23. janv., 2017

CINQ ANS SANS TAUREAUX.

Il fallait y croire, avoir le coeur bien accroché, une volonté de fer certes mais surtout une patience et un stoïcisme admirables. Bogota n'est ni Saint Sébastien ni Barcelone. Ce n'est pas l'obscurantisme béta de quelques animalistes ou d'anti-espagnols qui avaient décidé le maire  Gustavo Petro à fermer la grande et belle arène de la capitale colombienne.

On sait que son ex-appartenance aux Farc l'avait engagé dans la voie de la violence, sinon celle des armes qu'il avait prétendu avoir déposé, du moins celle de l'autoriatrisme dictatorial de gauche, si frère du fascisme qu'on arrive à l'oublier parfois.

Gustavo Petro avait à de nombreuses reprises refusé d'obéir aux injonctions de la cour suprême de Colombie:

"Rouvrez les arènes de la Santamaria, monsieur le maire, rendez-les à leur fonction première. Celle d'y organiser des corridas de toros."

Refus répété du maire, souvenez-vous: les novilleros se réunissent devant la porte principale, y campent jour et nuit pendant plus de deux mois, font la grève de la faim...

Petro leur envoie ses hommes de main, les fait tabasser .

Les toreros, Rincon en tête manifestent et soutiennent les jeunes toreros.  Manifestations nombreuses et ferventes en faveur de la tauromachie.

Des élections ont lieu, le maire est démis de ses fonctions.  Exit le funeste Petro.

Pour autant les arènes restaient fermées, on entendait de-ci de-là des informations disant qu'elles avaient besoin de tant de travaux de rénovation qu'il vaudrait mieux les raser pour contruire quelque centre commercial à leur place ou immeubles ou hôtels.. tout a été dit et envisagé.

Les taurins ont remué ciel et terre, Philippe Negret a posé sa candidature pour reprendre la gestion de cette antique et belle place de toros.

Hier dimanche 22 janvier, pleines à craquer, la corrida de réouverture a vu défiler un colombien, un espagnol et un péruvien: BOLIVAR, EL JULI et ROCA REY.

La foule a crié "LIBERTAD - LIBERTAD" non plus pour la réclamer la liberté! mais pour remercier le monde taurin de l'avoir obtenue.

Cinq années pleines, sans toros, de cette longueur de temps qui suffirait ailleurs à entériner l'oubli, lassant tous les désirs. Mais les taurins, toreros, empresarios  et aficionados conservent au fond d'eux-mêmes une telle envie de beauté et de courage mélangés que, malgré les années de privation, loins de se résigner à l'absence, ils reviennent et s'enthousiasment pour l'art qui les passionne.

La vraie leçon de Bogota, ce sera lorsque Barcelone à son tour rouvrira!

Mais qui dans la Babylone putride et internationaliste de Catalogne aura cette volonté? Qui?

Oui, vous venez de lire deux mots qui vous déplaisent. Et pourtant, comment désigner ce qu'est devenu cette magnifique ville aujourdhui... Multiculturalisme qui aboutit à ce maelstrom d'étudiants Erasmus, de tourisme populaire, d'ignorance généralisée...

Quand on a beaucoup aimé Barcelone naguère, comment peut-on la regarder encore aujourdhui?

Remettez-y les toros, rendez- lui sa noblesse espagnole  et sa folie Gaudienne, un peu de transcendance et peut- être revivra-t-elle autrement que comme une foire à Neuneu.

JFN