9. juil., 2017

Mexico Aztecas Y Toros chez Veiga Texeira et Palha

Dans l'Alentejo, le campo Bravo Portugais, l'une des zones géographiques par excellence de la tauromachie, se situe une des ganaderias les plus traditionnelles : Veiga Teixeira. Une famille avec une tradition agricole qui remonte à la fin du XIXe siècle dont l’amour et la passion pour le taureau et le cheval n’est plus à présenter. Ni la Révolution des Œillets, ni les problèmes  économiques ou de santé comme la fièvre catarrhale ou crise de la vache folle, n’ont eu raison de cet emblème lusitanien, actuellement détenu par Antonio Francisco Malta da Veiga Teixeira. Les racines de cette famille de  longue tradition d'élevage aux noms comme Malta, Veiga, Correa Branco et Teixeira plongent aux sources de l’histoire tauromachique lusitanienne; les ancêtres sont étroitements liés à la tauromachie à cheval. Le grand-père du ganadero était le rejoneador Simão da Veiga, un contemporain de Cañero, et devint plus tard un peintre estimé qui dépeignit magnifiquement  la beauté des taureaux et des chevaux. Son oncle était aussi rejoneador Simao Da Veiga, Jr., bien connu dans les années 40 et 50, où il a alterné avec Álvaro Domecq ( fondateur de Torrestrella) dans beaucoup de carteles et est mort en 1959 d'une crise cardiaque dans les arènes de Caldas da Reinha.

A la source, Antonio Branco Teixeira a acquit des vaches et des taureaux origine Gamero Civico, par Oliveira Irmaos, Pinto Barreiros et  le sang s’est perpetué jusqu'à aujourd'hui. En 1968, son père, Antonio José da Veiga Teixeira, a dû acheter un fer de l'Union des éleveurs de taureaux de combat pour faire face à l' Espagne, l' acquisition de bétail García Fialho, avec éperon et fer appartenait au Duc de Tovar et Prieto de la Cal.

Chez Veiga Teixeira la bravoure est le maître mot. Le sang Barreiros, encasté, lui procure trapio et tamaño, mais le ganadero a œuvré pour rendre ses taureaux vivants et très mobiles.

Après avoir triomphé dans les arènes de toutes catégories en Espagne, en France, la ganaderia, comme toute la cabaña brava victime de la crise économique a réduit forcément le cheptel. Antonio Francisco da Veiga Teixeira se souvient de ces jours fastes avec nostalgie, avec l'espoir d'un jour revenir à combattre dans toutes les arènes espagnoles et françaises dans lesquelles il a triomphé depuis de nombreuses années avec un taureau pour les fans exigeants. Orthez, en 2012 lui a réouvert ses portes. Le gros de sa production actuelle, bien qu’étant toujours testé pour la corrida à pied est utilisée pour le rejon.

Mexico Aztecas Y Toros vient de s’y est rendre, pour une tienta avec Marc Serrano fin juin ainsi que dans la prestigieuse ganaderia de Palha dont Joao Folque de Mendoza est le propriétaire. Cette grande et ancienne maison lui confère une aura particulière. Un peu comme Miura, ce fer est synonyme de peur. Néanmoins, la reconversion en cours, avec le croisement des Pinto Barreiros initiaux ( comme quasiment toute la manade portugaise ) avec le sang Domecq, par Torealta, n’est pas forcément un élément intéressant pour beaucoup d’aficionados. Néanmoins, l’apport de Baltasar Iban peut redonner du piquant à des toros embistants. Il semblerait que le résultat soit encourageant.

 Souhaitons que les basiques de caste, intégrité, puissance et vivacité se maintiennent ou augmentent comme choix fondamentaux afin de permettre à ces encastes de la manade lusitanienne, mais pas seulement, dont la survivance est tout de même remarquable, également en Espagne et en France, une certaine pérennité pour le bonheur des aficionados de verdad.  

Bernard ARSICAUD