées de travail. Une épée sincère, un peu à droite du rincon et deux descabellos mirent fin à une entrée en matière que l’on aurait pu espérer meilleure.

Le nr 118 « Tigre » pour Daniel Luque fut reçu dans les canons pour un premier tiers plein de fougue et de qualité, une pique et trois paires de palos.  Luque débuta sa faena aux tablas pour ramener le bicho au centre. Un toreo incimiste face à cet adversaire embistant bien, lui permit de construire une très belle faena. Un vent d’indulto souffla juste après le duende et trois spectateurs restés un peu trop au comptoir et réveillés après les piques prononcèrent le mot à la mode. Le diestro même, jouant le jeu en faisant traîner la faena, qui après vingt passes n’est plus vraiment du toreo, complète plus un Cv de torero, fait un peu briller la plaza….. et permet aux spectateurs manquant d’arguments purs de dire aux anti tout que le combat est équitable puisque on gracie tant de toros ( et de plus en plus ) chaque temporada !  Un pinchazo suivi d’un avis, une belle épée elle-même suivie de deux descabellos, firent tomber du palco un pavillon de Tigre !

Thomas Dufau reçu Melenistas, nr 86 qui se blessa dès sa sortie. Un certain flottement, voir du bazar en piste se fait jour. Le toro s’étant blessé vraisemblablement à la colonne vertébrale devint impotent et inapte au combat. La présidence se fit un peu tirer l’oreille pour sortir le mouchoir vert et lorsqu’il fut affiché, le piquero fit quand même sa sortie alors que le puntillero de service larda allègrement, qui derrière des burladeros, qui avec le descabello et à des emplacements différents, le pauvre Melenistas. Dans ces cas là, le maestro ne se grandit pas s’il ne sort pas des talenquères avec l’épée de mort faire son office. Le mot même de matador ne signifie pas systèmatiquement cinquante passes de muleta pour montrer sa dextérité, chiffons en main. Ce toro et le torero n’eurent pas de chance, effectivement.

« Nervioso » nr 101, sobrero lui succède. Beau toro s’accrochant la corne gauche à l’aiguille signant un passage chez le coiffeur eut droit à une faena « à l’égyptienne », vous savez, comme les bas reliefs, avec des naturelles dignes d’inspecteur gadget ne transmettant que peu. Une belle épée, un aviso et un descabello, fit tomber du palco une oreille de pueblo.

Curro devant Guiador nr 84 qui reçut deux piques et deux paires de banderilles, eut la muleta touchée plusieurs fois et fut même désarmé. Le tiers de lame suivant, ne fut pas le témoignage d’une faena de poder d’autant qu’une demi douzaine de descabellos furent « généreusement » distribués à son pauvre adversaire !

La faena de l’après midi arriva avec Loecadio, très beau toro, nr 62 qui reçut une pique et trois paires de palos. Daniel Luque sortit le grand jeu avec de très belles séries de naturelles tout d’abord, suivies de muletazos remarquables. Une demi lame concluante lui permit d’obtenir deux oreilles méritées.

Barbamarron Nr 80 ponctua, s’il en était besoin,  le manque de chance du jour de l’espada Thomas Dufau. Après deux piques et trois paires de banderilles, le toro perdit l’onglet de la patte avant gauche le rendant inapte au combat car dans l’impossibilité momentanée de poser la patte au sol. Nous rajouterons aussi que le toro eut la malchance de sortir en dernière position, après un changement de toro ( un sobrero sorti en quatrième position ) et donc la lidia mit en présence un torero en manque et un adversaire impotent et …..des difficultés à faire ressortir un nouveau sobrero, qui pourtant potentiellement était en stock. L’adversaire, de caste fut un des seuls à garder la bouche fermée jusqu’à la fin, après une lame sincère, un  avis et trois puntillas.     

Bernard ARSICAUD