3. sept., 2017

Paco Urena : un Mister Bean héroîque !!! Par Jean François Nevière

 

Samedi 2 septembre, Bayonne.

 

6 toros d’El Freixo (El Juli).

 

Temps idéal, ciel bleu, pas de vent, trois quarts d’arène.

 Photo : Mundotoro

Juan Bautista ( vert wagon et or)

Paco Urena (Vert amande fraiche et or)

Andres Roca Rey ( Rioja et or).

 

Les trois diestros se seront illustrés chacun dans leur registre, Juan Bautista, sauf au premier qui permettait peu, a su exprimer sa science précise et volontaire des toros. A son second, un blond bien armé, l’arlésien s’enroule l’animal  à la cape et le conduit au cheval où il prend deux bonnes piques. Brindis au public et superbes séries en rond, le corps droit, la main gauche parfaitement relâchée. La musique, joue hélas comme si on était à la fête de la bière, sans rapport aucun avec ce qui se passe en piste, et gêne donc le spectateur avide de goutter cette faena précise et solidement construite.

Grand coup d'épée « recibiendo », deux oreilles longuement acclamées.

Paco Urena qui avait donné un quite par gaoneras allurées au premier de Juan Bautista reçoit fort bien son premeier adversaire, un beau toro sardo au mouchetage allant du beige clair au brun foncé .

Le toro prend deux piques, la seconde en partant de très loin. Roca rey fait un quite par chicuelinas très serrées qui font frémir le public extrêmement attentif de Lachepaillet.

Le matador délivre de longues droitières et se fait prendre à gauche, sans vrai dommages mais la secousse est rude, il tire un peu la jambe. Grande épée contraire, il coupe une oreille de poids .

A son second adversaire, un negro mulato de 534 Kg, deux piques sont administrées à ce client violent qui désarçonne le cavalier sans ménagement. Début de faena de muleta à droite par deux extraordinaires séries qui cadrent l’animal qui se refuse d’abord puis se livre sous l’autorité réelle de la main droite puis de la gauche du maestro, dans des charges rageuses et désordonnées et aussitôt reprises avec une volonté magnifique  qui finiront par soumettre le bicho, avant un mete y saca puis une entière fantastique d’effet immédiat, dans les pieds de Paco Urena. (1 avis).

Enorme pétition, deux oreilles.

Andrès Roca Rey, reçoit avec toute son élégance au capote le premier de ses adversaires, un beau brun bien armé.

C’est la journée des quites: Juan bautista à son tour vient au quite, auquel répondra Roca Rey par gaoneras.

Brindis au public. Andrès RR propose au toro une muleta  autoritaire par le bas, offerte très en avant sous le mufle du toro, puis l’animal passe à gauche en s’enroulant autour du matador, pour terminer en pecho libérateur, du mufle au bout de la queue.

Demie épée et un bajonazo.. hélas, oreille perdue.  Salut au tiers.

Le sixième, un noir s’emploie d’abord dans une charge au cheval très violente à la deuxième pique l’animal sort seul du  cheval. Le torero essaye de conduire la charge  sans jamais relâcher la pression sur le toro qui va a menos, se désunit, et Roca rey abrège… 1avis …1/2 sabre et un descabello  parfait.

Après le triomphe d’Urena au cinquième, on sentait comme une impossibilité d’aller plus loin plus haut dans l’émotion.

Bonne corrida d’El Freixo, une mansada avec de la caste et quelquefois du genio au point de faire rôder la peur dans les chevilles des matadors.

Rappelons que ce matin à la novillada SP, le jeune mexicain Gilio nous a enchantés par une faena d’une maturité et d’une justesse que son jeune âge ne laissait pas présager.

 

N’oubliez pas son nom : Arturo GILIO hijo ( fils de Arturo Gilio Hamdam torero d’alternative mexicain, impresario et ganadero à Toreon Cohaluila Mexico)

 

Jean François Nevière