CERET FOR EVER

Les années 80 sont bercées musicalement par le Let's Dance de David Bowie, les performances vocales et physiques de Mickaël Jackson, ou le Taxi de Jo, plus minimaliste est la prestation.

C'est l'avènement de la glasnot de Gorbatchev, Internet et autres téléphones cellulaires sont encore dans les limbes de la technologie.

Après le temps de la contestation, arrive le temps des Révolutions. Jean Louis Fourquet, Bernard Raveglione et une trentaine de socios, sur leurs fonds propres vont lancer la saga « Ceret de Toros ».

L'acte fondateur de l'entité torista sera l'affiche du 14 juillet 1988 : Ruiz Miguel, Christian Montcouquiol, Rui Bento Vasques, les toros sont de Puerto San Lorenzo, à la baguette logistique : Simon Carreño.

Cette programmation, l'ANDA, l'ADA de Parentis, Alès y Toros (canal historique) la voyait en rêve ; un hors circuit commercial, l'ADAC tente le pari .

Le président de l'association nationale des aficionados de l'époque, lors d'une réunion fit l'apologie de cette expérience.

Etant néophyte en Peinture, et pas spécialiste en Géographie, je demandais, s'il fallait partir le vendredi, pour le week end (habitude vicoise oblige).

 

Le voyage me parut court, absorbé, il est vrai par une compilation de Miles Davis (cassette Audio!) qui me fit passer la frontière sur le morceau «  Blues For Pablo », signe du destin : le peintre ? Ou le Bar sous les platanes !

Je n'ai pas la mémoire sélective  de certains pour vous narrer la course.

Par contre, je me rappelle la langue catalane qui, comme son homonyme corse, se mélange au français quand les conversations deviennent sérieuses, importantes, les Toros, par exemple.

Une myriade de souvenirs, des cinq sens, les Boles de Picolat, et autres escalivades de l'Hostal de Vives, le paseo Els Segadors au accent de glas, le toro aux génitoires proéminentes, symbole de l'ADAC, qui trône sur le Pont du Diable, sans cesse sali par les animalistes, qui renaîtra tous les deuxième week end de Juillet , tel un Phénix.

La Santa Espina libertaire et acidulée au cinquième toro, reprise en chœur et avec cœur par tous, interprétée par la Cobla Mil lenaria, qui finit la feria de 2003, juchée sur le toit de la Taquilla.

La chaleur impitoyable, dans les tendidos, et dans le ruedo catalysée l'après midi par celle rémanente des gradins et quelquefois les Rosés et les «Roustes » de la bodega de la Piscine et du Judo.

Ces ruisseaux qui dévalent les rues de Ceret, qui rafraîchissent, comme à l'époque la Fontaine des Nou Rougts ( neuf jets), centre symbole de l'esprit de révolte, Sang et Or.

Opposition de ces éléments, qui fit cette âme catalane incarnée à jamais par Madame D. A Vargas (1), mais aussi par Loulou le talonneur, René le cheminot ; Diego le gitan, Jean Louis le Président ; tous coiffés aujourd'hui de la Barretina (2) céleste.

Des forêts de cornes, des abrazos au voisin de tendido inconnu, il y a deux heures, lors d'un triomphe de Fernando Robleño et un verre échangé dans un hôtel de la frontière, quelques heures après avec le maestro : jour de suerte !

Le temps si long, lors de la blessure de Luis Francisco Espla en 2008, avec un Curé de Valverde, la jument de Philippe Heyral qui caracole dans le ruedo, lors de la tertulia animée par la voix rocailleuse de Francis Manent.

Les éditos guevaristes et acerbes de JL Fourquet, dans le livret férial ; des toros blancs, noirs, berendos, des piqueros secoués et APPLAUDIS (pas toujours), un grand chapeau ( de Ala Ancha) portugais.

Monsieur Hubert Yonnet, impassible sous le soleil des novilladas matinales- il a 86 ans, les abrivados de l'ami Daniel Rieumal.

Tout ce kaléidoscope de visages, donc certains disparus, je me permets pour cet anniversaire, mon premier acrostiche :

C Ceret

E Est

R resté

E entièrement

TORO

 

 

J P Darracq le « Tio Pepe » disait «  Naître et mourir Torista »

 

et si plus affinités : le livret souvenir

 

Ceret de Toros 30 Anys ADAC

édition ADAC Mai 2017

 

photo 2

 

Feliç aniversari

 

Brindis à Evelyne, que j'ai retrouvé en 1991, en Terre de Valespir.

 

Dimanche 2 juillet 2017

Jacques Lanfranchi «  El Kallista »

8 MAS

 

Photos DR

1 BOS TAURUS

2 ORIFLAMME CATALAN

 

 

  1. DA VARGAS critique taurin et amie des toreros français

  2. Barretina : chapeau typique et traditionnel catalan