18. déc., 2016

Buscando la aficion a los toros...

Quelquefois, alors que la vie semble terne et sans relief, un fait, une connaissance, un écrit nous transmet un angle de vue, une dynamique ou un élan nouveau...  c'est mon cas aujourd'hui.

En effet, un couple d'amis, dans le déroulement de leur carrière, vient d'être récemment affecté au Mexique. Pays que j'aime tout particulièrement, par ses richesses archéologiques, ses décors extrêmement variés, la qualité, la gentillesse et le sens de l'hospitalité de son peuple ainsi que ses traditions. Grâce à Mexico Aztecas Y Toros, en effet, j'ai eu le bonheur d'effectuer plusieurs voyages en terre aztèque et j'y ai même des connaissances et des amis très chers.

Ces nouveaux arrivants y sont depuis quelques mois et hors des échanges naturels d'acclimatation, de conditions d'adaptations et de politesse, l'épouse, qui dispose d'un peu plus de temps, m'a adressé le document qui suit afin de me faire partager, de façon un peu plus complète, son ressenti.

Pour l'aspect taurin pur, il ne m'était pas possible de leur trouver un mentor plus sympathique et surtout plus qualifié que notre correspondant à Mexico j'ai nommé le pregonero sevillan Gaston Ramirez Cuevas.

Au XIX ème siècle les récits de voyageurs étaient collectés par différents instituts car l'ouverture au monde était perçue comme une façon de voyager par procuration et la communauté scientifique ne disposait que de moyens relativement limités pour permettre d'accumuler les connaissances. En lisant ce document, j'ai pensé aux différents récits auxquels je viens de faire allusion et que j'ai eu le plaisir de lire. Je mets un bémol à mon enthousiasme car je connais la discrétion et la modestie de la rédactrice. Comme je sais son attirance pour la tauromachie, j'ai pris la liberté de mettre un titre en espagnol. Je ne résiste pas à l'envie de vous le faire partager

Buscando la aficion a los toros...( mon titre rajouté connaissant l'aficion de la rédactrice)

« Impressions mexicaines  (son titre original)

La vie d’expatrié est bien souvent enviée et pourtant pas toujours enviable…

Ceci étant, après 25 années passées en Afrique (Congo et Tanzanie), en Asie (Laos), en Amérique du Nord (Canada), nous voilà installés au Mexique pour un certain nombre d’années.

Pour moi, c’était un rêve que je n’osais imaginer : un pays hispanophone d’une part… et le retour pour moi vers « las fiestas taurinas », élément essentiel qui m’a tant manqué dans les pays précédents, peu propices à ce type de divertissement !

 

Après 4 mois de présence dans la ville de Mexico et peu de sorties à l’extérieur, je reste agréablement surprise encore, jour après jour, semaine après semaine.

Mexico est une ville tentaculaire, avec un trafic absolument infernal à toute heure de la journée, où JAMAIS je ne conduirai, je m’en suis fait la promesse, moi qui aime tant conduire. Prendre la voiture pour aller faire mes courses dans mon quartier me suffira amplement… et/ou à l’extérieur de la ville éventuellement ! Des routes en contrebas, des routes suspendues, des changements de voies entre des piles de pont, des têtes à queue, on double à droite, on double sans clignotant, on roule vite… Bref, 22 millions d’habitants pour la seule ville de Mexico City… ça en fait du monde sur les routes ! Et ce qui peut être appelé le « petit village » que nous avons visité, PUEBLA, en comparaison, compte tout de même 2 millions d’habitants !

 

Si beaucoup de quartiers de Mexico sont très colorés, les villages environnants le sont encore plus… Que de vie dans ces couleurs, d’allégresse, de joie… Toutes se ravivent lorsque le soleil les caresse et donne à chaque endroit une impression sublime se détachant sous le ciel bleu, une luminosité particulière qui restera gravée sur la « pellicule numérique ». Les Mexicains sont gentils, accueillants, ont un sens inné du service et par ailleurs très cultivés en général. Un seul bémol, il ne faut jamais relâcher son attention, sans quoi toute situation peut, tout à coup, devenir très critique, dans certains endroits…

 

L’art et la culture taurine avaient une place toute particulière dans le choix de notre affectation. Enfin j’allais pouvoir reprendre le chemin des arènes, à Mexico, plaza de toros la plus grande du monde !

Ce qui fut fait très vite, avec la meilleure compagnie qui soit : Gaston Ramirez Cuevas et sa délicieuse épouse Maria Eugenia Saavedra Novoa dite Maru ! La chance nous sourit, profitons de la situation… 45 000 places… parfois quasiment vides, parfois quasiment pleines en fonction du cartel annoncé… La nouvelle direction des arènes a fait le choix d’augmenter le prix des places de 30 à 80%, ce qui n’arrange rien ! Accoutumée à l’ambiance des arènes françaises (Dax principalement) en période de fêtes, je trouve d’emblée l’environnement et le public particuliers. Pas de musique sinon entre chaque toro, peu de respect envers l’homme qui évolue sur le sable, cris intempestifs pour tout et n’importe quoi, public en retard qui s’installe en plein cœur de la faena, vente de cigares, de boissons, de nourriture dans les gradins… Tout ceci m’interpelle quelque peu. Tout le reste, je le découvre peu à peu : les élevages mexicains mais aussi les toreros dont je n’avais quasiment jamais entendu parler auparavant. Je découvre par bonheur les trois « figuras » importantes du pays : Joselito ADAME, Sergio FLORES et Fermin RIVERA, sans compter les deux « sobresalientes » Diego SILVETI et Gerardo RIVERA, les trois premiers en direct et les deux autres à la télévision. J’ai eu la chance d’approcher brièvement Sergio FLORES en costume de ville autour de l’arène, venu encourager son compatriote Joselito ADAME lors de son encerronada (devant 6 toros de ganaderias différentes). Mon œil féminin ne peut que constater la beauté, extérieure et intérieure de ce jeune homme d’une vingtaine d’années, d’un bon mètre quatre-vingt, svelte et extrêmement souriant que j’avais déjà trouvé terriblement élégant tant dans son costume de lumière rouge et or que dans le déroulement de sa faena !

Depuis mon arrivée à Mexico, je suis membre d’une association francophone Mexico Accueil au sein de laquelle sont organisées des sorties et/ou animations culturelles entre autres. Je m’aperçois que JAMAIS (ou alors il y a fort longtemps) n’ont été organisées d’actions autour de la culture taurine mexicaine… Qu’à cela ne tienne… Je me lance dans la « prospection » au sein du groupe et, comble de chance, mon idée de préparer un sujet autour du thème est acceptée à l’unanimité au sein du bureau de Mexico Accueil.

Une première partie consistera à publier un article sur les bases du règlement de la corrida (présentation) sur la revue mensuelle REVISTA (interne au groupe) en deux fois, aux mois de janvier et février 2017. Dans un deuxième temps, une présentation/conférence animée par Gaston RAMIREZ CUEVAS devrait avoir lieu le 16 février 2017 révélant l’origine et la place de la tauromachie dans la culture mexicaine suivie de questions/réponses. Nous tenterons par la suite d’organiser une sortie « au campo » dans une hacienda/ganaderia avec visite du cheptel en famille et déjeuner sur place. L’idéal, à mon sens, serait d’assister à une tienta le jour de la visite et nous ferons tous les efforts possibles, toujours avec l’aide de Monsieur RAMIREZ CUEVAS, pour que cet idéal devienne réalité. L’apothéose suprême ? Terminer la boucle en emmenant dans l’arène les intéressés à voir une corrida en prenant garde de bien déterminer notre choix… ce qui n’est pas forcément une garantie de succès.

Mon enthousiasme pour cette culture et l’envie de la faire partager à ceux ou celles qui ne l’envisageaient pas un instant me comblent de bonheur. Loin de moi l’intention de les convertir, je ne parle ici que de partage. Il est toujours plus facile de se forger une opinion en connaissant mieux le sujet.

A tous les défenseurs de la cause animale ou aux anti-corridas (que je respecte), je dis simplement que l’espèce animale des toros de combat n’existerait plus depuis fort longtemps si la corrida n’existait pas.

 

S. F. C. »

 

J'espère que la teneur et fraîcheur des propos ont émus jusqu'aux plus vieux aficionados de notre association et d'ailleurs.

 

Bernard ARSICAUD