12. déc., 2017

Tarde de toros à l'Université Toulouse Capitole par Dominique Valmary

 

 

               Parler de l'identité culturelle taurine à la télévision locale et régionale n'est plus une gageure puisque seule l'émission Signes du Toro résiste, mais pour combien de temps, au mouvement fatal qui a emporté l'émission Tendido Sud sacrifiée tout dernièrement à l'heure de l'émergence de la fréquence Via Occitanie !

                Cet après-midi de conférence, organisé par des étudiants en Master 2 Droit des Médias et de la Communication, a permis de faire un vaste tour d'horizon du statut juridique actuel de la tauromachie solidement établi mais confronté aux évolutions sociétales. Après avoir établi les parallèles avec l'Espagne, le Président de séance Xavier Barella a rappelé la position du CSA qui a reconnu la légalité de la corrida en posant 3 principes à la diffusion d'images taurines qui sont la signalétique de protection de la jeunesse, l'exclusion de la représentation de la mise à mort et la diffusion à des horaires protégeant les enfants. André Cabannes a présenté la féria de Vic Fezensac avec la problématique de la fréquentation et du renouvellement des générations; il a témoigné aussi de la lente et inexorable dégradation des diffusions télévisuelles. Michel Dumas, co-réalisateur de Signes du Toro, a évoqué l'histoire de la corrida à la télévision et signalé que s'il n'y a pas de consignes particulières quant au contenu de ce magazine culturel qui existe depuis 30 ans, la visibilité de l'avenir de l'émission ne va jamais au delà de quelques mois avec l'incertitude lors de chaque renouvellement de grille.

Il est resorti du premier débat que de manière générale une tendance lourde au nivellement des cultures locales et régionales s'est imposée, or leur non mise en valeur entraîne mécaniquement leur effacement.

                 En deuxième partie, Jean Michel Lattes aborde l'histoire taurine et insiste sur la saga judiciaire de Rieumes traitée par lui en 3 tiers et qui, au terme de 15 procédures, fonde aujourd'hui la jurisprudence confortant la corrida. Pour lui le mot important est « tradition » l'évolution devant aller vers la protection des traditions et des terroirs. Flore Iborra, secrétaire générale du Comité Territorial de l'Audiovisuel, déclare agir sur le terrrain en traducteur de réalités qui ne peuvent être vues de Paris ; dans son exercice elle s'attache à dépasser les seuls cadres juridiques et administratifs. L'absence de représentation de ces phénomènes culturels locaux l'a frappée ce qui la pousse à agir en conséquence. Dans la discussion sont évoqués un éventuel cahier des charges pour les TV locales et le rôle dévolu statutairement au CSA en matière de défense de la diversité française. Il y a là matière à faire remonter les besoins au niveau national en mesurant le meilleur niveau stratégique de communication.