15. août, 2016

Faits divers, querelles ordinaires

Au coeur de l'été, les deux pays européens de l'aficion a los toros vibrent et résonnent de  bruits et de querelles diverses.

En France, l'ambiance  est au beau, Bayonne  a tenu tête aux ultra sécuritaires. Dax se prépare, le monde taurin répondra nombreux aux cartels annoncés, Nîmes et Arles  sauront aussi exister non seulement devant la menace  bien ridicule des antispécistes mais encore devant la menace de islamistes qui prétendent s'attaquer à tous nos modes de vie occidentaux.

La corrida en fait partie.

Un hypothétique attentat dans une arène, ou autour, de ce qu'est la culture des taureaux serait, à n'en pas douter, diversément commenté.

Soyez certains que les bonnes âmes qui  nous combattent de manière continue, les anti taurins, animalistes  membres de sectes antispécistes ne se gêneraient pas pour se réjouir  , disant que nous l'avions bien cherché, que pour une fois le terrorisme ne se trompait pas de cible... j'entends d'ici les railleries ignobles  qui s'étaleraient sur les réseaux sociaux, du type de celles qu'on a pu lire lors de la mort du malheureux Victor Barrio. Et même ceux qui tolèrent notre  goût profond pour la corrida ne manqueraient pas d'émettre des réserves..du type: "fallait-il vraiment que cette feria ait lieu? n'est-ce pas provoquer les islamistes  etc etc..

Car ainsi va notre pays, soumis à l'incurie de nos dirigeants politiques, intervenant ici, et pas là, protégeant plus ceci que cela, créant un climat bizarre.. On l'a vu avec le festival mondialement connu de Marciac , avec les chorégies d'Orange...

Un jour peut être les billets d'entrée seront-ils assortis d'une taxe spéciale représentant une couverture d'assurance pour le spectateur et stipulant expréssement que son entrée dans tel ou tel lieu de spectacle se fait sciemment, en acceptant le risque ..

Autrement dit nous nageons entre deux eaux, nous sommes gouvernés par le roi de la synthèse, Hollande qui a tenu le PS grâce non à ses idées ou propositions mais en conciliant toutes les tendances, par la fameuse "synthèse".

Pas la moindre idée ne préside à nos destinées communes, seule la synthèse  fait le brouet spartiate dans lequel nous surnageons péniblement.

La situation en Espagne est différente, le sentiment de sécurité prévaut, la culture taurine y est manifestement moins contestée que chez nous, et les excès des écolos et de Podemos convainquent de moins en moins de gens.

A ceux qui disent que seuls 48% des citoyens ne sont pas opposés à la corrida, il n'est pas difficile de répondre que la situation de l'opinion était la même il y a trente ou quarante ans. 

Toutefois l'Espagne sans les toros ne serait plus l'Espagne.

Malgré la crise qui a frappé économiquement le pays, plus que nous-mêmes, les espagnols sont nombreux dans les arènes, les abonnements souscrits en augmentation.

 Quant aux toreros, la compétition entre eux est réelle, quoi qu'on pense des mano a mano, des encerronas, le public vient en nombre voir Juli s'opposer à José Tomas, les foules se déplacent pour voir deux grands matadors comme Joselito Adame ( Mexique) et Andrès Roca Rey ( Pérou), leur présence favorise les efforts de leurs confrères espagnols, Urdiales, Corro Diaz, Talavante.

Tout cela fait que la corrida  vit, et que les querelles ordinaires participent de ses succès.

Castella affrontera seul 6 toros d'Adolfo Martin en septembre à Nîmes. Le maestro biterrois est au sommet de son art, à Madrid il est prophète davantage que chez nous. Ce sera ce jour là une consécration importante si les toros sont des toros et non des toritos.

Les vedettes restent des vedettes, Manzanares tue toujours aussi bien.

Les fausses valeurs  finissent pas laisser entrevoir les défauts de leur cuirasse..on ne citera aucun nom.

Les blessés font toujours preuve d'un stoïcisme superbe, et on souhaite à Manuel Escribano de pouvoir récupérer sa jambe, comme David Mora l'a fait.

 

Viva la fiesta brava !

JFN