1. avr., 2017

Lettres de la FSTF aux candidats à la Présidence de la République

Nous avons adressé ce  jour, 21 mars 2017, la lettre reproduite ci-après à chacun de nos onze candidats à la présidence de la République, à savoir :

Madame Nathalie Arthaud
Candidate à l’élection présidentielle
LUTTE OUVRIÈRE
BP 20029 - 93501 PANTIN CEDEX

Monsieur Jean Lasalle
Candidat à l’élection présidentielle
126 rue de l’Université
75355 Paris 07 SP

Monsieur François Asselineau
Candidat à l’élection présidentielle
UPR
15, rue Erard
75012 Paris

Madame Marine Le Pen
Candidate à l’élection présidentielle
FRONT NATIONAL
76-78, rue des Suisses - 92000 Nanterre

Monsieur Jacques Cheminade
Candidat à l’élection présidentielle
olidarité et Progrès
B.P. 27 - 92114 CLICHY cedex

Monsieur Emmanuel Macron
Candidat à l’élection présidentielle
En Marche
BP 80049 - 94801 Villejuif

Monsieur Nicolas Dupont-Aignan
Candidat à l’élection présidentielle
Debout la France
BP 18
91330 YERRES

Monsieur Jean-Luc Mélenchon
Candidat à l’élection présidentielle
La France insoumise
BP 10031
75462 PARIS cedex 10

Monsieur François Fillon
Candidat à l’élection présidentielle
Les Républicains
238 rue de Vaugirard
75015 Paris

Monsieur Philippe Poutou
Candidat à l’élection présidentielle
NPA
2 rue Richard Lenoir
93100 Montreuil

Monsieur Benoît Hamon
Candidat à l’élection présidentielle
Parti socialiste
10, rue de Solférino
75333 PARIS CEDEX

 

 

                                                                                     

                                                            Toulouse, le 21 mars 2017

                       

                                                             M...

 

Monsieur (Madame) le (la) Candidat(e)

 

Nous tenons à attirer votre attention sur les spécificités culturelles de nos trois régions méridionales, Nouvelle Aquitaine, Occitanie, PACA.

Depuis la Croisade des Albigeois, leurs spécificités ont été souvent mal comprises du pouvoir parisien, même devenu républicain et, donc, épris de liberté.

Allons d’emblée à ce qui nous anime.

Notre fédération promeut depuis 1910 l’éthique de nos tauromachies, qu’elles soient locales ou adoptent le rituel espagnol de la mise à mort, et défend les libertés de ceux qui les aiment, qui se nourrissent de leurs amples et merveilleux prolongements culturels au point de s’en faire une bonne partie de leur art de vivre.

Nous nous sommes toujours battus pour nos cultures taurines et, de la fin du XIXe siècle au début du XXe, de Dax et Bayonne à Nîmes et Arles, nos prédécesseurs ont été contraints par les intransigeances du pouvoir central d’adopter des positions quasi insurrectionnelles, non violentes bien entendu… Mais ils n’ont pas capitulé et, à leur exemple, nous ne capitulerons jamais !

Très intelligemment et sagement, le législateur, par la loi du 24 avril 1951, a légalisé les courses de taureaux dans les lieux où une tradition ininterrompue peut être invoquée. Si bien qu'aujourd’hui en France la situation de nos tauromachies est solidement établie et qu’il sera de votre responsabilité, si vous êtes élu, qu’elle se poursuive ainsi.

Qu’en est-il ?

  • Impact environnemental :

L’élevage extensif du taureau de combat (du Gers et Landes aux Cévennes et Camargue, en passant par les étangs de Fleury et la petite Camargue) participe à la préservation de la diversité biologique et à l’entretien de zones humides.

  • Impact économique :

50 élevages de taureaux de combat sont implantés dans le Sud de la France, compte non tenu des élevages de taureaux camarguais ou landais.

Le public est évalué à deux millions de personnes, hors spectacles et animations gratuites.

Les ferias sont indispensables à l’économie de villes comme Dax, Bayonne, Mont de Marsan, Saint Vincent de Tyrosse, Vic Fézensac, Béziers, Céret, Nîmes, Alès, Arles, Istres …. Et, si nous incluons toutes les villes de moindre d’importance en terme de population mais non pas de solide enracinement et de bienfaits pour leurs micro-économies locales, nous atteignons 75 villes où des spectacles taurins sont célébrés chaque année dans notre pays. Tout ceci bénéficie en outre d’un tourisme induit et d’un commerce des produits dérivés.

  • Impact sociétal :

C’est pour nous le plus important et pour vous aussi parce qu’il ne manque pas de générer une incidence électorale. Il touche une importante communauté, de l’ordre de 2 000 000 de fidèles aux spectacles taurins en France l’année dernière. Cette communauté se recrute pour l’essentiel dans notre Midi mais comporte aussi des représentants venus d’ailleurs, parce que la tauromachie, si elle se cantonne dans des lieux précis, touche à l’universel et qu’en conséquence notre Fédération regroupe des associations issues de toute la France et de Paris, bien sûr.

Après vous avoir indiqué que nous adhérons aux idées et réflexions du colloque tenu le 4 octobre dernier au Sénat, intitulé « L’homme et les animaux : vers un conflit de civilisations ? », que nous participons aux mouvements d’identité culturelle “Esprit du Sud” qui gagnent progressivement les départements de nos trois régions, nous ne vous poserons qu’une seule question :

Vous engagez-vous, si vous êtes élu Président de notre République, à ne pas vous employer à faire interdire les courses de taureaux avec mise à mort dans les endroits de notre territoire où elles sont aujourd’hui légales ?

Nous ne manquerons pas de faire connaître, avant le premier tour du scrutin, votre réponse ou votre non réponse à nos adhérents, à nos populations fières de leurs façons de vivre, ainsi qu’à nos élus régionaux et locaux.

Dans l’attente de votre proche réponse, soyez assuré, Monsieur (Madame) le (la) Candidat(e), de notre parfaite considération et de notre a diù siatz comme nous avons coutume d’exprimer ici en notre belle langue occitane un bienveillant au revoir

 

Dominique Valmary
Président de la Fédération
des Sociétés Taurines de France