27. avr., 2017

LA CRAU (Ce n’est pas du Fleury Michon)  par CHF

 
La Pub fleurit sur nos écrans depuis quelques temps.
On y voit des steaks hachés, qui ne sont pas des steaks hachés, des boulettes de viande qui ne sont pas des boulettes de viande…non tout cela est en “herbe“
Le Végétarisme, l’antichambre du Véganisme frappe à nos écrans.
Même le chef Thierry Marx vient de se déclarer végétarien jugeant que manger de la viande deux fois par semaines était largement suffisant…
De quoi je me mêle.
Je rappelle qu’à ce jour aucune enquête sérieuse, et indépendante, n’a prouvé quoi que ce soit en la matière et que tout tient dans l’équilibre et le contrôle des excès.
Depuis toujours nos ancêtres ont dévoré, fruits viandes et fibres…la grande différence était l’itinérance.
Bon, donc, Fleury Michon, qui pendant des années était le porte flambeau du Jambon de Supérette (ben oui c’est pas au type du sud-ouest que je suis, qu’on va la faire avec le jambon, le vrai celui dont Grand-père disait que c’était le gras qui donnait le goût) s’est donc lancé avec délice dans le leurre.
En gros faire croire que ça en est, mais ça n’en est pas, puisque vous n’en voulez plus, mais que quand même il faut que ça y ressemble, histoire de bien vous tromper…
Chez moi, ça porte un nom, c’est au moins de l’hypocrisie, sinon de la tromperie, comme du Chanel n°5 chinois, ou du Lacoste de Marakech.
Pour Fleury Michon, ne rêvons pas c’est juste une extension du marché, bien surfer sur la connerie des gens.
J’en ai les canines qui en tremblent (et oui, parce que j’ai des canines).
Définition de mon tortionnaire de dentiste…dents pointues qui servent à déchiqueter la viande chez certains animaux….ça doit bien avoir une raison tout ça, non ?
 
Bon, j’attends Samedi avec impatience.
Car Samedi il fera beau et c’est la Féria de la Crau.
Au delà de retrouver les copains, Cédric, Jim et toute leur bande, c’est un pur bonheur année après année de trainer mes guêtres par là.
De Rehuelga, en Dolores, de Yonnet en Galon, de François André en Valverde comme le dit l’escalier 6 du Moun : ça sent le toro.
 
Quand le village s’habille de ciel et blanc (couleurs officielles de la fête) on retrouve l’ambiance fête de village, mâtinée de traditions.
Gardians à chevaux, manade menée de main de maitre, Encierro ou les gamins se font écharper à bloquer à la main les toros camarguais.
Equins, bovins, tous mélangés, une véritable fête.
Dans la petite arène, il s’en passe des choses.
Ici les toros sont forts, les hommes se la donnent, parce que l’entourage est là, proche, prêt à intervenir si il y a maldonne.
J’ai été conquis par l’ambiance, et le sérieux…
Certes quelques uns rappelleront de fâcheux épisodes, mais comme on ne nous la fait pas, on tient tête, et on discute.
L’avantage est qu’ici pas de carré  VIP les éleveurs sont au milieu des aficionados.
Ici tu peux parler librement, on te répond, pas comme dans certains endroits que je connais et le soir tu croises les toreros avec qui tu peux parler.
Donc à part un ou deux dérapages (accidents ?) c’est plutôt sérieux, côté bêtes.
Et croyez moi, vous parlez avec des qui s’y connaissent parce que dans le coin, le foin de la Crau mondialement connu, nourrit des toros, il y en a kyrielles autour du village.
Le bonheur c’est de voir des toreros qui mettent la jambe, et plus, pourtant l’arène est petite et les toros combatifs.
C’est peut-être pour cela, on ne trahit pas la famille, et ceux qui s’y trompent subissent la honte, parce que on ne triche pas…je connais deux toreros Français au moins qui s’y sont pincés sérieusement les doigts, un du SE et un du SO.
 
Les matadors généralement sont ceux à qui on réserve le dur de dur, pas les stars des corridas dites “dures“ du grand circuit et qui truquent à perpète.
Ici on n’a que les moyens que l’on peut mais ce sont ceux du cœur.
On y croise, Cérétans, Vicois, Parentissois, et tous ceux qui veulent voir du combat.
On y vient voir Octavio Chacon guerrier de chez les guerriers, Perez Mota, le petit Javier Cortes qui pleurait l’an passé d’avoir raté son épée après un combat épique. On y croise Morenito de Aranda qui aurait pu indulter un fantastique Galon, et le retour de Juan Leal qui je l’espère va se rappeler au bon souvenir de tous…
Les toros seront bleu blanc rouge, on y tient ici, c’est le voisinage je le répète et honte à celui qui tricherait chez les éleveurs…la seconde corrida sera toute de Galon, décevants à Aignan…mais on n’est pas dans les animaux, n’est-ce pas ?
 
Je sais les heures d’après défaite, quand les hommes on trahi, ou les animaux n’ont pas été comme on les attendait….mais la sincérité est de mise.
 
Je serai à La Crau avec des potes, heureux d’y être, et mon slogan cette année sera le suivant :
LA CRAU c’est pas du Fleury MICHON
 
CHF