4. sept., 2017

Sebastien Castella au firmament Par Jean François Nevière

Bayonne 3 septembre2017.

 Photo Sud Ouest

Toros de Bañuelos.

Antonio Ferrera :silence et silence.

Sébastien Castella : 2 oreilles et 2 oreilles.

José Garrido : salut au tiers et salut au tiers.La merveilleuse cuadrilla de Sébastien Castella n’a fait qu’ajouter à son triomphe.

Rafael Viotti a salué, et au deuxième toro où, Viotti assurant la brega, ce sont ses deux camarades Pepe Moreno et José Francisco Borrero qui se sont découverts sous l’ovation magnifique du public. A noter que le maestro, à chaque fois, a clairement invité ses banderilleros à répondre aux souhaits du public de saluer depuis la barrière.

Ceci dit, on a vu aussi des toros avec sur le frontal des armures plus que respectables ! Visités au moment du sorteo, les bichos présentaient une certaine diversité de couleur de robe, de taille et de poids. Moyenne à 485 kg.

 

Antonio Ferrera, framboise et or, se laissera convaincre de banderiller son premier toro.Trois paires dont les plus fleuries furent la deux et la trois, la première nous ayant paru un peu à corne passée. La faena qui s’ensuivit fut sérieuse , réglée au cordeau, pesant sur le toro. Malheureusement la mise à mort n’a pas confirmé l’ensemble et il fallut à l’extremeño pas moins de cinq descabellos et 2 avis. Silence.

A son second adversaire, un colorado vif et très armé on ne vit pas grand-chose, pas même le maestro aux banderilles. Deux séries peu convaincues ni convaincantes à droite, un essai à gauche aussitôt interrompu par les sifflets.. chacun sentait chez le matador l’envie d’en finir, ce qu’il fit par deux épées indignes, copieusement sifflées, et deux descabellos.

Sébastien Castella, rouge vif et or, nous offrit, le cadeau n’était- il pas un tantinet exagéré( ?) une faena allurée de 56 passes ( désolé nous les avons comptées, ) dont 18 dans un terrain minuscule sans changer les pieds de place. Il avait entamé sa faena par 5 statuaires impavides, menton dans le jabot, tête absolument immobile, va et vient du toro rythmé par le balancement horloger du drap. Il y eut aussi les deux redondos in fine, un répertoire complet et d’un calme olympien ajoutez à cela une épée entière d’effet quasi immédiat : deux oreille, public ravi, le maestro fait une vuelta, tout sourire.

Son second, du nom de « Velloson », negro de 482 kgs sera le roi de la fête. Une entrée en fanfare, cette magnifique bête prouvera sous la main experte de Castella qu’elle était la quintessence de ce que nous aimons, un poids raisonnable, du coffre, de la carrosserie, des cornes, de la bravoure au cheval, de la noblesse dans la cape et la muleta, et de la caste, en toutes circonstances. Réception du toro au centre par des cambio. La musique démarre aussitôt pour trois séries à gauche, comme si le toro se confiait à cet homme superbe en rouge et or qui l’invite à passer et repasser, de près, de loin

L’un se confiant à l’autre et inversement, harmonie.. harmonie, rêve éveillé. Epée foudroyante, le toro, mort debout, va tomber, le matador est aussi ému que nous, deux mouchoirs blancs au palco, et le mouchoir bleu du tour de piste posthume pour le toro, tout se bouscule… émotion larmes contenues.. ou pas… Sébastien embrasse le toro en déposant sur lui une main pleine de reconnaissance, délire dans la foule, quel grand moment !

Sébastien Castella a paru tellement heureux qu’il nous a transmis son bonheur de toréer.

Pas une faute de goût, pas une attitude ordinaire chez ce garçon racé, et je dédie cette petite chronique à mon excellent ami mexicain Gaston Ramirez Cuevas qui, s’il avait été là, aurait VU cette faena et aurait à nouveau éprouvé sa ferveur perdue pour ce matador !

Olé Sébastien Castella !

José Garrido, vanille de Papantla et Café noir, était venu prouver qu’il mérite la place de torero qui monte du moment. Pas de chance pour lui, son premier toro sera changé (boiterie ?) décision prise par le palco sans demande du public. Le sobrero, un gros noir de 559 kgs distrait et violent, charge tout ce qui entre dans son champ de vision, donne des coups de tête, reçoit trois séries droitières , rien à gauche, et représente un danger constant. Une épée dans le rincon( et même plus bas…)et salut de la barrière à peine dépassée.

Quant au dernier, un castaño scuro qu’il avait fallu isoler de ses frères le matin tant il les agressait sans relâche, il donnera de sa personne dans le cheval, recevra deux piques dont la seconde se briseraen deux parts égales, le picador manquant plonger dans le vide. Le matador sait qu’il doit absolument convaincre et essaye de couper une oreille au cornu. Il torée avec force et volonté et fait passer l’animal à droite mais ce dernier se révèle intoréable à gauche. C’est sans compter sur la force de caractère du torero qui avec un vrai courage réussit une petite série de naturelles. Deux épées… Salut au tiers, belle ovation.

Ce fut cela Bayonne de l’Atlantique 2017 : des toros et des hommes !

 

Jean François Nevière