23. août, 2017

Cayetana Garcia-Fandiño

En 2009 nous nous sommes rendus à Quito pour la feria. C’était au beau temps où les inclinations du président Correa pour l’indigénisme et l’animalisme ne l’avaient pas encore conduit à faire interdire la corrida dans la capitale de l’Equateur. L’interdiction cependant n’affecte pas les autres villes taurines du pays et l’élevage du ‘toro bravo’ prospère toujours.

Parmi les plus connus et les plus intéressants figurent ceux des familles Cobo et Guttierez… les toros de Mirafuente, Mimihuapan, Huagrahuasi, Santa Rita, et Campo Bravo.

Nous avions "tienté" et visité chez ces deux derniers éleveurs, à des altitudes peu recommandables pour des gens atteints d’hypertension. Santa Rita, ganaderia du deuxième groupe, est la propriété de Don Guillermo Tobar, et Campo Bravo celle de Don Luis Fernando Garcia Diaz.

Et quand on parle d’altitude, il ne faut pas plaisanter. Déjà pour aller voir les pensionnaires de Campo Bravo il ne faudra pas vous contenter d’arriver à la finca , située "seulement" à 3550 mètres.

Les toros sont plus haut, sur les pentes vertigineuses du Chimborazo, volcan qui culmine à 6263 mètres et sur les flancs toujours enneigés duquel le ganadero nous entraina dans son gros 4X4….Les Baltazar Iban se détachaient, bruns, massifs, superbes sur le ciel bleu intense.

Nous avons passé là une de nos plus belles journées andines, reçus comme des princes par ce roi de la montagne.

Le matador qui tientait était Martin Campuzano, et la fille de l’éleveur la reine de beauté de l’Equateur la superbe Cayetana Garcia, grande cavalière, tout sourire.

Un jour, dit le conte de fées, elle allait trouver son prince charmant en la personne d’un torero espagnol, fils des montagnes lui aussi, le basque Ivan Fandiño. Il était venu toréer ses Campo Bravo, elle l’avait vu . Coup de foudre, elle abandonna tout, parents , sœurs, pays, partit vivre au pays basque avec le torero qui l’ épousa, et qui lui fit une petite fille, Mara, à peine âgée de deux ans lorsque son père mourut par la corne du toro.

C’était à Aire sur l’Adour en ce jour funeste du17 juin 2017.

Puisse- t- elle lire ici le témoignage de notre émotion et de notre tristesse.

 

Tous les membres de Mexico aztecas y Toros et Jean françois Nevière.