15. déc., 2017

Cornes des Miuras de Céret 2017, à chacun son avis !

Dans son édito de décembre 2017, Dominique Valmary publie le résultat de l’analyse des cornes du lot de Miura ayant fait polémique à Céret 2017.

Nous publions intégralement les textes de l’édito, de la lettre adressée à Eduardo Miura, ainsi que la réponse des frères Miura.

L’intention n’est certes pas de relancer une polémique mais, dans l’intérêt supérieur de la préservation de l’intégrité physique des toros de combat, de permettre à qui sait lire entre les lignes, qu’il y a pour le moins discordance entre la réalité des analyses et les réponses apportées par les frères Miura au Président Valmary.

Cinq paires de cornes touchées sur six ne peuvent relever du seul arreglado* nécessaire après les chocs subis à Céret…. Par ailleurs, les frères Miura citent deux toros et non cinq qui éventuellement auraient pu être dans ce cas. Troublant pour le moins n’est-il pas ?

Chacun se fera son opinion…..

*arreglado, rappel : tolérance faite aux éleveurs de « remettre les cornes en état après un accident – exemple : choc de cornes contre un mur -

Bernard ARSICAUD

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Edito de Dominique Valmary de décembre 2017

 

ADAC Céret de Toros vs MIURA suite...

 

« L'affaire de Céret » vient de franchir une étape déterminante avec la publication par l'organisateur de l'expertise relative aux prélèvements effectués par les vétérinaires selon la procédure définie par l'Union des Villes Taurines de France.

Ainsi, à la demande de l'ADAC qui n'y est pas contrainte par le Règlement Taurin Municipal Français, les douze cornes des taureaux de Miura combattus à Céret le 14 juillet dernier ont été examinées et analysées.

Les résultats établissent sans ambiguïté que les mesures ne sont pas du tout conformes pour cinq des six sujets expertisés. Ceci étant, il est vraisemblable qu'il ne s'agit pas d'afeitado mais que les causes sont à chercher dans la réparation des dégâts causés aux cornes au cours de la vie des taureaux au campo. Certes, mais ce niveau d'imperfection rendait le lot impropre à la corrida formelle.

Le problème que nous avons soulevé ne relève pas des conséquences inhérentes à l'élevage extensif d'un animal duquel sont exigées caste et bravoure et qui sont compréhensibles. Non, les questions que nous nous sommes posées relèvent de l'éthique, en particulier l'intégrité du taureau, la qualité de la présentation et le non respect du protocole français qui pourtant dans sa magnanimité tolère de manière contenue l'arreglage et convient d'une tolérance favorable aux éleveurs.

Tirer des conclusions du contrat commercial dont nous n'avons pas connaissance et de son exécution n'est pas de notre responsabilité non plus que d'arbitrer entre des interprétations divergentes. Les constatations de l'expertise et les explications données suffisent pour que chacun se fasse sa propre opinion. Quoiqu'il en soit cela aura été un rendez-vous manqué ; dommage !

Notre démarche auprès de Miura n'aura pas été inutile, elle a permis une prise de conscience, d'aller plus loin que les simples ressentis et de connaître, au moins, la pratique de cette maison en matière de fundas : selon les ganaderos l'usage de ces protections est très exceptionnel chez les cuatreños et sélective auprès descinqueños les plus violents. Ce sont des étuis ouverts et courts (une dizaine de centimètres) posés sur la pointe de la corne et qui selon leurs dires sont retirés six ou sept jours avant l'embarquement. 

Alors que retenir de ces avatars :

  • que l'analyse des cornes est un atout dissuasif et coercitif efficace destiné à promouvoir l'intégrité du taureau,

  • que la vigilance des organisateurs doit être permanente,

  • que les éleveurs doivent mesurer l'intérêt majeur qui est le leur de présenter du bétail de qualité, quelle que soit la catégorie de l'arène.

Mais surtout,

  • que, a minima, tous les résultats de l'expertise doivent être publiés par le garant de l'application du RTMF ainsi que cela se pratiquait précédemment.

 

C'est ce que nous attendons de l'Union des Villes Taurines de France. Il en va du respect de l'aficionado, ce cochon de payeur !

 

Eléments complémentaires à consulter:

 http://www.ceret-de-toros.com/analyse-cornes-ceret-de-toros-2017/

http://www.ceret-de-toros.com/wp-content/uploads/2017/12/Rapport-officiel-de-la-mission-dexpertise.pdf

 

  

 

                                               Toulouse, le 27 juillet 2017

                                                                                                                                                 Dominique Valmary
                                                                                                                                                 Président de la FSTF
                                                             à
                                     Don Antonio y Don Edouardo MIURA
                                                                                      Ganadería MIURA - zahariche1@yahoo.es

Messieurs,

Je m'adresse à vous en ma qualité de Président de la Fédération des Sociétés Taurines de France (FSTF) qui regroupe de nombreuses associations taurines de France et de Bruxelles et il m'appartient de vous interroger sur la présentation des toros combattus à Céret (66).

Á l'occasion de la 30ème édition de la feria « Céret de toros », l'ADAC a fait le choix de votre élevage pour marquer cet anniversaire et satisfaire son fidèle public dont vous ne pouvez ignorer qu'il est grand amateur de toros de respect.

Quelle déception quand vos produits sont entrés dans l'arène ! Vous le savez, le lot quasiment entier présentait des cornes très abîmées ou éclatées. Au-delà du différend commercial qui relève de votre relation avec l'organisateur, convenez que la situation ne peut en rester là, face aux questions que les aficionados en colère se posent légitimement. Il y va de la crédibilité de votre entreprise auprès d'eux.

En conséquence, la Fédération des Sociétés Taurines de France, chargée selon ses statuts de la défense des intérêts des aficionados et mobilisée pour défendre l'éthique de la corrida et l'intégrité du taureau de combat, s'adresse à vous pour connaître les réponses que vous apporterez à nos interrogations. Les cornes ne peuvent pas toutes avoir été atteintes pendant le voyage, à l'embarquement ou encore au débarquement sauf à en apporter la preuve.

Pour quelle raison les cornes ont-elles présenté de telles insuffisances et faiblesses ?

  • Est-ce que votre élevage a recours à la pose de fundas ?

  • Est-ce que les cornes ont fait l'objet de manipulations, “d'aréglage” ?

  • Est-ce que le lot présenté provenait du fond de “camade” ?

Compte tenu des attentes mises par les aficionados français dans vos produits au regard de l'histoire et de la réputation de la ganaderia Miura, nous serons particulièrement attentifs aux informations que vous ne manquerez pas de nous faire parvenir en retour, l'absence de réponse de votre part serait à votre désavantage au regard de l'aficion française.

L'émotion, voire la colère, que la présentation inacceptable de votre bétail à Céret, place dont le sérieux est unanimement reconnu en France et en Espagne, suscite, justifie  que la présente lettre et votre réponse ou son absence soient largement communiquées à nos sociétaires et clubs affiliés.

Nous vous remercions par avance de l'attention que vous voudrez bien porter à notre démarche que vous ne pouvez que comprendre et nous vous assurons de notre considération distinguée.

 

Dominique Valmary



 

 

 



De : MIURA 

Date : 04/08/2017 13:50 (GMT+01:00)

À : Dominique Valmary <dvalmary@gmail.com>

Objet : Re: Fwd: Lettre à Miura

 

A Monsieur Dominique Valmary  presidente de la FSTF

Le escribimos esta breve carta en respuesta a su email del 27 de Julio del 2017.

Cuando el representante de la Empresa de la plaza de Toros de Ceret nos hablo de una corrida para esta plaza, le dijimos que le enseñaríamos una corrida con el trapío y seriedad dentro de lo que nosotros podríamos sacar de la camada.

La vieron varias veces a lo largo del año y poco a poco se fueron definiendo los toros que irían. Una vez reseñado los toros sobre el mes de Abril o Mayo se fotografiaron para publicarlos por Internet como usted habrá podido ver y mostrarlos a quien ellos creyeran oportuno en Ceret.

El día del embarque antes de encerrarlos, como tenernos por norma, la empresa con su representante vieron los toros y decidieron los seis que se embarcarían.

Durante el embarque todo fue con normalidad y en el desembarque en Ceret fue todo lo normal que puede ser con estos toros, algunos se pegaron y derrotaron en puertas o paredes de los corrales pero no se inutilizo ninguno ni por cornadas ni por pitones.

Los días que estuvieron en el corral de la plaza, los aficionados pudieron verlos por una pantalla de TV, ya que al ser un corral temporal, no disponía de las ventanas para verlos como es habitual y la empresa tuvo a bien instalarlas para evitar que se inutilizara algún toro, de haber ocurrido como paso la vez que fuimos se habría sustituido siempre que la empresa lo pidiera.

El día de la corrida durante el sorteo y enchiqueramiento, en presencia de la comisión y la autoridad que presidia la corrida. Que nosotros sepamos, todo fue con normalidad y nadie se quejo de nada, todos estaban conformes con los toros.

El problema estuvo dentro de los toriles, donde empezaron a derrotar contra las paredes.

Los tres primeros toros no hubo protestas incluso al 12 y 22 los aplaudieron en el arrastre. En el 42, un toro cárdeno muy claro y muy girón, cuando salió al ruedo parecía mulato de la tierra de las paredes que traía encima y los pitones muy escobillados al igual que el 52. El mayoral que estaba en el burladero cerca de toriles, los estaba oyendo junto a los otros mayorales, como estaban derrotando en los chiqueros y es ahí donde se estropearon porque no es un único derrote a las paredes sino uno tras otro y con todas sus fuerza.

Para concluir le digo que todo lo que un toro es capaz de hacer y hasta donde es capaz de llegar no se puede poner en unas líneas, que sentimos que las cosas no salieran como nos hubiera gustado y que después de 175 año de antigüedad sin salir de la misma familia y lidiando en plazas de máxima responsabilidad es gracias al trabajo, sacrificio, la seriedad y la honestidad que son las normas que nos enseño nuestro padre como a él su padre y su tío y así desde la primera generación.

Respecto a la corrida de toros de Ceret, contestando a sus preguntas todas tienen la misma respuesta un NO.

Atentamente

E y A MIURA.





Traduction :

De : MIURA 

Date : 04/08/2017 13:50 (GMT+01:00)

À : Dominique Valmary <dvalmary@gmail.com>

Objet : Re: Fwd: Lettre à Miura

 

À Monsieur Dominique Valmary le président de la FSTF. 

Une brève réponse à votre e-mail du 27 juillet 2017.

Quand le représentant de l'Entreprise qui organise les corridas de Céret nous a parlé d'une course de taureaux pour cette place, nous lui avons dit que nous lui montrerions une course de taureaux avec letrapío et le sérieux inhérent à notre camada.

Ils vinrent voir à plusieurs reprises au cours de l’année et peu à peu furent choisis les taureaux retenus. Une fois établi le signalement de ces taureaux, en avril ou mai, ils les ont photographiés pour publier ces photos sur Internet où avez pu voir les voir et pour les montrer à qui ils voulaient à Céret.

Le jour de l'embarquement, avant de les enfermer, comme il est chez nous de règle, les organisateurs accompagnés de leur représentant ont vu les taureaux et ont décidé des six à embarquer.

Durant l'embarquement tout s’est passé normalement et lors du débarquement à Céret ce fut aussi bien que possible avec de tels taureaux, certains se battant et tapant dans les portes ou les murs des corrals, mais sans qu’ils en soient  amoindris ou s’abiment leurs cornes.

Durant les jours passés dans les corrals, les aficionados ont pu les voir sur un écran de TV, puisque leur corral temporaire ne disposait pas des fenêtres pour les voir comme il est habituel. Les organisateurs ont pris soin de bien les installer pour éviter qu’un taureau devienne inutilisable, si c’était arrivé nous l’aurions substitué comme nous l’avons toujours fait quand l'empresa le demandait.

Le jour de la course, durant le sorteo et la mise enchiqueros, en présence de la Commission taurine et de la Présidence, pour ce que nous savons, tout a été normal et personne ne s'est plaint de rien, tous jugeaient les taureaux conformes

Le problème intervint à l'intérieur des torils, où ils ont commencé à taper contre les murs.

Les trois premiers taureaux, 12 et 22 inclus, n’ont pas soulevé de protestations, ils ont été applaudis à l’arrastre. Le 42, un taureau cárdeno très clair et très girón, était, à son apparition sur la piste, brun de la poussière des murs, avec des pitons très "escobillés", comme le 52. Le mayoral qui était dans le burladero près des torils, avec les autres mayorales, les entendait taper dans les chiqueros. C’est là qu’ils s’abimèrent parce que ce n’était pas un seul coup contre  le mur mais des coups répétés et de toutes leur force.

Pour conclure je vous dis que tout ce qu'un taureau est capable de faire et jusqu’où il  est capable d'arriver ne peut résumer en quelques lignes, que les choses ne se passèrent pas comme il nous aurait plu et qu'après 175 ans d'ancienneté toujours dans la même famille, si nous faisons combattre nos bêtes dans des places de responsabilité maximale, c’est grâce au travail, au sacrifice, au sérieux et à l'honnêteté qui sont les normes que notre père nous a apprises  comme à lui son père et son oncle et ainsi depuis la première génération.

Pour ce qui de la course de Céret, toutes vos questions appellent une même réponse, un NON.

Respectueusement.

E et A MIURA.