15. sept., 2016

Roca Rey contraint à couper la temporada.

Trop , c'était trop.

Le toreo très engagé du jeune péruvien laissait prévoir qu'un jour ou l'autre qu'il subirait une blessure.  Mais quand on dit blessure on pense plus à une cornada qu'à un choc énorme provoquant un trauma encéphalocranien.

C'est pourtant ce qui est arrivé. Groggy, Andrès Roca Rey a repris l'épéé seulement quelques jours ( trop tôt?) après sa première blessure.

Les mots des médecins avaient été très clairs: recommandation d'arrêt total pendant au moins quinze jours.

Mais les affaires sont les affaires, "comment te sens tu? Andrès?  tu peux être prêt pour demain? Oui?"

Ce dernier, fougueux, torero jusqu'au bout des doigts et des connexions neuroniques prétendit que tout allait bien. Pourtant il ne savait pas quand ni ou le choc s'était produit, trous de mémoire suspects..

Il réapparut donc, avec sans doute en tête ce que lui avaient dit les médecins en guise de mise en garde: "Reprendre l'épée oui, mais avec toute la prudence nécessaire en pareil cas, et surtout éviter de reprendre un coup sur la tête". Plutôt dire à un amoureux de ne pas désirer sa belle...

Foin de prudence... le choc fut le même, au même endroit, trauma, perte de connaissance, perte de mémoire, voilà notre péruvien sorti du jeu .

Il allait si mal que la décision fut prise de l'emmener consulter à Miami dans un service de Neurologie.

Il ne s'agit plus de savoir si oui ou non il a envie de toréer, et de remplir les contrats signés par les apoderados , les gradins et les portefeuilles de tout le monde financier qui entoure la vedette: cette fois- ci on ne rigole plus!

Pendant le reste de la saison, revenu en Espagne, Andrès va rêver de toros, se reposer, être examiné très régulièrement et ne pas céder au chant des sirènes financières.

J A Campuzano rongera son frein: le maestro, qu'il entoure de sa puissante et directive affection devra prendre le temps de la guérison. Une belle cornada dans la cuisse laisse moins de trace que cette saleté de choc et de vol plané qui aurait pu, évitons d'y repenser, se terminer par une paralysie dramatique.

Il ira sans doute à Acho voir ses compagnons toréer là où il aurait pu triompher , en Novembre.

Mais non! Stop, aux défis  trop aventureux.

Andrès Roca Rey, comme on le disait à propos du Cordobès (-idem pour José Tomas) en son temps, narguait le destin au point que l'on pouvait dire: "celui- là il faut se dépêcher d'aller le voir avant que...."

Heureusement le pire ne s'est pas produit, mais l'avertissement est sévère, bien plus que ne voudraient le dire ou le croire les gens qui tiennent avec lui un véritable torero-phénomène.

Tu as le temps, Andrès , on saura t'attendre.

 

J F Nevière.