Silverio Perez

Silverio Perez 
20/11/1915 – 02/09/2006 

Silverio Perez Gutierrez, matador de toros mexicain, né le 20 novembre 1915 à Pentecôtés ( Texcoco ) état de Mexico. Surnommé le « pharaon de Mexico » a été la dernière grande légende de l'époque de l'âge d'or de la tauromachie mexicaine. Entré en tauromachie par bravade et relativement à la mort de son frère, le non moins légendaire Carmelo, mort le 19 décembre 1931 à Madrid des suites d' une gravissime cornada infligée par « Michin », toro de la ganaderia « San Diego de los Padres », le 17 novembre 1929 dans les arènes de « Condesa de la cuidad » de Mexico.
Fermin Espinosa Saucedo « Armillita chico1 » lui confère le doctorat dans les arènes de Puebla le 06 novembre 1938, avec comme témoin Paco Gorraez. Alternative confirmée le 11 décembre, dans le ruedo d' »El Toreo » avec comme parrain Armillita et comme témoin Fermin Rivera.

 

Silverio Perez a développé un style lent alléchant dans l'anneau qui a attiré les fans à la fois au Mexique et en Espagne. Une de ses plus légendaires corridas s'est produite dans la ville de Mexico en 1943, lorsque Perez tue le taureau « Tanquito » dans une lidia considérée comme performance suprême du matador. La joie de la foule criant les "Olé!" répercutés vers les blocs d'habitation autour de l'arène. Récompensée par la seule queue jamais coupée dans la Monumental. María de la Paz Domínguez "La Pachis »fut son épouse. Comme l'atteste l'adresse suivante, elle fut une femme aimante d'une grande beauté et sous bien des aspects d'une formidable présence dans la vie taurine et politique de Silverio ( * ).
Le torero se retire des ruedos en 1953. 
 

Silverio Perez Homme politique


De 1958 à 1971, il est élu maire trois fois de Texcoco et a été non seulement un bon maire, mais un homme intègre et son rayonnement politique apprécié de ses concitoyens.
Dans les années 1960, une chanson intitulée "Silverio" a été écrite en son honneur par le chanteur mexicain « Augustin Lara »et chantée par « Javier Solis » ainsi que « Ana Gabriel » loue les mérites « du torero étoile, monarque du Trincherazo ».

https://www.youtube.com/watch?v=AdmmqX-s9-A
Paso doble Silverio 

Une statue de Perez agitant sa cape devant un taureau se dresse sur une des avenues de Mexico.
Perez est mort le 02 septembre 2006 à 91 ans, dans son ranch de  Pentecostes, à l'est de Mexico, de la pneumonie compliquée d'une insuffisance rénale
.
Son site officiel peut être consulté à l'adresse suivante :
http://www.silverioperez.mx/v-taurina-inicio.html

L'adresse de la page du site de Silverio traitant de sa femme
http://www.silverioperez.mx/pachis-intro.html

Bernard ARSICAUD 

Dynastie « ARMILLITA »

Généalogie des Armilita

Dynastie « ARMILLITA »

 

GENEALOGIE «  ARMILLITA » QUATRE GENERATIONS


Depuis 1879 la saga des « Armillita » est présente dans tous les ruedos de la planète taurine et fait partie intégrante de l'histoire tauromachique mexicaine mais pas seulement.


Soit cent trente cinq ans de présence en piste, d 'arrière grand-père à arrière petit-fils . Sur tous les terrains, dans toutes les conditions et devant tous les types de taureaux, a combattu un Armillita ! 

Il existe, dans l'histroire du mundillo, de nombreuses dynasties : les Silvetti, les Leal, les Yonnet, les Lagravère, les Jalabert, les Domecq, les Dominguin, les Litri, les Bienvenida etc.... mais il n'est pas prouvé qu'une d'entre elles ait été présente sur un tel laps de temps en fournissant autant de talents à la tauromachie.


Six toreros d'alternative, deux novilleros, deux banderilleros ainsi qu'un ganadero Victor Manuel Espinosa Acuña ( qui fut torero puis ganadero ) dans la région de Jesus Maria ( Aguascalientes )....et pas des moindres. Fermin Espinosa Saucedo apodo « ARMILLITA CHICO » est appelé la « légende immortelle »…. par les habitants de sa ville natale « SALTILLO » la bien nommée ! état de Coahuila. Beaucoup de chroniqueurs taurins disent de lui qu'il est l'incommensurable torero; le meilleur de son pays de tous les temps ... Il est à l'origine d'une passe accessoire de muleta ou adorno : le « molinete de rodillas », molinete exécutée à genoux, que Chicuelo II et El Cordobes affectionnaient particulièrement.

Nombreux succès  nés d’un large répertoire au capote, élégant et facile aux banderilles, très bon muletero  et excellente espada, ses avantages physiques ajoutés à son intelligence de la lidia ( combat ) en ont fait l’un des plus notables matadors d’Amérique Latine.

Son frère, Juan, de six ans son aîné fut un grand novillero puis fit également une carrière respectable durant une huitaine d'années mais comme il n'obtient plus de contrat en 1932, il rentre comme banderillero dans la cuadrilla de son brillant cadet puis passe dans la cuadrilla de Luis Miguel Dominguin.



Miguel Espinosa Menendez ARMILLITA CHICO II, fut également un honorable torero .


Actuellement, ARMILLITA IV, Fermin Espinosa Diaz de Leon, né à AGUASCALIENTES le 16 avril 1994 et dont la sœur est mariée avec Pedro de la Capea, fils du Niño a reçu l'alternative , le samedi premier novembre 2014 dans les arènes d'AGUASCALIENTES.

Cette famille ou l'on respire toros, ou l'on pense toreros et ou l'on rêve trastos, palos y ruedos représente un formidable bouillon de culture tauromachique et Armillita VI ne peut que suivre la voie royale et devenir brillant si son pundonor le titille. Son cadre famillial est, depuis son enfance, un creuset d'informations, d'initiations, de conseils et une formation unique et extrêmement valorisante.

Bernard ARSICAUD 

Mariano Ramos Narváez

Mariano Ramos Narváez  

Mariano Ramos, torero mexicain est né le 26 octobre 1953 et décédé le 05 octobre 2012 à Mexico.
Première apparition publique le 18 juillet 1971 à la Monumental face à des novillos de la Viuda de Fernandez.
Alternative le 20 novembre 1971 à Irapuato ( Guanajuato ) face au toro « campero » de la ganaderia Santacilia avec pour parrain Manolo Martinez et pour témoin Paquirri.
Confirmation d'alternative à Mexico le 05 décembre 1971 avec pour parrain toujours Manolo Marttinez et comme témoin Antonio Lomelin face au toro « Antequerano » de la ganaderia de Tequisquiapan.
Confirmation à Madrid le 29 mai 1974 avec pour parrain Curro Romero et pour témoin Paquirri, face à « Fusillo » de Baltasar Iban. 

Neveu du diestro Carnicerito de Mexico, il est issu d'une famille de charros professionnels dont son père Rafael Ramos est un expert . Il s'initie à la tauromachie grâce aux charreadas qui sont des spectacles de dressage taurino-équestres. Les participants sont vétus de costumes seyants typiquement méxicains. Le sombrero ranchero ( chapeau à larges bords en gouttière), une veste boléro à l'andalouse très brodée, une chemise à lavallière, un pantalon sombre serré en peau de daim et souvent brodé ainsi que des bottes à hauts talons. Les parements du costume sont brodés de fils d'or ou d'argent. Les mariachis portent également ce type de costume. 

La charreada désigne également un mode de vie, celui des charros. Durant un moment, Mariano pratiquera simultanément les charreadas et les courses de taureaux. Son apodo étant « El Charro »

Cette pratique fait montre d'une très grande habileté au lasso, de techniques de monte équestre impressionnantes et d'une grande connaissance des chevaux et bovins non dressés. C'est avec Carnicerito qu'il apprend le maniement du lasso dont découle une passe de cape compliquée la « crinolina » qu'il a inventée.

Sa très grande connaissance des toros découlant du charro et d'un don lui confèrent une puissance dans son toreo qui le hisse parmi les plus grands toreros de « poder ». Courageux, il maniait la provocation et l'audace. 

Il était très lié avec la ganaderia de Francisco Orrante de Durango étant devenu le torero de tienta de l'élevage un peu comme un révélateur évitant le tâtonnement à l'éleveur grâce à son torero. Une relation étroite d'amitié naît entre la famille Orrante et Mariano Ramos ainsi d'ailleurs qu'avec la population de Durango.

Une plaque, dans l'enceinte de la Monumental, rappelle une lidia d'anthologie, le 21 mars 1982 devant « Timbalero » de Piedras Negras alors que Nimeño alternait avec lui et qu'il conférait l'alternative à Felipe Gonzalez.

Cette faena, visible ici :

https://www.youtube.com/watch?v=4ORxTmyDYh0

rappelle de grandes émotions, pour y avoir assisté, à notre estimé ami et chroniqueur Gaston Ramirez Cuevas. A noter, sur ce document vidéo la particularité du marquage que les autres ganaderias appliquent aux oreilles ( señal ) qui chez Marco Antonio Gonzalez ( Piedras Negras ) se fait sur le fanon des bêtes en découpe en « L » conférant au bicho un petit clin d’œil de noblesse au sens français du terme. Ce sont, en effet, les seuls toros à combattre en cravate ... 

Le torero a une bonne période de gloire entre les années 80 et 92 avec des temporadas à soixante dix contrats. Numéro un du continent américain il est qualifié de torero romantique et insouciant.

Mariano Ramos Narváez s'éteint le vendredi 05 octobre 2012 vers 17h00 à l’Hôpital Nutrición de México d’un dysfonctionnement rénal et hépatique à l'âge de 59 ans.

Brindis et clin d’œil à mon cher Gaston

Bernard ARSICAUD 

PONCIANO DIAZ SALINAS

PONCIANO DIAZ SALINAS

Matador de taureaux Mexicain, né le 19 novembre 1858 dans la ferme de Atenco (dans l'état de San Mateo ), mort à Mexico le 15 avril 1897. 

1 ère Alternative le 14 avril 1879 
Lieu : Puebla 
parrain : Bernardo Gavino

2 ème Alternative à Madrid : le 17 octobre 1889
Lieu : Madrid
Parrain : Salvador Sanchez « Frascuelo » et Rafael Guerra « Guerrita »
Ganaderia : 3 du Duc de Veragua et 3 de Orozco
Toro : Lumbrero

Ponciano Diaz compte parmi les toreros a avoir eu plusieurs alternatives. A cette époque en effet, seules les alternatives madrilènes comptaient. Sa première, à Puebla, ne fut pas prise en compte et il dut recommencer à Madrid. Ce faisant, il devint le premier mexicain de l'histoire. à passer son alternative dans la capitale ibérique.

Considéré comme l'un des toreros les plus représentatifs de la tauromachie aztèque dans la seconde moitié du XIXe siècle, a brillé avec une efficacité singulière dans la mise en œuvre de diverses suertes maintenant tombées en désuétude. Il est en outre devenu apoderado et a initié et protégé la carrière de nombreux autres toreros.

Son père, Guadalupe Diaz, contremaître de la ferme Atenco permit à Ponciano de côtoyer très tôt les toros et les chevaux. Il acquit de très solides connaissances bovines et équestres. Il fut un grand maître également dans l'art du « charro » maniant le lasso et montant comme personne.

Précédé par des succès mexicains retentissants, Ponciano Diaz Salinas a décidé de passer à l'étape supérieure dans la carrière d'un matador de taureaux hispanique. Il fut le premier matador de son pays à aller toréer en Espagne. Il avait vraiment envie d'entrer dans les mémoires comme une grande figure de la tauromachie, de traverser l'Atlantique et de se présenter dans les arènes espagnoles pour se mesurer avec le mundillo ibérique. Donc, le 28 Juillet 1889, le torero d'Atenco d'abord fait la petite promenade à travers l'arène de Madrid, comme le pratiquaient les toreros mexicains de l'époque, pose les banderilles avec drapeaux depuis un cheval sur le toro de Palha « Escribano » ce qui procure à la course un parfum d'exotisme qui ne fut pas apprécié par la rigueur et le classicisme du mundillo de l'époque. Le public néanmoins reconnut le courage et la qualité du maestro dans l'exercice de ces jeux mais n'était pas prèt à abandonner la pureté artistique et le respect des canons techniques de la formulation de la course de toros. Ces jeux avaient pour noms « maganeo » et « pealeo ».

Cependant, Ponciano Diaz savait aussi adapter le sérieux et la rigueur pratiquée dans l'art de Cúchares en Espagne, et, avant la fin de la présentation de la saison à Madrid à nouveau mis le pied dans le ruedo du Colisée de la capitale pour recevoir l'alternative espagnole convoitée..

Lors d'une corrida à Zacatecas, une jeune et belle fille nommée Rosario Llamas lui fit don d'un médaillon et devint éperdument amoureuse du torero, au point de rester célibataire toute sa vie en attendant de le rencontrer à nouveau.

Logiquement, le retour du diestro au Mexique a été énorme, comme il sied à la réception en raison d'une alternative avec rien d'autre que «Frascuelo» et «Guerrita» comme parrains. De retour dans son pays natal, il a triomphé à nouveau dans quelques arènes, a été annoncé, et reconnu comme le personnage principal de la tauromachie aztèque de son temps, il est devenu empressa de nombreuses places de son pays et a soutenu la carrière de toreros novices. Aimé et respecté par ses compatriotes, sa mort soudaine (à Mexico DF le 15 Avril 1897 d'une cirrhose du foie) a provoqué une profonde tristesse dans tout le pays. Dans ses vêtements, à sa mort, on trouva le médaillon de Rosario...


Bernard ARSICAUD 

Luis Freg Castro "Don Valor"

LUIS FREG CASTRO



Matador de toros mexicain, né à Mexico le 21 juin 1890, mort à Veracruz le 12 novembre 1934.

Son alternative, le 23 octobre 1910 se déroula dans la plaza « El Toreo » de Mexico avec comme parrain Lagartijo Chico, puis, il eut deux autres alternatives, l'une à Alcala de Henares le 25 août 1911, l'autre à Alméria, le 03 septembre 1911. Ce qui fit de lui, ainsi que trois autres matadors seulement, les seuls à avoir eu trois alternatives dans l'histoire de la tauromachie.

La confirmation se fit à Madrid, le 24 septembre 1911. Les toreros ayant eu plusieurs alternatives ne sont pas nombreux et cela provient du fait qu'une ou plusieurs de celles-ci sont déclarées invalides. En l'occurrence, pour notre Luis, celle de Mexico fut déclarée non valide. En revanche, l'histoire ne dit pas pourquoi il en eut trois.

Débuts dans la plaza MIXCOAC le 26 décembre 1909 devant la ganaderia Piedras Negras.

Confirmation à Madrid le 24 septembre 1911 avec comme parrain Tomas Alarcon « Mazzantinito » devant la ganaderia Olea.

Le torero Luis Freg compte parmi les plus vaillants et les plus bléssés de l'histoire. 

Encerrona devant 6 piedras Negras dans la plaza « El Toreo » le 12 mars 1911.
Grave cornada dans l'abdomen à Seville par un toro de Gamero Civico le 6 juin 1912 .
Le 9 mars 1922 grave cornada devant un toro de Nicolas Përalta dans la plaza « El Toreo ».
Gravissime cornada dans la poitrine par « Pesacador » de la ganaderia de los Heraderos de don Esteban Hernandez à Madrid le 23/09/1923

Issu d'une dynastie familiale tauromachique également, composée d'Alfredo le second, subalterne, mais subalterne spécial. Il a été appelé le "Freg Diplômé »et était une éminence de la tauromachie pontifié lors des réunions et des rassemblements avec des amis, à la maison sur la rue Alvaro Obregon à Mexico DF, Salvador matador, MiguelNovillero et un neuveu Rafael Romero Freg, modeste torero mais qui inventa une passe, la « fregolina » très usitée dans la tauromachie mexicaine et affectée à tort à son oncle Luis. 

Le second frère, Miguel, connut un destin tragique car il fut « égorgé » par un novillo de Contreras à Madrid le 12 juillet 1914 qui lui a sectionné la jugulaire. Il s'en est allé sur ses jambes, en tenant comme il pouvait son cou, à l'infirmerie sans que le public prenne la mesure du drame qui se jouait. Il décède immédiatement après. La course n'ira pas à son terme . Ce fut la première interruption de cette nature. Sa petite amie Ines Olmo s'est suicidée le lendemain d'une balle dans la tête dans un parc public trop affectée par la mort si violente de son compagnon. 
A Algesiras, Luis a été le premier torero de l'histoire de la tauromachie à avoir coupé une queue. 

Vaillant, valeureux, surnommé « Don Valor » en raison de sa témérité Freg fut spécialiste des toros durs, extraordinaire « matador » par sa sincérité et sa générosité dans l'acte suprême. Il fut en quelque sorte miraculé de l'arène en ce sens qu'il eut environ soixante dix blessures, une centaine de cicatrices, à une époque ou la médecine ne disposait pas de tous les moyens actuels. Alexander Fleming l'écossais ne découvrit la pénicilline qu'en 1928 et qu'elle ne fut stabilisée qu'à partir de 1938 et introduite dans les thérapies qu'en 1941. 

Le torero reçut six fois l'extrême onction.

Il fut atteint à la fémorale, à la saphène, il erra plusieurs fois entre la vie et la mort, il disait d'ailleurs avoir vu la mort plusieurs fois rôder autour de son lit. Un journaliste annonça même prématurément sa mort à la suite d'une cornada grave à la poitrine à la Mexico. 

« Ses jambes étaient déformées et noueuses à cause des cicatrices comme les branches d'un vieux chêne » écrivait d'ailleurs de lui Ernest Hemingway dans son ouvrage « Mort dans l'après-midi »
Premier torero de l'histoire à avoir emprunté un aéronef pour honorer un contrat alors qu'il avait raté le bateau pour aller toréer à Palma De Mallorque le 6 juin 1918.

Pratiquement ruiné par autant de blessures et très diminué physiquement, sa carrière se limita et il tenta, au Perou, au Guatemala de la relancer, (une souscription publique à Barcelone fut lancée en sa faveur).

Etrange destin que le sien, le 12 novembre 1934, le bateau dans lequel Luis Freg de retour d'une sortie en famille a chaviré et a coulé dans la rivière Palizar dans l'état de Veracruz. Le naufrage a fait dix-neuf victimes, dont le torero que les toros n'ont pas réussi à tuer, certainement le plus brave de l'histoire, mort à quarante quatre ans, noyé en voulant sauver des enfants.

Bernard ARSICAUD