20. mars, 2017

Feria de la faïence de Samadet, novillada de dimanche 19 mars

Samadet , 19 mars feria de la faïence, un peu moins de ¾ d’arène ;

Andy Younes, silence et deux oreilles

Tibo Garcia, une et deux oreilles

Andiren Salenc, une oreille et silence.

 Novillos de Ignacio Lopez Chaves ( Domecq) et un sobrero d’Alma Serena  des frères Bats  (Murube/Domecq)

Très particulière, la première sortie de la tarde. Après les tours de pistes répréhensibles qui sont à comparer à un châtiment, le novillo sur une sortie de chiffon critiquable également, remate les planches et s’en trouve inapte au combat, au moins pour un moment. Sorti limpio et abîmé en piste, en toute logique, soit il est à lidier, soit à tuer mais pas à changer comme très souvent le public le réclame à tord ! D’autant que les conditions matérielles nécessitent du temps et des manœuvres pour repositionner les cajons de manière à récupérer un animal, qui en théorie, ne doit pas sortir par là ! Andy Younes réclame donc le droit de tuer l’animal plutôt que de le rentrer ou le puntiller, ce qui lui est accordé. Au bilan une bonne demi-heure de « consommée ». Le jeune torero s’exécute dans les meilleures conditions. A souligner que, le changement ayant été accordé, rien de l’obligeait à le faire.

Le sobrero, des frères Bats, morphotype Conde de la Corte en moins haut, lourd et puissant, fut accueilli à la pique par deux puyazos dont un sur lequel la cruzeta ne pouvait sortir obligeant le piquero à manvoeuvrer la hampe comme un grand ouvre boîte afin de la faire ressortir ! Incontestablement victime de son trapio, l’animal fut plus conciliant et calme pour permettre une lidia malgré tout sérieuse du torero. J’aurais évidemment désiré  « un peu moins de privation de combativité » afin de révéler les qualités de lidiador annoncées du jeune torero. Son second adversaire lui permit mieux d’exprimer sa toreria car piqué à la monopique.

Tibo Garcia, sur un tout autre registre confirme ce qu’on l’avait vu faire l’an dernier en l’occurrence des faenas sérieuses et intelligentes, notamment devant un novillo sans charge, installé dans la défensive qu’il a su lidié avec délicatesse, et son second qu’il a combattu pour une grosse partie dans la querencia, sans l’en faire sortir. Ce garçon a la planta et il est mur pour le grand saut. Gageons même qu’il est au seuil d’une belle carrière.

Adrien Salenc, gladiateur courageux et enthousiaste, sur ces prestations cherche quelque peu à toréer le public afin de masquer ses déficiences de lecture des terrains et de sitios. L’adaptation étant une qualité majeure en tauromachie ou ailleurs fait donc bien entendu défaut sur ce que l’on a vu. Rappelons que toréer consiste non à dérouler des passes, mais à l’aide des leurres de corriger les défauts ou travailler les qualités de son adversaire afin de l’amener à la mort dans les meilleures conditions. Très positif en revanche, ses aciers ainsi que d’ailleurs tous ceux de cette tarde de toros dont on ne retiendra que l’enthousiasme des toreros, la planta et le toreo actuel de Tibo Garcia et deux novillos nobles, l’ Alma Serena n’aurait peut être pas manqué d’intérêt s’il n’avait pas été rendu inapte au combat. 

Merci, encore une fois, à la Peña Al Violin pour l’organisation parfaite de cette journée.

Photo Mundillo Taurino

Bernard ARSICAUD