1. juil., 2018

Femmes, je vous aime, Par Bernard ARSICAUD

 

La vie fait les femmes et les femmes font la vie…la piste des femmes me semble privilégiée pour entrer dans le monde des toros.



Historiquement, les peoples démontrant de l’intérêt pour ce monde très particulier, fait d’art, de codes, de couleurs et de symboles ainsi que les aficionados convaincus comportent une forte composante féminine.



De nos jours, évidemment, le « politiquement correct » ainsi que le lissage attaché au monde de bisounours que l’on veut nous faire admettre comme la réalité impactent considérablement la prise de tête attachée à l’aveu car on peut presque penser que l’on est coupable d’aimer cette dimension hors normes actuelles, cette représentation brute de la réalité de la vie : le combat pour la survie. Combat que l’on a extirpé de l’esprit de nos jeunes qui pensent que, naissant, des droits leurs sont irrémédiablement acquis et qu’il suffit de tirer sur la corde pour « obtenir ».



Les femmes donc, les magnifiques femmes…. faites de beauté, d’intelligence, de raffinement, d’amour, ces êtres qui nous côtoient toute l’existence sur une parallèle… qui nous semblent quelques fois si compliquées, si sophistiquées, si différentes de la brute lubrique qui sommeille en nous.



Picasso dans ses œuvres, décline des scènes le plus souvent érotiques. Les protagonistes en sont le Minotaure et la blonde Marie-Thérèse, désormais encodée avec son profil droit, sa position renversée, les yeux clos, les seins en pommes. Femme consentante au viol ou à l’étreinte ardente de l’homme-taureau. Avant même que le cheval honni ne soit enfin terrassé, Eros entre donc dans l’arène pour y animer les corps-à corps amoureux entre la blonde sensuelle et le sombre Minotaure en rut.

 

 

Brigitte Bardot, Ava Gardner, Carole Bouquet, Roselyne Bachelot, Ségolène Royal, pour ne citer qu’elles, mais également les femmes toreras, Conchita Cintron, Marie Sara, Mari Paz Vega, Lupita Lopez, Dolores Sanchez, Juanita Cruz, Angela Hernandez, Berta Trujillo, Hilda Tenorio, Christina Sanchez, Lea Vicens et la liste n’est pas limitative, ne peuvent être des filles sans cervelle attirées par je en sais quel idéologie réprouvée par les supposés êtres réfléchis, défendant la veuve et l’opprimé et surtout conférant au règne animal le statut humain même si on sait tous que l’homme est un animal.

Citation de Philippe Caubère. "Je n'aimais pas ça au début, et c'est bien après que j'ai trouvé une réelle beauté et une gravité à ce spectacle qui s'apparente à une sorte de théâtre primitif", explique le comédien.

Et oui, il s’agit bien de la représentation primitive qui flatte les instincts, les résurgences de nécessité de lutte, de chasse, de combats sains, primordiaux pour la survie à des époques révolues mais qui, surtout, ne doivent pas être étouffées par une sorte de faux confort dans lequel tout est acquis, tout est du, tout est à demander. Car rien n’est plus trompeur que la fausse idée de confort acquis pour l’éternité, rien, jamais, ne peut être un acquis.

  

« Femmes, je vous aime », disait Julien Clerc, oui, oh combien, je vous aime, j’aimerais vous aimer toutes, vous posséder et communier avec toutes, dans l’amour, la passion, le foutre et la fange car toujours, vous êtes ce qui nous rappelle ce que nous sommes…. De pauvres humains, avec de pauvres idées d’humains mais tout de même conscients que le passé doit nous apporter.

Otto de Habsbourg disait : « il faut savoir d’où l’on vient pour savoir ou l’on va…. » Pourquoi ce pauvre humain ne peut-il pas apprendre de son passé ? C’est tout de même quelque chose, changer, s’adapter, évoluer oui, oui, oui, mais en tenant compte du passé, de l’acquis, en bâtissant autour de principes définis autour de l’expérience, de l’histoire….pas partis de rien, du néant, sauf à vouloir aboutir au chaos !

La tauromachie est une magnifique école de vie, un formidable exemple de volonté, de courage, de bravoure ! Sentiments désuets, obsolètes ? Que neni ! Les femmes nous donnent la vie dans la douleur, on se bat pour l’amour d’une femme, les femmes sont partout, toujours, et nous devons le comprendre.

C’est même sans doute la féminité qui a modulé le costume des toreros pour que cette frêle silhouette en bas roses symbolise encore plus la fragilité face à cette énorme bête noire de cornes et de puissance. Cette dualité ne peut être plus imagée qu’en empruntant à la femme ses couleurs, son apparente fragilité… l’effet aurait été bien moindre avec un homme en armure face au toro !

  

La félicité du torero consiste donc à emprunter au preux chevalier l’image du giron pour aller guerroyer pour le fanion de sa belle jusque, si nécessaire, au sacrifice !

En fin de compte, si la femme n’était pas là, au grand jamais il ne serait possible d’invoquer l’art car le déroulement des tableaux serait bien plus bref, bestial, et pour le coup barbare.