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Un certain dimanche à AIGNAN (Gers).

 

Aignan, phonétiquement, çà sonne comme un nom de mousquetaire, le côté gascon, les valeurs morales du quatuor de Bretteurs. Mille habitants, cela peut évoquer le village d'Astérix et sa pugnacité.

 

Aignan en Armagnac, pour l'épicurien, c'est un goût.

De son président fondateur, Jacques Rozis, à son actuel Paul Bergamo (2009) , le club Aignan y Toros a le dimanche de résurrection, car sa fête communale est pascale, son spectacle taurin espagnol.

Dans les arènes André Ladoues qui fêtent ses 85 ans.

La plaza a vu défiler depuis un quart de siècle une vingtaine d'élevages de toros braves français, plus de quinze matadors de toros hexagonaux et autant de novilleros, ce qui est loin d'être négligeable...

La première oreille fut coupée sur le premier toro de Gallon en 1993 par Felipe Martins (1).

Sébastien Castella fit ses débuts dans le Sud Ouest dans cette même plaza.

Je laisse Monsieur Thierry Cazaubon parler de son ruedo.

 

El Kallista » : Quel est ta motivation et ton parcours taurin ?

 

Thierry Cazaubon :

 

« Natif d 'Aignan, je suis rentré au Comité des Fêtes dans les années 1990, la tauromachie était essentiellement représentée par la Course Landaise.

A dater de 1993, le Club Aignan Y Toros a été créé , le Président J Rozis, le conseiller technique fut Michel Lagravère, puis Mr Andreu ( jusqu'en 2014).

Ma motivation est celle d'un aficionado a los Toros. Je suis depuis trois ans, conseiller technique et partenaire financier donc responsable à parité avec l'entité de ces deux éléments. »

 

« El Kallista » : Quelle est l'éthique du Club taurin ?

 

Thierry Cazaubon :

 

« L'éthique est essentiellement Torista, on choisit les Toros avant les Hommes.

On met les ganaderias à l'honneur, ainsi la première corrida d'Aimé Gallon et ses fils, a été lidiée en 1993, dans nos arènes. Jean Louis Darré présenta sa première novillada (Astarac) en 1997, avec les débuts d 'un jeune biterrois Sébastien Castella !

Le torero Juan José Padilla vint en 1996 alors qu'il était peu connu, en 2011 devant les Baltazar Iban, il était devenu « Puntero » et assurera le seul lleno de la plaza..

Même parcours pour Manuel Escribano qui débuta en 2001 (sans picador) dans la région et revint en 2013 devant les toros de Hubert Yonnet (le fameux quiebro dans les tablas NDR).

Je me permets la comparaison, Vic Fezensac a Ruiz Miguel, Ceret LF Espla, Aignan a Manuel Escribano »(sourires).

 

« El Kallista » : Quels sont tes rapports avec le mundillo français ?

 

Thierry Cazaubon :

« Pour l'anniversaire du quart de siècle des corridas à Aignan, je remets les élevages Gallon Frères et Jean Louis Darré (Camino de Santiago).

Pour la novillada, en accord avec la direction d'Adour Aficion ( Richard Milian , NDR), les novillos du Lartet sont forts, d'où le choix de Juan Collado Diaz et Carlos Dominguez. Cabrera, qui sont aux portes des novilladas piquées.

Malgré certaines légendes colportées, les toreros « tras los pirineos » ne rechignent pas à se mettre devant les toros hexagonaux, et jouer le jeu !

Avec les toreros français, les choses sont plus compliquées. J'ai offert la possibilité d'une table ronde, pour discuter, faute de réponse, la date n'est toujours pas fixée ! (rires).

La catégorie de l'arène ne permet pas les échanges et autres subtilités. Les toros sont toujours très sérieux. »

  

Après cet entretien, fort explicite, je souhaite suerte para todos, la réussite pour l’organisation « Aignan Y Toros » et surtout un dimanche de Résurrection pour Manuel Escribano après sa grave blessure de 2016.

Je conclurai par ce proverbe corse : «  Ghjente vale meghiu ché arghjentu »

« des gens, cela vaut mieux que de l'argent »

 

 

Jacques Lanfranchi « El Kallista »

Dimanche 2 avril 2017

 

(1) Felipe Martins : José Felipe Martin 21 ième torero français d'alternative, le 4 août 1991 à Bayonne, toro Claro de JL Vasconcellos Parrain Joselito, Témoin Rafi Camino.