14. nov., 2016

QUE VOULEZ-VOUS ? : LES ROIS SONT LES ROIS, par CHF

 N’allez pas voir dans ce titre un peu racoleur et adapté aux différentes 
élections qui secouent la planète, les bleus, les verts et je ne sais encore
trop qui…..Non ! Viva El Rey, s’adresse à André Roca Rey. Mon chouchou
de la saison écoulée. Certes il y eut quelques grands moments (mais pas
tant que ça), et dans l’absolu celui qui m’a procuré quelques frissons purement
tauromachiques c’est bien ce jeune homme. Il me rappelle un peu le jeune
boudeur, bourré de fierté, d’Astérix chez les Ibères (pas sur du titre)
mais le garçon a du caractère et du vrai. Il ne vient pas de tomber de la
dernière branche du dernier arbre généalogique Péruvien. Le garçon connaît
son job, il a été élevé “au milieu des toros“, famille taurine,des oncles
cavaliers, un autre directeur d’arène, Andrés est né “dedans“ il était naturel
qu’il devienne un taurin. Lui, a choisi la partie la plus difficile : toréer à pied,
ou “de pied“. Arrivé dans la partie, chez lui, à Lima il lui aura fallu atteindre
ses dix neuf ans pour faire sauter les verrous de Las Ventas à Madrid, après
des triomphes retentissants à Valence ou ailleurs en Espagne….il sortit par
la grande porte de Séville, nouveau conquistador juché sur des épaules amies,
bras levés, face à la “Torre de Oro“ et j’ai plaisir à dire que l’un de ses
premiers triomphes Français eut lieu à Captieux, chez mon ami Stéphane
Pèlerin président de l’association "Rugby y toros" (qui comme il le dit, en a
découverts bien d’autres). Bien sur, Andrés Roca Rey me séduit par sa toreria,
sa façon obtuse d’aller chercher le piton inverse, et si, parfois, il fait preuve
d’une tauromachie que certains peuvent trouver vulgaire (agenouillé, ou de dos
ou trop près des cornes), le gamin possède ce qui différencie depuis la nuit
des temps Adam de sa compagne Eve… Il me rappelle quelqu’un en fin de
carrière, que j’admire passionément, mais avec son propre caractère, sa
propre “signature“ et comme lui, il commence à prendre des “boites“ sérieuses.
Pourtant entre les mains expertes de Jose Antonio Campuzano,
(il est aussi entré dans le Giron de l’empresa Pages), il pourrait se la jouer cool…
pas le genre de la maison.
Le grand Maréchal Murat était en première ligne avec ses cavaliers lors des
grandes batailles Napoléoniennes Le roi “Rey“ est un Maréchal d’empire.
Il est un des rares que j’ai applaudi sans guère de restrictions, ni de retenue,
parce que malgré sa jeunesse, Roca Rey titille les “Nababs du circuit“, parce qu’il ne fait pas
semblant. il torée…vraiment, avec sincérité, avec passion, avec cœur, et
comme “pépé Tommy“ il accepte la sanction, si il se trompe.
C’est là la moindre des choses, mais si difficile à faire. Cet “été de tous les
dangers“ ou l’on a vu périr toreros et subalternes, et assistés, impuissants, à des blessures gravissimes, Andrés dont la tauromachie exposée
a subi par deux fois la blessure a dates rapprochées, et a dû interrompre sa
temporada. Soigné puis “traité“ à Miami on attendait avec impatience son
retour dans les “ruedos“pour voir. On le saittous, revenir de blessure,
se remettre dans les cornes du toro, accepter de subir, sans changer
d’un iota sa tauromachie, est un challenge bien plus difficile qu’on ne le pense,
il faut être “Torero“ pour cela. Hier, la corne a frôlé à nouveau sa joue,
Mexico la grande a frémi, Andrés a été enfermé par son toro…
Il a repris à l’endroit exact ou le toro l’a bousculé, il s’est agenouillé de nouveau,
il a tendu le bras, le toro l’a serré, encore, et il n’a pas moufté, l’enroulant dans sa volonté qui n’a jamais disparue.
Le bétail était trop faible, trop soso, là bas aussi la temporada commence mal
et ressemble déjà à l’Européenne…donc pas de trophées. Mais comme on le sait depuis toujours tous les toros tuent, et si
l’on s’offre à eux en échange de toréer en profondeur et sincèrement alors
le triomphe n’est pas loin, et l’estime elle est bien présente. Que voulez-vous ?
“Les rois sont les rois“.
CHF